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À La Une - Le Point

La course à l’Armageddon

Stuxnet n’aura vécu que l’espace de deux années. Agitées. Il vient de prononcer son dernier souffle, victime d’une opération de neutralisation effectuée par des spécialistes iraniens et n’aura eu, en définitive, qu’un impact mineur sur le programme nucléaire de la République islamique. Ses parents non avoués, Israël et les États-Unis, devront maintenant plancher sur un autre virus, plus résistant aux contre-attaques et surtout plus performant.
Hier, la télévision d’État a retransmis les images de l’introduction d’un combustible enrichi à 20 pour cent dans un réacteur qui produit des isotopes pour les cancéreux. Démonstration convaincante : l’Occident a reconnu à contrecœur que Téhéran maîtrise désormais toutes les phases du nucléaire. À quand la bombe ?
On n’en est pas là, pas encore. Les experts sont parvenus à développer, avec des fibres de carbone, une quatrième génération de centrifugeuses plus rapides, produisant moins de déchets et occupant moins d’espace, reconnaît l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). L’avancée est majeure ; elle relance le jeu du chat et de la souris auquel se livrent l’Amérique et l’Union européenne d’une part, l’Iran d’autre part.
Mais auparavant, une constatation : depuis qu’il est question de ce fameux programme iranien, on assiste à une escalade dans les sanctions, auxquelles répondent des contre-sanctions. C’est ainsi, pense-t-on, que la riposte à l’assassinat – très probablement par des agents du Mossad – de quatre scientifiques est venue, sous la forme de messages non signés, à partir de New Delhi et Tbilissi où des voitures relevant des chancelleries israéliennes dans ces deux capitales ont été plastiquées en début de semaine.
Plus subtile, la course engagée entre les deux camps connaît périodiquement de nouveaux rebondissements. On en est déjà au quatrième round de sanctions occidentales sans autre résultat tangible qu’une flambée des prix, un phénomène qui frappe de plein fouet l’homme de la rue. Le taux d’inflation annuel est de 21 pour cent, selon le gouverneur de la Banque centrale, Mahmoud Bahmani. En réalité, il serait beaucoup plus élevé et la tendance va s’amplifier avec la suppression des subventions sur certains produits de consommation courante, une décision qui se répercute, par un effet de ricochet, sur les tarifs de l’eau, du gaz, de l’électricité.
Une première mesure de rétorsion a été annoncée mercredi. À l’embargo pétrolier graduel contre l’Iran imposé par les 27 a répondu une révision des modalités de vente d’hydrocarbures, notifiée aux représentants de six pays européens (France, Italie, Espagne, Grèce, Portugal et Pays-Bas). L’effet a été immédiat : en journée, le baril de Brent a progressé d’un dollar, atteignant le prix de 118,35 dollars.
Sur une situation hautement explosive sont venues se greffer depuis quelque temps des « fuites » calculées, faisant état de la ferme intention des dirigeants israéliens de bombarder les sites nucléaires de l’Iran, suivies de pseudo-« révélations » sur la non moins ferme opposition US à une telle opération, avec en filigrane à chaque fois la course à la présidentielle du 6 novembre prochain. Que des raids aériens sur des objectifs éparpillés aux quatre coins d’un territoire s’étendant sur 1 648 195 kilomètres carrés ne pourraient avoir qu’un résultat fort peu probant, on le sait. Qu’une telle opération soit susceptible d’avoir d’incalculables conséquences régionales et internationales, nul n’en doute. Que les USA puissent pâtir d’une « expédition punitive » enclenchée par leur protégé israélien sans soutien logistique efficace paraît indiscutable. Mais toutes les évidences du monde ne sauraient empêcher un Benjamin Netanyahu de se lancer dans pareille aventure. Quant aux pressions de la Maison-Blanche pour l’en empêcher, rares sont ceux qui croient encore en leur efficacité tant sont exécrables les rapports entre les deux parties.
L’administration démocrate, et avec elle les États membres de l’UE, demeure convaincue que les sanctions commencent à donner des résultats encourageants. L’opinion quasi unanime est qu’en tout état de cause, la menace de représailles militaires ne pourrait qu’en accroître l’efficacité. Le point de vue est défendable. Mais le temps mis par la tactique embargo-guerre pour donner des fruits joue aussi en faveur du régime des mollahs, qui met à profit le délai pour faire avancer à grande vitesse les travaux en cours à Natanz, Fordo, Parchin et ailleurs.
Le directeur général de l’AIEA, dont les émissaires se rendent les 20 et 21 février à Téhéran, ne cache pas son découragement. Notre but, affirme Yukiya Amano, est de clarifier tous les sujets. Avant d’ajouter : « Ce qui ne peut se faire du jour au lendemain. »
Pendant ce temps...
Stuxnet n’aura vécu que l’espace de deux années. Agitées. Il vient de prononcer son dernier souffle, victime d’une opération de neutralisation effectuée par des spécialistes iraniens et n’aura eu, en définitive, qu’un impact mineur sur le programme nucléaire de la République islamique. Ses parents non avoués, Israël et les États-Unis, devront maintenant plancher sur un autre virus, plus résistant aux contre-attaques et surtout plus performant.Hier, la télévision d’État a retransmis les images de l’introduction d’un combustible enrichi à 20 pour cent dans un réacteur qui produit des isotopes pour les cancéreux. Démonstration convaincante : l’Occident a reconnu à contrecœur que Téhéran maîtrise désormais toutes les phases du nucléaire. À quand la bombe ? On n’en est pas là, pas encore. Les...
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