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À La Une - Éclairage

Les « loups solitaires » dans la mouvance d’el-Qaëda

Les jeunes Français jihadistes sont « quelques dizaines », surveillés de très près par les services de lutte antiterroriste.

« Soldats perdus » ou « loups solitaires », les jeunes Français jihadistes dans la mouvance d’el-Qaëda, qui ont séjourné au Pakistan ou en Afghanistan comme Mohammad Merah, sont « quelques dizaines » très surveillés, selon les experts. Les services de contre-espionnage suivaient depuis des années Mohammad Merah, mais estimaient que son groupe radical de la mouvance salafiste ne constituait pas une menace immédiate, selon le ministre de l’Intérieur, Claude Guéant.


Pour Louis Caprioli, ex-responsable à la Direction de la surveillance du territoire (DST, devenue DCRI), le profil des jihadistes est connu depuis une quinzaine d’années. « Parfois petits délinquants, ils se sont convertis au salafisme », un courant rigoriste de l’islam sunnite fondé sur une interprétation stricte et littérale du Coran, explique-t-il. Si Mohammad Merah a effectué des séjours en Afghanistan et au Pakistan par le passé, comme l’assure M. Guéant, « il a dû bénéficier de filières pour s’y rendre », dit M. Caprioli. Mais, ajoute-t-il, ce jeune homme est « peut-être aussi un loup solitaire ».


Les experts rappellent qu’il n’y a pas eu d’attaques islamistes en France depuis la vague d’attentats de 1995. Mais le passage à l’acte a toujours été considéré comme la principale menace constituée par ces jihadistes. La mort d’Oussama Ben Laden, le danger permanent des drones américains et les difficultés financières d’el-Qaëda ont réduit le nombre des volontaires étrangers répondant au jihad, selon des sources du renseignement concordantes, même si aucun chiffre précis n’est disponible. « Depuis six mois, les jeunes Français qui s’y trouvaient sont quasiment tous partis du Pakistan. Il y en avait encore 20 ou 30, originaires du Maghreb ou convertis, il n’en reste aujourd’hui quasiment plus », avait assuré récemment un responsable de la lutte antiterroriste, sous le couvert de l’anonymat.


Pour Dominique Thomas, spécialiste de l’islamisme radical à l’École des hautes études en science sociale, « la méthode opérationnelle et la logistique de ce jeune homme (Mohammad Merah) montrent qu’il dispose de peu de moyens et qu’il n’appartient visiblement pas à un réseau ». « Le choix de ses cibles relève plutôt du bricolage, même s’il agit de manière réfléchie », ajoute M. Thomas, qui le qualifie de « soldat perdu ». Le fait que ce Français d’origine maghrébine se rattache à el-Qaëda « n’est pas significatif. N’importe qui peut se réclamer d’el-Qaëda », relève le chercheur.

 

Il note que quelques Français, via des filières, vont « parfaire leur salafisme » au Pakistan ou « acquérir une formation militaire » dans des camps en Afghanistan. En France, insiste M. Thomas, « 99,9 % des salafistes sont non violents ».
« Les loups solitaires ont toujours tendance à s’inscrire dans une organisation beaucoup plus vaste qui les dépasse », conclut Jean-Pierre Filiu, professeur à l’Institut d’études politiques de Paris et auteur de La véritable histoire d’el-Qaëda.

« Soldats perdus » ou « loups solitaires », les jeunes Français jihadistes dans la mouvance d’el-Qaëda, qui ont séjourné au Pakistan ou en Afghanistan comme Mohammad Merah, sont « quelques dizaines » très surveillés, selon les experts. Les services de contre-espionnage suivaient depuis des années Mohammad Merah, mais estimaient que son groupe radical de la mouvance salafiste ne constituait pas une menace immédiate, selon le ministre de l’Intérieur, Claude Guéant.
Pour Louis Caprioli, ex-responsable à la Direction de la surveillance du territoire (DST, devenue DCRI), le profil des jihadistes est connu depuis une quinzaine d’années. « Parfois petits délinquants, ils se sont convertis au salafisme », un courant rigoriste de l’islam sunnite fondé sur une interprétation stricte et littérale du Coran,...
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