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À La Une - France

Merah discrètement enterré à Toulouse après le refus d’Alger d’accueillir sa dépouille

Les sondages donnent Nicolas Sarkozy en tête du premier tour; percée majeure de Jean-Luc Mélenchon.

Mohammad Merah a été discrètement enterré hier dans la banlieue de Toulouse. Eric Cabanis/AFP

Mohammad Merah a été discrètement enterré hier près de Toulouse en dépit de l’opposition de la mairie de cette ville du sud-ouest de la France, théâtre de plusieurs de ses crimes. Le convoi funèbre transportant la dépouille du tueur est arrivé en début de soirée dans le carré musulman du cimetière de Cornebarrieu. Une fois le cercueil en bois clair et aux poignées dorées déposé dans la fosse creusée au cours de l’après-midi, la quinzaine de participants, uniquement des hommes, jeunes pour la plupart, ont commencé à le recouvrir de terre. Auparavant, ils avaient prié ensemble, ont constaté les journalistes maintenus en dehors du cimetière placé sous la surveillance des gendarmes et d’un hélicoptère.
Cette cérémonie en petit comité a vu la fin du casse-tête que constituait le sort de l’encombrant cadavre de Mohammad Merah, une semaine exactement après qu’il eut été tué par la police. L’Algérie a refusé hier d’accueillir sur son territoire le corps du tueur, qui a assassiné sept personnes, dont trois militaires d’origine maghrébine et trois enfants juifs, invoquant des raisons de sécurité, alors que sa famille avait pris ses dispositions pour le départ de la dépouille sur un vol régulier Toulouse-Alger d’Air Algérie. L’inhumation près de Toulouse, où Mohammad Merah a presque toujours vécu, suscite chez beaucoup l’inquiétude que sa tombe ne devienne un exutoire pour les expressions de haine, mais aussi de sympathie, ce qui a poussé les autorités locales algériennes à s’opposer à l’enterrement de Merah sur leur sol : « Cet homme qui a commis des actes terroristes, des illuminés pourraient en faire un lieu de pèlerinage, d’autres pourraient profaner sa tombe », a déclaré Abdallah Zekri, représentant du recteur de la Grande Mosquée de Paris, après que la mairie de Toulouse eut demandé un report de 24 heures des obsèques et à ce qu’il soit enterré ailleurs. « Il était Français, qu’il soit enterré et qu’on ne fasse pas de polémique avec ça », a répondu pour sa part le président Nicolas Sarkozy, interrogé par la chaîne d’informations télévisée en continu BFM TV.
Parallèlement, les investigations sur les crimes de Merah se poursuivaient. Une deuxième clé USB contenant la vidéo des tueries de Toulouse et de Montauban a été retrouvée dans une poche du pantalon du jeune homme après sa mort, a-t-on appris de source judiciaire.

Tolérance zéro
Face à cette affaire qui a secoué tout le pays, la France a choisi la tolérance zéro à l’égard de l’islam radical, même si les services de renseignements, accusés de négligence, estiment qu’il n’y a pas en France de dizaines de Merah en puissance. Le gouvernement a ainsi interdit hier la venue pour un congrès en banlieue parisienne de quatre prédicateurs musulmans, dont l’ancien grand mufti de la mosquée al-Aqsa à Jérusalem cheikh Akrima Sabri. Deux autres personnalités, le prédicateur égyptien Mahmoud el-Masri et le célèbre Qatari d’origine égyptienne Youssef el-Qaradaoui, déclaré indésirable en France par Nicolas Sarkozy, ont, quant à elles, « renoncé à venir » au congrès, du 6 au 9 avril, de l’Union des organisations islamiques de France (UOIF), proche des Frères musulmans. Paris regrette également l’invitation par l’UOIF de Tariq Ramadan, qui jouit d’un prestige certain parmi les étudiants musulmans européens qui se pressent à ses conférences.

Sarkozy en tête
Les mauvaises langues affirmeront pendant ce temps que l’affaire Merah aura bien servi le candidat-président Nicolas Sarkozy, en pleine campagne et embarrassé par des accusations de « droitisation ». M. Sarkozy est désormais donné par tous les sondages en tête du premier tour de la présidentielle, achevant un retournement de situation qui fragilise la position du socialiste François Hollande, pourtant donné favori. Un sondage CSA publié tard mercredi accorde par exemple une large avance à M. Sarkozy au premier tour, avec 30 % des suffrages contre 26 % à M. Hollande. Le même jour, une enquête TNS-Sofres donnait pour la première fois de la campagne (pour cet institut) le sortant en tête, à 29 % contre 28 % pour Hollande.
Parallèlement, les proches et soutiens de Nicolas Sarkozy ont multiplié les tentatives de séduction envers le centriste François Bayrou, qui stagne autour de 13 % pour le premier tour, bien loin du sésame espéré pour bouleverser le duel Hollande-Sarkozy. Envisager une alliance de second tour reviendrait néanmoins pour le centriste, tout aussi critique envers le PS que l’UMP, à scénariser par avance une élimination prématurée. Sa « ligne d’indépendance » – appréciée par les Français qui le plébiscitent en termes de popularité à 70 % dans le dernier baromètre IFOP-Paris-Match – n’y survivrait pas.
François Hollande, qui avait tenté de déminer le terrain en assurant qu’il ne s’imaginait pas conserver jusqu’au bout ses 15 points d’écart devant le président sortant, refuse quant à lui de changer de ligne. Et face à la remarquable percée du candidat de la gauche radicale Jean-Luc Mélenchon (crédité de 10 à 14 %), qui refusait hier de « capituler sans conditions », M. Hollande s’est borné à rappeler que le premier tour est « décisif » et s’est refusé à l’attaquer, par crainte de diviser son camp.
(Source : agences)
Mohammad Merah a été discrètement enterré hier près de Toulouse en dépit de l’opposition de la mairie de cette ville du sud-ouest de la France, théâtre de plusieurs de ses crimes. Le convoi funèbre transportant la dépouille du tueur est arrivé en début de soirée dans le carré musulman du cimetière de Cornebarrieu. Une fois le cercueil en bois clair et aux poignées dorées déposé dans la fosse creusée au cours de l’après-midi, la quinzaine de participants, uniquement des hommes, jeunes pour la plupart, ont commencé à le recouvrir de terre. Auparavant, ils avaient prié ensemble, ont constaté les journalistes maintenus en dehors du cimetière placé sous la surveillance des gendarmes et d’un hélicoptère.Cette cérémonie en petit comité a vu la fin du casse-tête que constituait le sort de l’encombrant...
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