Rechercher
Rechercher

À La Une - Liban

Retour aux sources pour le 14 Mars

En donnant cette année la parole à la société civile, et plus particulièrement à huit jeunes indépendants et non partisans, pour la cérémonie marquant le septième anniversaire de la révolution du Cèdre, le 14 Mars a opté pour un retour aux fondements du rassemblement du 14 mars 2005.

Les ténors du 14 Mars ont donné cette année la parole à des jeunes indépendants et non partisans. Photo Aldo Ayoub

Devant une large assistance de plus de 4 000 personnes, dont notamment tous les leaders, ténors, députés, responsables et cadres supérieurs du 14 Mars, ont pris la parole au cours de la cérémonie d’hier, au BIEL, May Chidiac, notre collègue Michel Hajji Georgiou, Sélim Mouzannar, Hady el-Amine, Fayçal Mekkaoui, Joumana Nammour, Dunia Sami Khatib et Khouloud Mihriz.

 

Première à prendre la parole, May Chidiac a souligné que « l’intifada du 14 Mars a réussi à changer les mentalités, à libérer le citoyen de la logique du suivisme et de la soumission ». « L’identité du 14 Mars a été au-delà des partis, elle a dépassé le personnalisme, consolidé la citoyenneté et transcendé les communautés, a déclaré Mme Chidiac (...). Le 14 Mars ne saurait se soumettre au chantage. Nous nous sommes soulevés contre la logique du plus fort qui tente d’imposer son diktat au plus faible. Les masses du 14 Mars ont été les premières à se tenir les mains dans les places publiques. Grâce à notre solidarité, nous avons ainsi réussi à réaliser notre seconde indépendance et à faire sortir l’armée d’occupation syrienne de notre territoire. Cette armée d’occupation nous a opprimés pendant des décennies, elle a bafoué notre souveraineté, épuisé notre économie, exploité nos ressources, forcé nos leaders à prendre le chemin de l’exil, en a emprisonné d’autres. »

 

May Chidiac a d’autre part vivement critiqué le régime syrien, dénonçant les massacres auxquels il se livre contre la population syrienne. Elle a tourné en dérision dans ce cadre les échéances électorales fixées par le pouvoir baassiste. « Ce régime a beau tuer, il a beau se livrer à la torture et à la répression, la voix de la justice et du droit finira par prévaloir, a déclaré Mme Chidiac. La dignité du peuple syrien finira par vaincre. Mais jusqu’à quand les veto russe et chinois continueront à accorder à Assad le permis de tuer ? N’est-il pas temps de contraindre le criminel à quitter le pouvoir pour être traduit devant les tribunaux internationaux ? »

 

Michel Hajji Georgiou

Notre collègue Michel Hajji Georgiou a commencé son allocution par un hommage aux martyrs vivants de la révolution du Cèdre, May Chidiac, Marwan Hamadé, Élias Murr et Samir Chehadé (le « numéro deux » des renseignements des FSI grièvement blessé dans un attentat), avant de souligner que la dynamique de l’intifada de l’indépendance pourrait être illustrée par « trois orientations fondamentales qui apparaissent dans les articles de Samir Kassir, entre 2000 et la date de son assassinat, le 2 juin 2005, à savoir : la lutte contre les tentatives du système sécuritaire libano-syrien de mettre la main sur l’État ; le lien entre le printemps de Beyrouth et le printemps arabe, plus précisément entre l’indépendance du Liban et la démocratie en Syrie ; et l’appel à l’autocritique et la réforme continue, de manière à permettre à la société libanaise de s’orienter vers la citoyenneté, l’État civil et la modernité ».

 

Après avoir évoqué le souvenir de tous les martyrs qui sont tombés lors de la révolution du Cèdre, Michel Hajji Georgiou a relevé que le sociologue français Michel Seurat (enlevé et tué par des alliés de Damas sous l’occupation syrienne) a été l’un des premiers à « mettre en garde le monde contre ce qu’il a qualifié l’État de barbarie ». « Mais le monde entier est resté les bras croisés, et a même soutenu le régime syrien, a déclaré M. Hajji Georgiou. Et aujourd’hui, en dépit de l’horreur illustrée par les photos qui mettent en relief l’ampleur des crimes perpétrés (en Syrie) contre les civils, comme le montrent les massacres à Homs et Idleb, la communauté internationale fait preuve de passivité. »

 

Michel Hajji Georgiou, qui a été vivement applaudi à plusieurs reprises par l’assistance, a cité en outre quelques-uns des martyrs syriens torturés et tombés au cours des derniers mois. Dans une allusion à peine voilée à l’appui tacite du Hezbollah au pouvoir baassiste dans sa répression sanglante contre le peuple syrien, M. Hajji Georgiou a rappelé l’aide que la population syrienne avait apportée aux réfugiés libanais lors de la guerre de juillet 2006.

 

Michel Hajji Georgiou a placé ensuite la révolution du Cèdre dans le contexte global de la lutte des peuples, un peu partout dans le monde, en faveur de la liberté. Il a cité dans ce cadre les principales personnalités de l’histoire contemporaine qui se sont illustrées par leur combat pour la liberté, aussi bien en Russie qu’en Chine, au Tibet, en Iran, à Bahreïn, en Afrique du Sud, et plus récemment dans les pays de la région touchés par le printemps arabe.

 

C’est dans ce cadre que M. Hajji Georgiou a placé le combat de personnalités libanaises de premier plan, de Kamal Joumblatt à Mohammad Mehdi Chamseddine, au mufti Ali el-Amine, à Hani Fahs, au mufti Hassan Khaled, Mgr Élias Audi. Il a rendu un hommage marqué sur ce plan au pape Jean-Paul II et, surtout, au patriarche Nasrallah Sfeir.

Après avoir exhorté ses anciens camarades de combat, les partisans du Courant patriotique libre, à « retourner à leurs sources » et à leurs convictions premières, Michel Hajji Georgiou a invité « le public du Hezbollah à écouter la voix de sa conscience ».

 

En conclusion, M. Hajji Georgiou s’est livré à une autocritique de la ligne de conduite du 14 Mars depuis 2005, et plus particulièrement au cours des derniers mois, rendant hommage cependant à « la conscience de l’intifada de l’indépendance, Samir Frangié ». Mettant l’accent sur la nécessité de dépasser les considérations purement partisanes et clientélistes, et les calculs des « zaïms », Michel Hajji Georgiou a appelé à redonner à la société civile, « aux indépendants » et aux jeunes la place qui leur revient dans la révolution du Cèdre.

 

Sélim Mouzannar

De son côté, Sélim Mouzannar a commencé par souligner que « le peuple du 14 Mars rend hommage au peuple (syrien) du 15 Mars », relevant que « la cause est la même, celle de la justice et de la liberté, celle de la loi contre les milices ». Il a évoqué par ailleurs certains souvenirs de l’intifada de l’indépendance au printemps 2005.

 

Rappelant notamment la prorogation du mandat de l’ancien président Émile Lahoud, le 3 septembre 2004, il a souligné dans ce cadre qu’ « elle a été possible par la force et la menace ». « Ce jour-là, je m’étais rendu à la place des Martyrs pour protester, a souligné Sélim Mouzannar. Je m’étais rendu encore une fois à ce même endroit le 17 février 2005 pour dénoncer l’assassinat de l’ancien Premier ministre Rafic Hariri. » M. Mouzannar a aussi évoqué la nuit du 27 au 28 février 2005, « passée par des milliers de personnes au centre-ville, celle qui a précédé la chute du gouvernement de Omar Karamé ».

 

Sélim Mouzannar a mis l’accent sur le fait que « la révolution du Cèdre est pacifiste, elle œuvre pour l’édification d’un État de droit et elle se poursuit ». Il a aussi manifesté son soutien à la révolution syrienne, notant que « nous sommes ici par solidarité au peuple syrien ».

 

Pour sa part, Dima Khatib, fille de l’ancien député Sami Khatib, a souligné : « Nous exhortons l’Alliance du 14 Mars à construire un État capable de mettre fin au confessionnalisme et à créer des opportunités (de travail) pour les jeunes générations. » « Il est nécessaire de renforcer l’État afin de préserver notre histoire et notre dignité », a-t-elle ajouté.

 

Quant à Hady el-Amine, il a souligné qu’il prend la parole en sa qualité, notamment, de citoyen « qui a été chassé du Liban-Sud (par le Hezbollah) sous la contrainte des armes ». « Si les martyrs de Gaza et de Cana pouvaient parler, ils se solidariseraient aujourd’hui avec les martyrs syriens », a déclaré Hady el-Amine, soulignant que « le criminel reste un assassin, qu’il soit frère ou ennemi ». Affirmant que « la révolution du 14 Mars appartient à tous les Libanais qui croient en la liberté », M. el-Amine a dénoncé « tous les crimes qui sont commis au nom de Dieu ».

 

De son côté, Fayçal Mekkaoui a assuré que « si nous sommes honnêtes, la justice ne peut pas mener à des dissensions ». Il a aussi tenu à rappeler que « le mouvement du 14 Mars est né du peuple avant de donner naissance à des leaders politiques. Nous voulons qu’une chance nous soit donnée pour participer au changement », a-t-il déclaré.

 

Enfin, Khouloud Mihriz (originaire de Tripoli) a souligné que le pouvoir baassiste avait lancé le slogan « un seul peuple dans deux pays ». « Mais en réalité, a-t-elle affirmé, il s’agissait d’un seul monstre dans deux pays. »

Devant une large assistance de plus de 4 000 personnes, dont notamment tous les leaders, ténors, députés, responsables et cadres supérieurs du 14 Mars, ont pris la parole au cours de la cérémonie d’hier, au BIEL, May Chidiac, notre collègue Michel Hajji Georgiou, Sélim Mouzannar, Hady el-Amine, Fayçal Mekkaoui, Joumana Nammour, Dunia Sami Khatib et Khouloud Mihriz.
 
Première à prendre la parole, May Chidiac a souligné que « l’intifada du 14 Mars a réussi à changer les mentalités, à libérer le citoyen de la logique du suivisme et de la soumission ». « L’identité du 14 Mars a été au-delà des partis, elle a dépassé le personnalisme, consolidé la citoyenneté et transcendé les communautés, a déclaré Mme Chidiac (...). Le 14 Mars ne saurait se soumettre au chantage. Nous nous sommes soulevés contre la...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut