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À La Une - Révolte

Obama : Une action militaire unilatérale en Syrie serait "une erreur"

Assad toujours déterminé à combattre le "terrorisme" ; les Russes restent inflexibles dans leur soutien au régime baasiste.

"Ce qui se passe est bouleversant et scandaleux", a déclaré mardi le président américain. Saul LOEB/

Le président américain Barack Obama s'est dit mardi "bouleversé" par les violences en Syrie. "Ce qui se passe est bouleversant et scandaleux", a dit M. Obama lors d'une conférence de presse à la Maison Blanche. "D'un autre côté, je pense que ce serait une erreur de lancer, comme certains l'ont suggéré, une action militaire unilatérale ou de croire qu'il existe une solution simple", a-t-il ajouté.

 

Plus tôt, le commandant américain pour le Moyen Orient et l'Asie centrale (Centcom), le général James Mattis, avait jugé "extrêmement délicate" la mise en œuvre d'une intervention militaire en Syrie ou une aide aux rebelles.

 

Lundi, l'influent sénateur républicain John McCain a de nouveau plaidé pour un soutien militaire aux rebelles et des frappes aériennes, rejoignant l'idée d'une zone d'exclusion aérienne soutenue par de nombreux militants anti-régime.

 

Bachar el-Assad a, lui, réitéré les propos qu'il répète depuis le début de la révolte contre son pouvoir il y a près d'un an. Le président syrien s'est dit mardi déterminé à combattre le "terrorisme", au moment où les troupes lançaient des assauts sur plusieurs villes, notamment à la frontière avec le Liban où des milliers de civils fuyant les violences ont trouvé refuge.

 

"Le peuple syrien qui a fait échouer dans le passé les complots étrangers (...) a prouvé de nouveau sa capacité à défendre sa patrie et à construire une nouvelle Syrie à travers sa détermination à poursuivre les réformes parallèlement à la lutte contre le terrorisme soutenu par l'étranger", a affirmé M. Assad cité par l'agence officielle Sana.

 

Ces déclarations du président syrien interviennent à la veille de l'arrivée à Damas de la responsable des opérations humanitaires de l'ONU Valerie Amos pour tenter d'obtenir un accès humanitaire et celle, trois jours plus tard, de l'émissaire de l'ONU et de la Ligue arabe Kofi Annan.

 

Alors que la communauté internationale est à bout de ressources pour mettre fin à un an de violences qui ont fait au moins 7.500 morts depuis mars dernier, le Conseil de sécurité de l'ONU est saisi d'un nouveau projet de résolution sur la Syrie, réclamant un cessez-le-feu humanitaire, selon le ministère français des Affaires étrangères. Les discussions à New York sur ce projet se sont ouvertes la semaine dernière.

 

A ce sujet, le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a appelé, aujourd’hui, le régime syrien à autoriser l'ouverture "immédiate" de couloirs humanitaires pour les populations civiles victimes des violences.

 

Par contre, la position de la Russie sur le dossier syrien ne fléchit toujours pas. Moscou a ainsi estimé mardi que le nouveau projet de résolution du Conseil de sécurité pour réclamer un accès humanitaire aux villes syriennes, n'était pas équilibré.  Ce n'est qu'"une version légèrement modifiée du précédent document", a déclaré le vice-ministre des Affaires étrangères, Guennadi Gatilov sur son compte Twitter.

 

Maintenant que la présidentielle est passée, la Russie doit se joindre aux efforts internationaux pour faire cesser les violences en Syrie, a rétorqué quelques heures plus tard la chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton à Helsinki.

 

Le Premier ministre français François Fillon a, de son côté, appelé Moscou à "travailler" avec Paris à un "règlement de la tragédie syrienne" lors d'une conversation téléphonique mardi avec son homologue russe Vladimir Poutine pour le féliciter pour son élection à la présidence.

 

"Nous aimerions appeler nos partenaires américains et européens à ne pas prendre leurs désirs pour des réalités. La position russe sur la règlement du conflit en Syrie n'a jamais dépendu d'événements conjoncturels et ne se forme pas en fonction de cycles électoraux, contrairement à certains de nos collègues occidentaux", a répondu plus tard dans un communiqué le chef de la diplomatie d'une Russie intraitable.

 

Sur un autre plan, et après avoir annulé son vol aller-retour Paris-Damas prévu lundi, Air France a décidé de supprimer la prochaine rotation programmée pour jeudi en raison des violences en Syrie, a annoncé un porte-parole de la compagnie. 

 

Par ailleurs, alors que le président Nicolas Sarkozy avait annoncé vendredi la fermeture de l'ambassade de France à Damas, pour dénoncer le "scandale" de la répression conduite par le régime syrien contre sa population, des médias libanais ont rapporté mardi que l'ambassadeur français à Damas était arrivé au Liban.

 

Autre ambassadeur occidental à avoir quitté la Syrie, Simon Collis, diplomate britannique, a déclaré aujourd'hui au Times que le régime syrien pourrait s'écrouler avant la fin de l'année, voire même beaucoup plus tôt.

 

L'Espagne a aussi annoncé mardi qu'elle suspendait ses activités diplomatiques en Syrie, près d'un mois après avoir rappelé son ambassadeur, selon un porte-parole du ministère des Affaires étrangères, qui n'a pas donné plus de précision.

Le président américain Barack Obama s'est dit mardi "bouleversé" par les violences en Syrie. "Ce qui se passe est bouleversant et scandaleux", a dit M. Obama lors d'une conférence de presse à la Maison Blanche. "D'un autre côté, je pense que ce serait une erreur de lancer, comme certains l'ont suggéré, une action militaire unilatérale ou de croire qu'il existe une solution simple", a-t-il ajouté.
 
Plus tôt, le commandant américain pour le Moyen Orient et l'Asie centrale (Centcom), le général James Mattis, avait jugé "extrêmement délicate" la mise en œuvre d'une intervention militaire en Syrie ou une aide aux rebelles.
 
Lundi, l'influent sénateur républicain John McCain a de nouveau plaidé pour un soutien militaire aux rebelles et des frappes aériennes, rejoignant l'idée d'une zone d'exclusion aérienne...
commentaires (2)

Oui, mais la tâche est titanesque... Il n'y a personne dans son entourage pour le remettre à la Raison ? Bachar se sait fini et il est entraîné dans une course suicidaire. S'il était intelligent – ce qui reste à démontrer – il pourrait s'abstenir de tuer des Innocents. Il entraîne son peuple dans la catastrophe et le Liban est en train d'en subir les conséquences. C'est irresponsable et il est temps que cela cesse! Ben Ali, Moubarak et Saleh ont été plus «raisonnables», si l'on peut dire...

Nayla Sursock

13 h 08, le 06 mars 2012

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Commentaires (2)

  • Oui, mais la tâche est titanesque... Il n'y a personne dans son entourage pour le remettre à la Raison ? Bachar se sait fini et il est entraîné dans une course suicidaire. S'il était intelligent – ce qui reste à démontrer – il pourrait s'abstenir de tuer des Innocents. Il entraîne son peuple dans la catastrophe et le Liban est en train d'en subir les conséquences. C'est irresponsable et il est temps que cela cesse! Ben Ali, Moubarak et Saleh ont été plus «raisonnables», si l'on peut dire...

    Nayla Sursock

    13 h 08, le 06 mars 2012

  • «Assad toujours déterminé à combattre le "terrorisme"»: comment réalisera-t-il cet exploit? En se se combattant lui-même.

    Zacharie

    12 h 40, le 06 mars 2012

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