Une fois n’est pas coutume. Ce n’est pas un 14 Mars comme les autres que la révolution du Cèdre a célébré hier. Le traditionnel gigantesque rassemblement de la place des Martyrs a cédé la place cette année à un meeting au BIEL. Sécurité oblige : les retombées de la révolution syrienne sur la scène libanaise rendaient nécessaire de s’abstenir cette fois-ci du grand rassemblement de masse afin d’éviter les possibles dérapages sécuritaires qu’auraient pu susciter les vives tensions internes nées du conflit syrien apparu il y a un an, jour pour jour.
Mais bien au-delà de cet aspect purement ponctuel et conjoncturel, l’option prise par le 14 Mars pour ce septième anniversaire de l’intifada de l’indépendance, né au printemps 2005, avait pour but précisément d’être en phase avec le printemps arabe, en réaffirmant le caractère citoyen, populaire, non partisan (dans le sens réducteur du terme) de la révolution du Cèdre. Le printemps arabe étant fondamentalement, et spontanément, un mouvement de masse à caractère citoyen, il était normal, dans ce même sillage, que le 14 Mars – précurseur des soulèvements qui bouleversent le monde arabe depuis un an – se livre à un retour aux sources. C’est dans cette optique que la parole a été donnée cette année non pas, comme à chaque rassemblement depuis 2005, aux ténors du 14 Mars et aux politiques, mais plutôt à la société civile. Une façon de reconnaître et de mettre à nouveau en évidence que c’est effectivement la majorité silencieuse qui est à la base et qui constitue le fondement même de la révolution du Cèdre.
Dans le but de redonner ainsi à la société civile la place qui lui revient dans ce cadre, les jeunes étaient à l’honneur hier au BIEL. Sept jeunes, indépendants, non partisans, venant d’horizons différents, mais tous engagés dans la défense de la grande cause, des constantes et des valeurs du printemps de Beyrouth 2005 ont ainsi pris la parole pour exposer, chacun à sa manière, en reflétant les milieux pluriels respectifs que chacun d’eux représente, leur vision du 14 Mars et des révolutions arabes, leurs attentes et surtout leurs critiques. En présence de tout l’éventail de leaders, de ténors, de députés, de responsables politiques et de cadres supérieurs du 14 Mars, en plus de nombreux chefs spirituels, ambassadeurs et représentants de la société civile, se sont ainsi succédé à la tribune May Chidiac, notre collègue Michel Hajji Georgiou, Hady el-Amine, Fayçal Mekkaoui, Sélim Mouzannar, Joumana Nammour et Dunia Sami Khatib.
Le meeting, retransmis en direct par plusieurs chaînes locales, a été marqué également par la projection d’un court documentaire en hommage à Nassib Lahoud et d’un reportage sur le 14 Mars, ponctué de messages, enregistrés, des principaux ténors de la révolution du Cèdre. Et signe des temps, l’ensemble de la cérémonie avait pour leitmotiv, très symbolique, « le printemps arabe est l’automne des régimes ». Contre vents et marées...
Mais bien au-delà de cet aspect purement ponctuel et conjoncturel, l’option prise par le 14 Mars pour ce septième anniversaire de l’intifada de l’indépendance, né au printemps 2005, avait pour but précisément d’être en phase avec le printemps arabe,...


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