La "Journée de la terre" célébrée au Liban-Sud. Photo Samir Sabbagh
Des centaines de Libanais et de réfugiés palestiniens ont manifesté vendredi sous haute surveillance dans le sud du Liban, à l'occasion de la "Journée de la terre".
Le rassemblement a eu lieu dans la localité d'Arnoun, qui donne sur les villes du nord d'Israël.
La "Journée de la terre", célébrée chaque année le 30 mars par la minorité arabe d'Israël, commémore la mort en 1976 de six membres de cette communauté lors de manifestations contre la confiscation de terrains par Israël.
Les manifestants, portant des drapeaux palestiniens, ceux des mouvements palestiniens et du Hezbollah, ont été transportés de plusieurs régions par bus, selon un correspondant de l'AFP sur place. Ils ont tenu une prière collective.
Sur des pancartes installées le long de la route menant à Arnoun, le Hezbollah a écrit "Jérusalem, nous arrivons!" ou "La Journée de la terre est le jour de l'attachement au droit au retour (des réfugiés palestiniens)".
Les forces de sécurité et l'armée libanaise étaient déployées en force pour cette commémoration. Des fils barbelés ont été placées autour du secteur du rassemblement, pour éviter tout éventuel débordement.
Dans une allocution devant le rassemblement, cheikh Nabil Kaouk, un haut responsable du Hezbollah a affirmé que "le peuple de Palestine n'optera que pour la résistance, à Gaza, Ramallah et Bent Jbeil (dans le sud du Liban), et nous ne permettrons pas qu'il soit isolé, nous continuerons à défendre la Palestine". "Le Hezbollah se tiendra toujours aux côtés du peuple palestinien (...) La victoire sera du côté de la Palestine", a promis ce responsable.
De son côté, le Secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, a affirmé lors d'un discours télévisé diffusé à l'occasion de l'inauguration du complexe de Zeinab dans la banlieue sud, que la cause palestinienne est une "responsabilité divine confiée à toute la nation arabe". Il a également critiqué l’inaction des pays arabes "qui ont les moyens" d’aider les Palestiniens, mais qui ne le font pas. (Lire le reste du discours ici)
Quatre rabbins étaient également présents, trois d'entre eux brandissant une pancarte sur laquelle on pouvait lire "Reject zionism and the state of Israel" (en français: Rejetez le sionisme et l'Etat d'Israël), le troisième agitant un drapeau palestinien.

Cheikh Nabil Kaouk saluant la délégation de rabbins
anti-sionistes. Mahmoud Zayat/AFP
En mai 2011, des affrontements sanglants avaient marqué la commémoration de la "Nakba" ("catastrophe" en arabe), l'exode des populations palestiniennes après la création de l'Etat d'Israël en 1948. L'armée avait tiré sur les manifestants qui s'étaient approchés de la barrière de sécurité à partir du Liban et du Golan syrien. Dix personnes avaient été tuées : 6 à la frontière libanaise et 4 dans le Golan syrien.
Côté israélien, la police et l'armée israéliennes étaient placées en état de "mobilisation renforcée" aujourd'hui en prévision de manifestations en Israël, dans les Territoires palestiniens et à Jérusalem-Est. La manifestation la plus importante est prévue à Deir Hanna, en Galilée (nord d'Israël).
En Cisjordanie occupée, une quarantaine de Palestiniens ont été blessés dans des heurts entre jeunes et forces israéliennes, lors de manifestations de plusieurs milliers de personnes. Les heurts entre jeune lanceurs de pierres et soldats israéliens tirant des balles caoutchoutées et des grenades assourdissantes ont éclaté en début d'après-midi au barrage de Qalandia, qui commande l'accès à Jérusalem.
Parmi les blessés figure la ministre des Affaires sociales Majeda al-Masri qui a inhalé des gaz, selon des sources médicales.
Les forces israéliennes ont également pulvérisé des liquides chimiques nauséabonds vers les manifestants. Une trentaine de personnes ont dû être traitées à la suite de problèmes respiratoires provoqués par des gaz lacrymogènes, selon les mêmes sources.
A Jérusalem-Est occupé et annexé, la police israélienne a interpellé quatre Palestiniens qui priaient dans la rue parce qu'ils ne pouvaient accéder à l'esplanade des Mosquées, dans la Vieille ville, a constaté un photographe de l'AFP. Seuls les Palestiniens âgés de plus de 40 ans et détenteurs d'une carte d'identité de résident délivrée par Israël étaient autorisés à pénétrer sur l'esplanade.
Dans le nord de la Cisjordanie, environ un millier de personnes ont défilé à Kafr Qaddoum, à l'ouest de Naplouse. Le secteur avait été décrété zone militaire fermée par l'armée israélienne. Des incidents ont éclaté avec les soldats, qui ont fait usage de grenades assourdissantes et de gaz lacrymogènes.
A Iraq Burin, au sud de Naplouse, près de 500 personnes ont également manifesté en direction de la colonie juive de Bracha. Des heurts ont opposé les protestataires aux soldats israéliens.
Dans la bande de Gaza, un jeune manifestant a été tué par des tirs israéliens près de Beit Hanoun, à proximité de la frontière avec Israël, a affirmé dans un communiqué Adham Abou Selmiya, porte-parole des services d'urgences dans le territoire gouverné par le Hamas.
Interrogée, l'armée israélienne a indiqué que des soldats avaient ouvert le feu, après des tirs de sommation, sur un groupe de Palestiniens qui se rapprochaient "dangereusement" du terminal frontalier d'Erez.
La police et l'armée israéliennes ont été placées en état de "mobilisation renforcée" à l'occasion de cette journée. L'armée a bouclé la Cisjordanie jusqu'à vendredi soir.
La semaine dernière, Israël avait mis en garde le Liban et les pays de la région contre la tenue de manifestations, et avait menacé le Liban d'avoir recours à la force si les manifestants s'approchaient de la ligne bleue, dans la région frontalière.
Le rassemblement a eu lieu dans la localité d'Arnoun, qui donne sur les villes du nord d'Israël.
La "Journée de la terre", célébrée chaque année le 30 mars par la minorité arabe d'Israël, commémore la mort en 1976 de six membres de cette communauté lors de manifestations contre la confiscation de terrains par Israël.
Les manifestants, portant des drapeaux palestiniens, ceux des mouvements palestiniens et du Hezbollah, ont été transportés de plusieurs régions par bus, selon un correspondant de l'AFP sur place. Ils ont tenu une prière collective.
Sur des pancartes installées le long de la route menant à Arnoun, le Hezbollah a écrit...


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13 h 43, le 30 mars 2012