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À La Une - Revue De Presse

La crise syrienne signera-t-elle la fin de la Ligue arabe ?

De l’Égypte à l'Arabie saoudite, en passant par la Palestine, les critiques fusent dans les médias contre Nabil al-Arabi.

Une manifestation condamnant l’inaction de la Ligue arabe à Deraa. YouTube/

Au lendemain de la décision de la Ligue arabe de prolonger la mission de ses observateurs en Syrie, nombreux sont les commentateurs arabes, toutes nationalités confondues, à critiquer sévèrement l’organisation panarabe, qui est, selon eux, au bord de l’effondrement.

 

Dans un billet publié par l’agence palestinienne "Maan", le journaliste Hani al-Akkad estime que la mission des observateurs arabes en Syrie était vouée à l’échec dès le premier jour. "Depuis l’arrivée de cette mission, censée garantir l’application du protocole arabe (prévoyant la fin des violences), la répression du régime (de Bachar el-Assad) contre la population syrienne n’a fait que s’accentuer", écrit-il. "Dès le premier jour, le pouvoir syrien a tout fait pour décrédibiliser la Ligue arabe, sa mission et son protocole, poursuit le journaliste palestinien. (…) Les tueries se sont poursuivies, les perquisitions n’ont pas cessé, les prisonniers ont été transférés vers des lieux secrets… Tout cela en dépit de la présence des observateurs sur le terrain. (…) Aucun point du protocole arabe n’a été respecté et la Ligue arabe s’est montrée incapable de protéger les manifestants pacifiques à Deraa, Hama, Alep, Homs, Edleb, Deir ez-Zor et même Damas, où deux attentats ont eu lieu depuis l’arrivée de la mission arabe".

 

"Pourquoi prolonger cette mission qui est vouée à l’échec ?", s'interroge, pour sa part, Abdallah Iskandar du quotidien panarabe al-Hayat, basé à Londres. Selon lui, la crise syrienne a mis en évidence les divisions au sein de la Ligue arabe. "En empêchant les observateurs de mener à bien leur mission, le régime syrien a réussi à gagner encore plus de temps", estime l’éditorialiste. Selon lui, cette situation risque "d’aggraver les divisions qui existent déjà entre les pays arabes". "Sur le dossier syrien, il y a ceux qui prônent l’internationalisation et ceux qui souhaitent donner une dernière chance à la diplomatie arabe, écrit-il. Entre-temps, le nombre de morts augmente de jour en jour".

 

De son côté, l’Égyptien Saïd al-Lawandi se livre à une analyse très sévère du passé diplomatique de la Ligue arabe. "Durant les six dernières décennies, l’organisation panarabe ne s’est montrée efficace dans aucune des crises qui ont secoué la région – et Dieu sait qu’elles ont été nombreuses !", écrit le journaliste dans un long éditorial publié dans al-Ahram. Qualifiant la Ligue arabe de "corps sans âme" et d’"utopie", il estime que la raison principale de son échec est due aux "divisions" des pays arabes : "La Ligue est paralysée parce que les Arabes se sont entendus pour ne pas s’entendre".

"Cette situation lamentable pourrait très bien mener à l’effondrement total (de l’organisation), poursuit le journaliste égyptien. La crise syrienne n’a fait que révéler la réalité amère de la diplomatie arabe et les Israéliens sont les seuls à en tirer bénéfice. (…) C’est déjà la fin, écrit-il encore, la Syrie va signer la fin de la Ligue et avec elle, la fin de l’unité arabe".

 

Sur un ton moins dramatique, mais tout aussi virulent, le quotidien saoudien al-Charq al-Awsat publie un éditorial très critique envers le secrétaire général de la Ligue arabe, Nabil al-Arabi, l’accusant d’avoir personnellement mis en échec la mission des observateurs arabes en Syrie. Iyad Abou Chacra estime en effet que M. al-Arabi "multiplie les dégâts" depuis son entrée en fonction, en mai dernier. Le dernier "cafouillage" en date, selon le journaliste d’al-Charq al-Awsat, a été le choix du chef du Hamas Khaled Mechaal comme "médiateur" auprès des autorités syriennes afin de les convaincre d'accepter la mission des observateurs de la Ligue arabe. "Pourquoi laisser les Palestiniens se mêler d’une crise qui ne les concerne pas et qui risque d’ailleurs de saper le processus de réconciliation (entre le Fateh et le Hamas) ?, demande M. Abou Chacra. Al-Arabi ne sait-il pas que le choix d’un réfugié (palestinien) à Damas pour faire passer des messages aux autorités (syriennes) affaiblit sérieusement la position des Arabes ? Al-Arabi ne sait-il pas que Mechaal, un grand allié de Bachar el-Assad, est de toute évidence incapable d’exercer la moindre pression sur le régime (baasiste) ?". "La Ligue arabe, conclut M. Abou Chacra, est tout simplement impuissante et incapable de gérer les crises régionales. Croire le contraire relèverait de la bêtise pure et dure".

Au lendemain de la décision de la Ligue arabe de prolonger la mission de ses observateurs en Syrie, nombreux sont les commentateurs arabes, toutes nationalités confondues, à critiquer sévèrement l’organisation panarabe, qui est, selon eux, au bord de l’effondrement.
 
Dans un billet publié par l’agence palestinienne "Maan", le journaliste Hani al-Akkad estime que la mission des observateurs arabes en Syrie était vouée à l’échec dès le premier jour. "Depuis l’arrivée de cette mission, censée garantir l’application du protocole arabe (prévoyant la fin des violences), la répression du régime (de Bachar el-Assad) contre la population syrienne n’a fait que s’accentuer", écrit-il. "Dès le premier jour, le pouvoir syrien a tout fait pour décrédibiliser la Ligue arabe, sa mission et son protocole, poursuit le...
commentaires (5)

Je vais m'exprimer comme j'estime que je dois le faire. Tant pis si ces quelques réflexions ne sont pas publiées. Le nouveau secrétaire général de la Ligue arabe semble être la personnification de la médiocrité. Il ne comprend rien ni à la Ligue ni à ce qui se passe dans le monde arabe. Il l'a d'ailleurs échappé belle en accédant à ce poste, quand la 2e révolution du peuple égyptien a limogé le premier gouvernement après Moubarak, dont il faisait partie comme ministre des Affaires étrangères. Quant à ce qui se passe en Syrie, non seulement il n'y comprend rien, mais il tremble devant le chantage historique notoire du régime baassiste. La plus grande illustration de sa médiocrité est, comme le dit al-Sharq al-Awsat, son choix de Khaled Mechaal comme "médiateur" auprès de ce régime pour faire ce dernier accepter les observateurs. Une gaffe inouie, inimaginable ! Non seulement pour l'initiative arabe en Syrie, mais pour ses résultats sur le plan palestinien. Par cette gaffe en effet il a impliqué les Palestiniens dans la complication incommensurable de la question syrienne et détruit leur réconciliation, unique espoir attendu une éternité pour remettre la cause du peuple palestinienn sur la bonne voie. Plus de dégâts, impossible !

Halim Abou Chacra

23 h 54, le 09 janvier 2012

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Commentaires (5)

  • Je vais m'exprimer comme j'estime que je dois le faire. Tant pis si ces quelques réflexions ne sont pas publiées. Le nouveau secrétaire général de la Ligue arabe semble être la personnification de la médiocrité. Il ne comprend rien ni à la Ligue ni à ce qui se passe dans le monde arabe. Il l'a d'ailleurs échappé belle en accédant à ce poste, quand la 2e révolution du peuple égyptien a limogé le premier gouvernement après Moubarak, dont il faisait partie comme ministre des Affaires étrangères. Quant à ce qui se passe en Syrie, non seulement il n'y comprend rien, mais il tremble devant le chantage historique notoire du régime baassiste. La plus grande illustration de sa médiocrité est, comme le dit al-Sharq al-Awsat, son choix de Khaled Mechaal comme "médiateur" auprès de ce régime pour faire ce dernier accepter les observateurs. Une gaffe inouie, inimaginable ! Non seulement pour l'initiative arabe en Syrie, mais pour ses résultats sur le plan palestinien. Par cette gaffe en effet il a impliqué les Palestiniens dans la complication incommensurable de la question syrienne et détruit leur réconciliation, unique espoir attendu une éternité pour remettre la cause du peuple palestinienn sur la bonne voie. Plus de dégâts, impossible !

    Halim Abou Chacra

    23 h 54, le 09 janvier 2012

  • - - Quelle ligue arabe ! y a-t-il une ligue arabe ou une ligue khaligiste !?

    JABBOUR André

    11 h 19, le 09 janvier 2012

  • Rien ne peut signer la fin de rien!!

    Ali Farhat

    11 h 07, le 09 janvier 2012

  • L'unité de qui?

    GEDEON Christian

    10 h 25, le 09 janvier 2012

  • Croire plutot en l'unite des Arabes n'est que betise pure et dure. La Syrie vous a bien roule dans sa farine nauseeuse messrs les membres de la Ligue Arabe. Ce bidule de ligue (pour ne pas dire machin) est un panier de contradictions que la Syrie s'est amusee a exploiter. Mais nous ne sommes plus a une deception pres. On en a vu d'autres et on en verra surement encore des perles.

    Karim Tabet

    09 h 23, le 09 janvier 2012

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