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À La Une - Révolte

Le CICR exige, en vain, une trêve humanitaire "urgente" en Syrie

L'armée rebelle et la Maison Blanche se disent "favorables" à un cessez-le-feu ; 57 civils tués mardi.

Les chars syriens encerclent les quartiers de Damas. Handout /

Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a lancé mardi un appel urgent auprès des autorités syriennes et aux autres parties prenantes à la violence en cours "pour l'observation de pauses quotidiennes d'au moins deux heures". 

 

"La situation actuelle exige qu'une décision soit prise immédiatement pour qu'une pause humanitaire puisse être instaurée dans les combats", a déclaré Jakob Kellenberger, président du CICR, cité dans un communiqué.

"A Homs et dans d'autres zones touchées, des familles entières sont bloquées chez elles depuis des journées, sans pouvoir sortir acheter du pain, d'autres vivres, de l'eau, ou accéder à des soins médicaux", a-t-il ajouté.

 

Le chef de l'Armée syrienne libre (ASL), formée de militaires dissidents, le colonel Riad al-Assaad, a accueilli favorablement cette initiative. Suivi des Etats-Unis qui ont soutenu "un cessez-le-feu" humanitaire, selon le porte-parole du président Barack Obama, Jay Carney.  Les autorités syriennes n'avaient, elles, pas encore réagi en début de soirée.


La secrétaire générale adjointe de l'ONU aux affaires humanitaires Valérie Amos a aussi exhorté "toutes les parties à résister à la violence, à reconnaître l'importance de la protection des civils et à accorder un accès sans entrave aux organisations humanitaires afin que nous puissions aider ces gens qui en ont un besoin désespéré".

 

Pour sa part, le Conseil national syrien (CNS), principale instance de l'opposition syrienne, tentait mardi de mobiliser la communauté internationale pour lever "le siège de Homs" et acheminer une aide humanitaire aux quartiers pilonnés depuis 18 jours.

 

 

Sur le terrain, au moins 31 personnes ont été tuées mardi, dont 16 par des bombardements contre le quartier rebelle de Bab Amr à Homs (centre), où de nouveaux renforts de troupes étaient acheminés, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

 

"Nous n'avons ni électricité, ni mazout. Les gens ont très peur qu'il y ait un assaut. La situation est pire que quiconque puisse imaginer. Il n'y a même plus de farine. Le blocus est total", a indiqué à l'AFP Omar Chaker, un activiste qui se trouve dans le quartier. "Mais Baba Amr sera la Misrata de la Syrie et ils bombardent sans oser entrer car le dédale des ruelles de Baba Amr sert les opposants", a-t-il ajouté en référence à la ville "martyre" de la révolution libyenne.

 

Toujours à Homs, les quartiers de Khaldiyé et Karm el-Zeïtoune ont aussi été la cible de bombardements pendant plus de deux heures mardi matin, a ajouté l'OSDH.

 

Trente-trois civils ont également été tués dans une vaste opération militaire lancée par l'armée syrienne dans une localité de la province d'Idleb (nord-ouest), selon l'organisation basée à Londres.


En outre, a ajouté l'OSDH, un civil a péri à l'aube à Attareb, dans la région d'Alep (nord), touché par des tirs de mitrailleuse lourde. Les forces de sécurité ont tiré sur 2.500 étudiants qui observaient mardi après-midi un sit-in à l'université d'Alep, la deuxième ville du pays, au cours duquel ils ont déployé le "drapeau de l'indépendance", adopté par les rebelles, a rapporté l'OSDH.

 

Ce bilan porte à 57 le nombre de civils tués mardi dans les violences en Syrie.

 

A Alep, un homme d'affaires a été assassiné, mais les autorités et les opposants se rejettent la responsabilité de ce meurtre. Selon l'agence officielle Sana, Mahmoud Ramadan, 43 ans, qui dirigeait une compagnie hôtelière, a été abattu devant chez lui par des "groupes armés". Mais l'opposition a accusé le régime d'être à l'initiative de ce meurtre, car il s'agit du frère d’Ahmad Ramadan, membre du bureau exécutif du CNS. Selon des sites d'opposition, la famille avait reçu des menaces pour faire pression sur Ahmad Ramadan afin qu’il renonce à ses activités au sein de l’opposition.

 

Par ailleurs, deux cents personnes ont manifesté mardi devant le Parlement à Damas contre l'article 3 de la nouvelle Constitution qui réaffirme que la charia est "la principale source de la législation" du pays et que le président doit être musulman. Lors du sit-in, toléré par les autorités, les manifestants ont scandé "Syriens, tous unis, la religion ne nous séparera pas", "non à l'article 3", "Plutôt la faim que l'Amérique" alors que des banderoles proclamaient "oui à la Constitution, non à la séparation". Plus de 14 millions de Syriens sont appelés à voter le 26 février pour approuver une nouvelle Constitution lors d'un référendum organisé dans le cadre des réformes promises par le pouvoir.

 

Sur le plan diplomatique, la Russie, allié de Damas, et le Liban ont annoncé qu'ils n'allaient pas participer à la conférence internationale sur la crise en Syrie vendredi en Tunisie. La Chine n'a pas encore fixé sa position.

 

De son côté, la France a espéré des résultats concrets de la conférence, notamment sur l'accès des organisations humanitaires aux victimes de la répression du régime de Bachar el-Assad, a indiqué mardi le ministère des Affaires étrangères.

Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a lancé mardi un appel urgent auprès des autorités syriennes et aux autres parties prenantes à la violence en cours "pour l'observation de pauses quotidiennes d'au moins deux heures". 
 
"La situation actuelle exige qu'une décision soit prise immédiatement pour qu'une pause humanitaire puisse être instaurée dans les combats", a déclaré Jakob Kellenberger, président du CICR, cité dans un communiqué.
"A Homs et dans d'autres zones touchées, des familles entières sont bloquées chez elles depuis des journées, sans pouvoir sortir acheter du pain, d'autres vivres, de l'eau, ou accéder à des soins médicaux", a-t-il ajouté.
 
Le chef de l'Armée syrienne libre (ASL), formée de militaires dissidents, le colonel Riad al-Assaad, a accueilli favorablement cette initiative....
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