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À La Une - Éclairage

La bouderie de Mikati : un coup d’éclat prémédité ou fortuit ?

Ce qui s’est passé lors du dernier Conseil des ministres était-il spontané ou préparé ? Le président du Conseil s’est-il vu demander de suspendre les séances, dans les pressantes circonstances actuelles ? Ou a-t-il voulu ainsi pousser vraiment à un regain de productivité, mais également à un accord préalable sur les nominations, autant de conditions qu’il pose pour la reprise ?


À en croire un de ses ministres, M. Nagib Mikati n’avait rien projeté. Il n’avait pas pour but de voir la situation atteindre un tel point. Le CPL l’attaquait en force. L’on avait même entendu dire que ce courant attendait des Libanais une manifestation massive devant le Sérail. Mais le ministre Gebran Bassil avait démenti cette assertion. Il a, en revanche, protesté contre l’intention d’attribuer la présidence du Conseil de discipline au magistrat Élie Bekhazi, ce qui a servi de détonateur au conflit.


Selon des opposants, le président Mikati s’est retrouvé dans l’embarras face aux échéances internes et aux problèmes soufflant du dehors, de la Syrie notamment. Surtout après les critiques de Damas, transmises par l’ambassadeur Ali Abdel Karim, concernant la ligne de neutralité positive, de mise à l’écart proclamée par le pouvoir libanais. Le diplomate, s’adressant aux autorités locales, leur a même demandé de livrer à son gouvernement les opposants syriens qui, d’après lui, agissent à partir de notre territoire ! Ajoutant, comme toujours, que le Liban doit contrôler sa frontière pour faire barrage au trafic d’armes et à l’infiltration en Syrie d’éléments subversifs.
Sur le plan intérieur, le chef du gouvernement fait face, comme on sait, à la question de la prorogation de ce contrat avec le TSL dont le Hezbollah exige une modification radicale. Pour rogner les ailes de l’instance. Ce qui mettrait le Liban en désaccord avec la communauté internationale. Les présidents Sleiman et Mikati sont pour une reconduction du protocole initial, qui relève d’ailleurs du secrétariat général de l’ONU. Ban Ki-moon consulte Beyrouth au sujet du renouvellement, étant entendu que tout changement du protocole nécessite un accord précis entre les deux parties. C’est ce que confirme un ancien ministre qui a contribué aux préparatifs concernant le lancement du TSL.

La médiation de Berry...
Selon des opposants, ce serait assez volontiers que les ministres de Aoun ont ouvert la voie au président Mikati pour qu’il freine la machine. Car le blocage, en attendant un accord sur les nominations, leur conviendrait. En tout cas, un proche de l’intéressé estime qu’il n’y aurait pas de séance avant son retour de Paris. Les premiers contacts de rabibochage, indique ce ministre, n’ont rien donné. D’autant moins que la traditionnelle médiation du groupe du président Nabih Berry ne s’est pas encore mise en branle. Il ne semble pas pressé, malgré les appels que lui adresse Walid Joumblatt. Leader qui insiste sur le maintien de la stabilité, dont la baisse des tensions, autant que sur la ligne de mise à l’écart par rapport aux événements de Syrie. En répétant qu’il maintient son groupe au gouvernement, aux côtés des présidents Sleiman et Mikati, du Hezb, d’Amal, des aounistes, du Tachnag, des Marada et des autres.

 

Parallèlement, et loin des feux de la rampe, les deux célèbres Khalil, le ministre Ali Hassan Khalil pour Amal et Hajj Hussein Khalil pour le Hezb, ont repris leurs navettes de conciliation auprès des majoritaires. Des sources du Hezbollah indiquent se trouver dérangées par ce qui se passe, et avouent que la prise de position du président Mikati les rend pour le moins perplexes. Ajoutant que cela n’avait pas été prévu, bien que les premières informations sur les éventuelles nominations montraient déjà qu’on était pratiquement dans l’impasse. Des responsables du Hezbollah insistent cependant pour que le Conseil des ministres se réunisse de nouveau avant la fin du mois en cours. Avant l’échéance du renouvellement du protocole TSL... Des contacts ont été pris à ce propos avec Rabieh.
Où le général Aoun assure que ce qui s’est passé en Conseil des ministres ne méritait pas tant de bruit. L’affaire des nominations ne valait pas, à son avis, des prises de position aussi braquées.


Il reste que, selon le ministre de l’Économie, le déroulement des faits incite à un accord préalable sur les désignations, avant la reprise des travaux du Conseil des ministres. Il estime cependant qu’il y a peu de chances de voir un tel arrangement se conclure avant le départ de Mikati pour Paris, où il sera accompagné de ses conseillers et non d’une délégation ministérielle.

Ce qui s’est passé lors du dernier Conseil des ministres était-il spontané ou préparé ? Le président du Conseil s’est-il vu demander de suspendre les séances, dans les pressantes circonstances actuelles ? Ou a-t-il voulu ainsi pousser vraiment à un regain de productivité, mais également à un accord préalable sur les nominations, autant de conditions qu’il pose pour la reprise ?
À en croire un de ses ministres, M. Nagib Mikati n’avait rien projeté. Il n’avait pas pour but de voir la situation atteindre un tel point. Le CPL l’attaquait en force. L’on avait même entendu dire que ce courant attendait des Libanais une manifestation massive devant le Sérail. Mais le ministre Gebran Bassil avait démenti cette assertion. Il a, en revanche, protesté contre l’intention d’attribuer la présidence du Conseil de...
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