"La conférence des Amis de la Syrie, sera-t-elle un poisson d'avril?", peut-on lire sur cette pancarte brandie à Dael. (Source : Ugarit News/Facebook)
Des manifestations se déroulaient vendredi à travers la Syrie pour dénoncer l'"inaction" des pays arabes face la répression sanglante de la contestation, au lendemain d'un sommet arabe qui s'est contenté d'appeler le régime et l'opposition au dialogue.
"Le lâchage des Arabes et le silence des musulmans sont les choses les plus difficiles auxquelles font face les Syriens", lit-on sur une pancarte brandie à Kafaroma, dans la province d'Idleb (nord-ouest) par des centaines de manifestants. La province d'Idleb est le théâtre des plus violentes opérations de l'armée qui tente d'y écraser la rébellion.
"Nous résisterons jusqu'à la dernière goutte de sang", "la Syrie saigne", ont écrit par ailleurs d'autres manifestants sur des pancartes à Erbine, près de Damas, selon une vidéo postée par des militants.
"Les musulmans et les Arabes nous ont lâchés (...) mais Dieu est avec nous (...) et notre détermination nous apportera la victoire", lit-on sur la page The Syrian Revolution 2011 qui a appelé les Syriens, comme chaque vendredi depuis un an, à manifester contre le régime de Bachar el-Assad.
Les dirigeants arabes, réunis jeudi en sommet à Bagdad, ont évité d'appeler le président Assad au départ et d'apporter leur soutien à l'armement des rebelles, alors qu'ils avaient dans le passé soumis à l'ONU un plan prévoyant le transfert des fonctions du chef de l'Etat à son vice-président.
Dans la capitale Damas, des manifestations de quelques dizaines de personnes ont bravé la forte présence des services de sécurité notamment à Qaboun, qui ont tiré sur un rassemblement dans le quartier de Kafa Soussé.
Des manifestations ont également eu lieu dans la banlieue de Damas, notamment à Hajar al-Aswad et à Douma, où des fidèles sont sortis de 12 mosquées, selon Mohmmad Saïd, un militant sur place. Là encore, les forces de sécurité ont tiré sur les manifestants.
A Deir Ezzor (est), des centaines de personnes ont manifesté dans la ville et à Alep (nord), deuxième ville du pays, des manifestations ont scandé "O Dieu, nous n'avons que toi pour nous aider".
Vendredi, au moins 11 personnes, en majorité des civils ont été tuées dans des violences à travers le pays.
Les violences, attribuées par les autorités à des groupes "terroristes", ont fait près de 10.000 morts depuis mars 2011, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).
Le président syrien doit appliquer le plan Annan "maintenant", a déclaré vendredi le porte-parole de l'émissaire conjoint de l'ONU et de la Ligue Arabe pour la Syrie, Kofi Annan. "Nous attendons de lui que le plan soit exécuté immédiatement. A l'évidence, nous n'avons pas constaté de cessation des hostilités sur le terrain. C'est notre grande préoccupation", a déclaré Ahmad Fawzi, faisant valoir que les "violations" et les "tueries" devaient cesser "maintenant".
M. Assad, qui a dit avoir accepté ce plan de six points, a conditionné sa réussite à l'arrêt des violences commises selon lui par les "groupes terroristes", en référence aux rebelles.
Par ailleurs, la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton, arrivée vendredi à Riyad, a rencontré le roi Abdallah, a rapporté l'agence officielle SPA, sans donner plus de précision.
Le monarque saoudien était notamment entouré pendant l'entretien du ministre de la Défense, Salmane ben Abdel Aziz, du chef de la diplomatie, Saoud al-Fayçal et du chef des renseignements, Mogran ben Abdel Aziz.
Selon le département d'Etat, les entretiens devaient porter sur les "efforts de la communauté internationale pour mettre fin au bain de sang en Syrie". La coopération bilatérale en matière de sécurité devrait être aussi à l'agenda.
Mme Clinton se rendra samedi en Turquie pour participer le lendemain à la deuxième conférence des "Amis de la Syrie" qui se tiendra à Istanbul.
Visant à unifier l'opposition armée qui peine à présenter un front uni face au régime syrien, l'Armée syrienne libre (ASL) a parallèlement annoncé la création d'une structure de commandement intégrant les différentes factions armées rebelles sous le commandement d'officiers déserteurs réfugiés en Turquie. L'ASL confie à cinq colonels la coordination et la responsabilité des opérations armées dans les provinces de Homs, Hama, Idlib, Deir ez-Zor et Damas, autant de hauts lieux de l'insurrection face aux troupes du président Assad.
Samedi dernier, le commandant de l'ASL, le colonel Riad el-Assaad, avait annoncé la formation d'un conseil militaire réunissant plusieurs chefs rebelles en exil sous la présidence du général Moustapha al-Cheikh, le plus haut gradé syrien à avoir fait défection depuis le début du mouvement de contestation.
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03 h 08, le 31 mars 2012