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Cinema- - Rencontre

Simon Abkarian, l’homme aux mille vies

Au Liban pour écrire une nouvelle pièce de théâtre et signer un premier scénario, Simon Abkarian a profité pour voir son ami Jean-Claude Codsi qui sort bientôt le DVD de son film « Fata al-Awan », dans lequel il interprétait le rôle principal en 1993.

Simon Abkarian et Jean-Claude Codsi devant l’affiche d’« Un homme d’honneur ».

Il a l’œil sombre des Arméniens, le teint basané des Méditerranéens et plus particulièrement des Libanais. Mais aussi l’allure d’un Européen et l’ambition toujours fraîche des Américains. C’est que le comédien Simon Abkarian a vécu plusieurs vies et s’est frotté la peau à plusieurs rivages.
Né en France, il passe cependant son enfance au Liban et ne revient à Paris qu’en 1977 où il intégrera le théâtre du Soleil dirigé par Ariane Mnouchkine de 1985 à 1993. Si son talent de comédien de théâtre est récompensé par un Molière pour Une bête sur la Lune dans une mise en scène d’Irina Brook, Abkarian est cependant tenté par le cinéma. Le réalisateur Cédric Klapish lui donnera sa première chance qu’il saisira et interprétera différents rôles dans plusieurs de ses films. Entre-temps, l’acteur est contacté en 1993 par le metteur en scène libanais Jean-Claude Codsi qui lui propose un rôle principal dans son long-métrage Fata al-Awan ou l’Histoire d’un retour. Une proposition tentante pour l’acteur qui voit dans ce film une occasion de revoir le Liban qu’il aime.
« C’était pour moi une démarche à la fois intéressante et touchante, car je revenais sur la terre que j’avais quittée il y a quinze ans ; par ailleurs, travailler avec Codsi était une expérience unique car ce cinéaste – qui est devenu par la suite un ami – me donnait une liberté absolue dans le jeu. »
On est immédiatement tenté de lui demander ce qu’est la liberté pour lui. Le comédien répond sans hésiter : « C’est lorsqu’un réalisateur pose un cadre bien limité et permet à l’acteur, par son écriture et sa vision, d’y évoluer sans conditions, ni pression. »
Comédien éclectique, Simon Abkarian a à son actif une variété de films et un éventail de caractères. Ainsi, interprétant le « méchant » dans Ni pour ni contre en 2003, il peut être héros romantique de Yes de Sally Potter, se glisser dans la peau de Mehdi ben Barka dans J’ai vu tuer Ben Barka de Serge Le Péron, ou encore lancer un regard perçant sur une table de jeu de Casino Royale, sans citer les films de Robert Guédijian qui le replongent dans l’atmosphère de la Méditerranée et où il se sent comme un poisson dans l’eau.
Simon Abkarian ne revendique aucune identité, « l’identité est comme la foi, une affaire personnelle et intime ». Il ne se limite pas non plus à un choix particulier de films. « Je peux travailler sur des plateaux de productions hollywoodiennes autant que sur ceux des films d’auteurs. Ce qui m’importe, c’est d’être aussi intègre que possible vis-à-vis de mon interprétation. » Et d’ajouter : « Sans vouloir paraître outrecuidant, je voudrai représenter l’autre dans sa complexité. » Abkarian aime intensément son métier d’artiste. Il a tellement de choses à raconter qu’il essaye par tous les créneaux d’y intégrer sa propre histoire. Des planches au cinéma, c’est un aller-retour incessant avec, actuellement, des projets de mise en scène.
« Même si le cinéma “démuscle” et que le théâtre est le seul espace de contact, dit-il, l’essentiel pour moi est toujours de jouer. »
Il a l’œil sombre des Arméniens, le teint basané des Méditerranéens et plus particulièrement des Libanais. Mais aussi l’allure d’un Européen et l’ambition toujours fraîche des Américains. C’est que le comédien Simon Abkarian a vécu plusieurs vies et s’est frotté la peau à plusieurs rivages.Né en France, il passe cependant son enfance au Liban et ne revient à Paris qu’en 1977 où il intégrera le théâtre du Soleil dirigé par Ariane Mnouchkine de 1985 à 1993. Si son talent de comédien de théâtre est récompensé par un Molière pour Une bête sur la Lune dans une mise en scène d’Irina Brook, Abkarian est cependant tenté par le cinéma. Le réalisateur Cédric Klapish lui donnera sa première chance qu’il saisira et interprétera différents rôles dans plusieurs de ses films. Entre-temps,...
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