Selon Amnesty International, au moins 377 civils, dont 29 enfants, ont été tués à Homs depuis le 3 février.
Le président Bachar el-Assad a fixé au 26 février la tenue d'un référendum sur la nouvelle Constitution qui instaurerait un "Etat démocratique", dans ce qui semble être une tentative du régime pour calmer l'émotion d'une communauté internationale choquée par le bain de sang en Syrie.
"Le système politique sera basé sur le principe du pluralisme politique et le pouvoir sera exercé démocratiquement à travers des élections", selon le texte du projet diffusé par l'agence Sana et la télévision publique. Le nouveau texte précise que la Syrie est un "Etat démocratique souverain et indivisible", que "le président de la République sera élu directement par le peuple pour deux mandats successifs" et "la religion du président est l'islam".
Le texte note également que la clause sur la primauté du Baas disparaît de la nouvelle Constitution, mettant ainsi fin au monopole de ce parti depuis près de 50 ans. La Constitution actuelle avait été adoptée par le Parlement le 31 janvier 1973 et son article 8 stipule que "le parti Baas (au pouvoir depuis 1963) est le dirigeant de l'Etat et de la société".
Aux Etats-Unis, le porte-parole de la Maison Blanche a qualifié cette annonce de "plaisanterie". Depuis 11 mois, "les promesses de réformes ont généralement été suivies d'une augmentation des violences et n'ont jamais été concrétisées par ce régime", a rappelé Jay Carney. "C'est se moquer de la révolution syrienne", a-t-il ajouté .
La Russie, grande alliée de Damas, a en revanche estimé que cette idée était "la bienvenue". "Nous pensons très certainement qu'une nouvelle Constitution qui va mettre un terme à la domination d'un seul parti en Syrie est un pas en avant", a déclaré le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov.
Le chef de la diplomatie russe doit rencontrer son homologue français Alain Juppé jeudi à Vienne pour discuter de la situation en Syrie.
Mais, sur le terrain, la liste des morts s'allonge, avec au moins 36 personnes tuées mercredi, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).
Cinq soldats ont ainsi été tués à Sarmine, dans la province d'Idleb (nord-ouest) par des bombes posées par des déserteurs. Et des civils, dont un enfant de 12 ans, sont encore tombés sous les tirs des forces de sécurité à Homs ou encore dans les provinces de Hama (centre), Idleb et Damas.
Homs, surnommée la "capitale de la révolution", restait pratiquement coupée du monde, tandis que les combats meurtriers entre déserteurs et armée redoublaient de violence et que des dizaines d'arrestations avaient lieu chaque jour sur l'ensemble du territoire.
Selon Amnesty International, au moins 377 civils, dont 29 enfants, ont été tués à Homs depuis le 3 février, et des centaines de blessés graves sont bloqués dans la ville et privés de soins adéquats. L'OSDH avait déjà fait état de plus de 450 morts dans cette même période à Homs.
Et l'organisation a exprimé son inquiétude pour Hama, où des renforts militaires ont été envoyés mais où toutes les communications étaient coupées.
Ces annonces interviennent la veille d'une réunion de l'Assemblée générale des Nations unies qui doit se prononcer jeudi à 20H00 GMT sur un projet de résolution condamnant la répression, quelques jours après le blocage d'un texte similaire au Conseil de sécurité. L'adoption de cette résolution soutenue notamment par de nombreux pays occidentaux et arabes, est très probable mais elle aura une portée essentiellement symbolique.
En visite à Lisbonne, le ministre tunisien des Affaires étrangères, Rafik Abdessalem, a expliqué que son pays chercherait à dégager "un consensus et un message unifié" lors de la conférence du "groupe des amis du peuple syrien" qu'elle accueillera le 24 février.
M. Juppé a souhaité que l'ONU discute de la création de couloirs humanitaires "permettant aux ONG d'atteindre les zones qui font l'objet de massacres absolument scandaleux". Mais M. Lavrov a répliqué que cela ne pourrait se faire qu'avec l'accord de toutes les parties syriennes.
Par ailleurs, l'Egypte a appelé mercredi à "un changement pacifique et réel" en Syrie et à l'arrêt immédiat des violences contre les civils, en rejetant toute intervention militaire.
Le gouvernement britannique et le Vatican ont lancé un appel conjoint "pour un arrêt immédiat des violences en Syrie", et la Suisse a annoncé qu'elle allait fermer son ambassade à Damas.
Dans le même temps, des responsables américains ont évoqué l'inquiétude de Washington sur l'avenir des stocks d'armes chimiques et des milliers de lance-roquettes qu'ils soupçonnent la Syrie de posséder si le régime de M. Assad venait à s'effondrer.
Mercredi, des dizaines de jeunes syriens se sont rassemblés devant l'ambassade de Russie à Damas pour "remercier la Russie et à la Chine", selon la télévision publique.
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"Le système politique sera basé sur le principe du pluralisme politique et le pouvoir sera exercé démocratiquement à travers des élections", selon le texte du projet diffusé par l'agence Sana et la télévision publique. Le nouveau texte précise que la Syrie est un "Etat démocratique souverain et indivisible", que "le président de la République sera élu directement par le peuple pour deux mandats successifs" et "la religion du président est l'islam".
Le texte note également que la clause sur la primauté du Baas disparaît de la...





Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine
Les grands reporters susses Patrick Vallélian et Sid Ahmed Hammouche (arabophone) étaient aux côtés de Gilles Jacquier, à Homs, le 11 janvier dernier. Leur témoignage quant à la responsabilité du régime de Damas dans l'assassinat de Gilles Jacquier est implacable: www.lemonde.fr/idees/article/2012/02/16/syrie-qui-a-tue-gilles-jacquier_1644441_3232.html#ens_id=1481132
12 h 31, le 16 février 2012