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À La Une - Le Point

La tentation d’Osirak

Le dossier présenté au gouvernement Netanyahu par un haut gradé militaire est en béton armé. C’est-à-dire de la même matière que la protection des installations nucléaires iraniennes. L’essentiel de son propos tel que rapporté par les médias américains : « Nous ne pouvons pas détruire de manière significative ces objectifs. Je le ferai si j’en reçois l’ordre, mais ne nous faisons pas d’illusions, nous pourrions tout au plus retarder le programme de quelques mois, un an peut-être. » C’est peu si l’on songe que l’objectif idéal serait de deux ans. Le rapport se base sur les conclusions d’une étude effectuée par l’Agence internationale de l’énergie atomique à la demande de Tel-Aviv. Le ban et l’arrière-ban de la caste galonnée, eux, piaffent d’impatience. Pour Gaby Askhenazy, ancien chef d’état-major, l’État hébreu devrait se préparer à une confrontation. « D’accord pour les sanctions, dit-il, mais couplées à des préparatifs sur le terrain parce que le temps ne travaille pas en notre faveur. » Ehud Barak lui fait chorus : « Plus tard, ce sera trop tard. Téhéran est proche d’atteindre une étape où toute frappe physique deviendra irréalisable. » Et Aviv Kochavi, chef des renseignements militaires, apporte la précision qui devrait, croit-il, faire toute la différence : « La République islamique a accumulé quatre tonnes d’uranium enrichi à 3,5 pour cent et près de 100 kilos à 20 pour cent. » Petit détail technique que les experts autoproclamés oublient de mentionner : une bombe atomique nécessite de l’uranium enrichi à 90 pour cent.
Le vice-président du Conseil, Moshé Yaalon, y est allé de son grain de sel, révélant que les ayatollahs disposeraient désormais de missiles d’une portée de 10 000 kilomètres, capables donc d’atteindre le sanctuaire américain. Peu importe que des officiels aient jugé ces révélations « grandement exagérées » et « prématurées », l’important étant qu’elles ont instillé le doute dans les esprits
Confronté à cette avalanche de déclarations, le Premier ministre vient de donner de la voix, ordonnant à ses subordonnés d’arrêter net ces « palabres qui provoquent des dégâts énormes ». Et pourquoi donc ? « Parce qu’il faut éviter de donner l’impression de souhaiter entraîner les États-Unis dans une guerre qui porterait atteinte aux intérêts nationaux de ce pays et ébranlerait ses relations avec nous. »
S’il n’y avait que les vieilles badernes pour palabrer, comme dit « Bibi »... Le secrétaire US à la Défense Leon Panetta s’en mêle, estimant « fort probable » qu’Israël lance une attaque contre les sites stratégiques iraniens. Il se hasarde à avancer une date, plusieurs même : « Ce sera, dit-il avec une admirable précision dans une déclaration rapportée par le Washington Post, en avril, mai ou juin. » Depuis, l’intéressé observe un silence radio qui étonne son entourage. C’est que, mécontent de tout le brouhaha médiatique du plus mauvais effet, le président lui aurait imposé cette cure digne d’un moine trappiste. Dimanche, Barack Obama est monté au front. Israël n’a pas encore pris de décision concernant le programme nucléaire iranien, a affirmé le chef de l’exécutif US dans ce qui semble constituer autant une consigne donnée à ses troupes qu’une sorte de rappel à l’ordre à l’adresse de Tel-Aviv, une manière en quelque sorte de glisser mezza voce aux uns et aux autres que la décision finale, c’est à lui qu’elle appartient et à nul autre. « Je pense que, comme nous, ils (les Israéliens) pensent que l’Iran doit renoncer à cette arme », a-t-il dit à la chaîne NBC. Puis cette indication précieuse : « Ma préférence va à un règlement diplomatique de la crise. » Il ne saurait en être autrement quand les sanctions produisent leur effet. L’embargo sur les exportations de pétrole se révèle catastrophique pour une économie dont 60 pour cent des revenus proviennent de l’or noir ; le chômage frappe désormais plus de 20 pour cent de la population, en majeure partie les jeunes ; enfin les banques locales ont porté à 20 pour cent leur taux d’intérêt sur les comptes des particuliers dans le but de freiner les achats massifs de devises étrangères.
L’impact des mesures arrêtées par la communauté internationale signifie-t-il qu’il n’y aura pas une réédition de l’opération de 1981 sur les installations d’Osirak, en Irak, ou de destruction de sites suspects comme ce fut le cas en 2007, près de Deir ez-Zor, en Syrie ? Israéliens et Américains préfèrent, sur ce point, observer une discrétion que chacun peut interpréter à sa convenance. Il ne fait aucun doute toutefois qu’une opération d’envergure mobiliserait le peuple iranien derrière ses dirigeants (aujourd’hui en net déficit de popularité), réduirait à néant la portée des sanctions internationales et susciterait un mouvement d’indignation à travers le monde. Autant d’effets dévastateurs dont Obama préférerait sans doute se passer en ces temps de campagne pour la présidentielle.
Le dossier présenté au gouvernement Netanyahu par un haut gradé militaire est en béton armé. C’est-à-dire de la même matière que la protection des installations nucléaires iraniennes. L’essentiel de son propos tel que rapporté par les médias américains : « Nous ne pouvons pas détruire de manière significative ces objectifs. Je le ferai si j’en reçois l’ordre, mais ne nous faisons pas d’illusions, nous pourrions tout au plus retarder le programme de quelques mois, un an peut-être. » C’est peu si l’on songe que l’objectif idéal serait de deux ans. Le rapport se base sur les conclusions d’une étude effectuée par l’Agence internationale de l’énergie atomique à la demande de Tel-Aviv. Le ban et l’arrière-ban de la caste galonnée, eux, piaffent d’impatience. Pour Gaby Askhenazy, ancien chef...
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