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Culture - Exposition

Chawky Frenn, peintre humaniste

Peinture baroque aux accents tragiques imprégnés de spiritualité et de références historico-artistiques, les œuvres de Chawky Frenn chez Cynthia Nouhra déclinent de manière quasi obsessionnelle les préoccupations d’un artiste humaniste.

« Your Silence I Suffer » (huile sur toile, 183x122cm).

La naissance, la mort et, entre les deux, la comédie humaine dominent l’œuvre de Chawky Frenn. Ou tout au moins la sélection de peintures qu’il accroche aux cimaises de la galerie Cynthia Nouhra* (spécialisée dans un art contemporain philosophico-spiritualiste) jusqu’au 5 avril.
Une vingtaine d’huiles sur toiles, d’amples dimensions, réunies sous l’intitulé « Introspection : the Universal In the Personal », expriment une vision nietzschéenne et tragique de l’existence. Et dont un grand nombre décline, en un leitmotiv obsessionnel, un amas de têtes décapitées de poupées, plus précisément de barboteurs, évoquant irrésistiblement des hécatombes, sinon des catacombes.
Ces figures symboliques d’infanticide, souvent accompagnées de silhouettes d’hommes nus – et plus rarement de femmes – ployées par le tourment, expriment avec une certaine théâtralité, par une mise en scène baroque de figures et d’objets aux couleurs saturées sur fonds sombres, les idées et idéaux humanistes de ce peintre compassionnel. Qui dit confronter dans son art « la réalité dramatique de la vie avec la créativité et la revendication d’une justice sociale et du respect de la dignité humaine ».
Les références à l’art religieux et classique sont très présentes dans les tableaux – autant dans la composition que dans le format en ogive pour certains – de cet artiste qui cultive une spiritualité moderne, et dans les toiles où le visiteur pourra également relever outre les influences surréalistes, celles de Goya et de Van Gogh dans la description de la souffrance, de la cruauté et de la misère de l’être humain. Mais pour Chawki Frenn, dont l’axiome est d’« aller à la rencontre de l’autre en soi », l’essentiel est de lever le masque que tout homme porte de la naissance à la mort (une idée représentée dans un tableau alignant une tête de nourrisson, un masque et un crâne) pour établir une véritable connexion entre les hommes. Ces êtres mortels par excellence, écrasés par l’incandescence sépulcrale du Nouvel Ordre du monde (huile reprenant le thème récurrent des barboteurs décapités), et partageant tous une même appréhension de la vie et de la mort. Angoisse que seuls peuvent combattre L’écrivain, l’artiste et le saint (fresque à la manière de l’art religieux) par la sublimation et la création.
Une peinture à la forte charge symbolique qui bouscule autant le regard et les émotions que les codes de l’esthétique picturale contemporaine.
Originaire de Zahlé, Chawky Frenn vit en Virginie où il est professeur agrégé à l’Université George Mason, à Fairfax. Il a à son actif de nombreuses expositions à travers les États-Unis, mais aussi en France, en Italie, en Allemagne et au Liban, où il a participé à plusieurs éditions du Salon d’automne du musée Sursock. Ses œuvres font partie de collections privées et publiques, notamment celles du Housatounic Museum of Art de Bridgeport et du Musée d’art de Springfield.

*Tehouita Furn el-Chebback, avenue Élias Hraoui. Horaires d’ouverture : du lundi au vendredi de 11h à 19h et samedi de 11h à 14h. Tél. : 01/281755 ou 03/186294.
La naissance, la mort et, entre les deux, la comédie humaine dominent l’œuvre de Chawky Frenn. Ou tout au moins la sélection de peintures qu’il accroche aux cimaises de la galerie Cynthia Nouhra* (spécialisée dans un art contemporain philosophico-spiritualiste) jusqu’au 5 avril. Une vingtaine d’huiles sur toiles, d’amples dimensions, réunies sous l’intitulé « Introspection :...

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