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À La Une - Les Hommes De La Semaine

Accusés d’espionnage au profit d’Israël pour des inscriptions… en gallois ?

En mission en Libye, deux journalistes britanniques travaillant pour une télé iranienne ont été détenus pendant près d’un mois par des miliciens.

Une image tirée d'une vidéo dans laquelle apparaissent les deux journalistes britanniques. Anis Mili/Files/

21 février 2012, au beau milieu de la nuit tripolitaine. Gareth Montgomery-Johnson et Nicholas Davies-Jones, deux journalistes britanniques travaillant pour la télévision iranienne Press TV, filment des scènes d’extérieurs dans la capitale libyenne pour un documentaire.

 

"On avait déjà fait ce genre de chose des dizaines de fois par le passé, affirme Gareth dans une entrevue accordée ces derniers jours au quotidien britannique Western Mail. Mais cette fois-ci, nous avons été arrêtés à un check-point". Un check-point tenu par la brigade Swehli de Misrata, l'une des nombreuses milices qui ont participé l'an dernier à la révolte contre l'ancien guide libyen Mouammar Kadhafi.

 

A l’intérieur de leur voiture se trouvent des fournitures médicales portant des inscriptions en gallois, une langue celtique parlée principalement au Pays de Galles. Panique chez les miliciens. "Ils ont été convaincus que les inscriptions étaient en hébreu et que nous étions des espions israéliens, a dit Gareth à la BBC. Les miliciens ont immédiatement contacté leur supérieur qui leur a donné l’ordre de nous arrêter". Ce qui a été fait sous la menace des armes.

 

"Ils voulaient nous confisquer tout ce que nous possédions, toutes les images que nous avions filmées car ils pensaient qu’elles les mettraient au cause, poursuit-il. Nous ne voulions pas tout leur révéler pour ne pas exposer le travail des autres journalistes sur le terrain. Une partie de notre mission consistait à exposer la mort de civils et les accusations d’épuration ethnique en Libye".

 

Gareth et Nicholas sont également accusés d’être entrés "illégalement" dans le pays.

 

Le 14 mars, la brigade Swehli a remis les deux hommes au ministère libyen de l’Intérieur qui les a finalement libérés dimanche dernier. Gareth Montgomery-Johnson et Nicholas Davies-Jones ont regagné la Grande-Bretagne le lendemain matin. "Je suis simplement content de rentrer chez moi et de retrouver ma famille", a déclaré Gareth à son arrivée.

 

Samedi, le porte-parole du Conseil national de transition (CNT, au pouvoir), Mohamed Harizi, avait fait état de "nombreuses informations" suggérant que les deux journalistes se trouvaient en Libye "pour des motifs autres que le journalisme", ajoutant qu'une lettre de Seif al-Islam, fils du dirigeant déchu Mouammar Kadhafi, avait été trouvée en leur possession.

 

Le chef de la milice de Misrata qui les avait arrêtés, Faraj Swehli, avait déclaré que les deux reporters faisaient l'objet d'une enquête pour entrée illégale dans le pays et espionnage. Il avait ajouté que les deux hommes avaient été surpris en train de filmer une zone sensible de la capitale, en pleine nuit. "Leur comportement et leurs déplacements dans la capitale étaient suspects depuis le début, alors nous les avons surveillés".

La milice avait également diffusé une vidéo dans laquelle les deux journalistes présentaient leurs excuses pour être entrés illégalement en Libye.

 

L'armée et la police n'étant toujours pas entièrement opérationnelles, ce sont ces milices qui font largement la loi en Libye.

21 février 2012, au beau milieu de la nuit tripolitaine. Gareth Montgomery-Johnson et Nicholas Davies-Jones, deux journalistes britanniques travaillant pour la télévision iranienne Press TV, filment des scènes d’extérieurs dans la capitale libyenne pour un documentaire.
 
"On avait déjà fait ce genre de chose des dizaines de fois par le passé, affirme Gareth dans une entrevue accordée ces derniers jours au quotidien britannique Western Mail. Mais cette fois-ci, nous avons été arrêtés à un check-point". Un check-point tenu par la brigade Swehli de Misrata, l'une des nombreuses milices qui ont participé l'an dernier à la révolte contre l'ancien guide libyen Mouammar Kadhafi.
 
A l’intérieur de leur voiture se trouvent des fournitures médicales portant des inscriptions en gallois, une langue celtique parlée...
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