Il s'agit de la quatrième intervention de Bachar el-Assad depuis le début de la répression. /
"Le président (syrien) Bachar el-Assad prononcera un discours mardi matin sur les questions internes en Syrie et les développements de la situation dans la région", a indiqué lundi soir l'agence de presse officielle Sana.
Il s'agit de la quatrième intervention du président syrien depuis le début de la répression qui a fait plus de 5. 000 morts, selon l’ONU.
Une répression qui a suscité aujourd’hui une nouvelle mise en garde d’Ankara. "La situation qui se développe là-bas (en Syrie) conduit à une guerre civile, une guerre raciale, de religions et de communautés. Cela doit cesser", a déclaré lundi le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan lors d'une conférence de presse télévisée. "La Turquie doit jouer un rôle. Une guerre civile qui surviendrait nous mettrait en difficulté... et ferait peser sur nous une menace", a-t-il dit. "La Syrie a un gouvernement qui assassine ses propres citoyens. Personne ne peut approuver (...) les régimes autoritaires," a-t-il ajouté.
La Turquie, ancienne alliée de Damas, a condamné à de nombreuses reprises la répression des manifestations contre le régime syrien.
M. Erdogan a demandé plusieurs fois l'an dernier le départ du président Bachar al-Assad.
La Turquie s'est jointe à la Ligue arabe et aux puissances occidentales pour imposer des sanctions économiques contre Damas. Elle a suspendu les accords de crédits financiers avec la Syrie et a gelé les avoirs du gouvernement syrien.
Lors de sa conférence de presse, M. Erdogan a déclaré que son pays avait commencé à appliquer ces sanctions et que ces dernières seraient renforcées selon l'évolution de la situation.
Un porte parole du ministère turc des Affaires étrangères a indiqué plus tôt aujourd’hui que le chef de la diplomatie turque, Ahmet Davutoglu, a appelé l'opposition syrienne, lors d'une rencontre dimanche avec une délégation du Conseil national syrien (CNS) comprenant son président, Bourhan Ghalioun, à continuer sa résistance contre le régime de Damas par des "voies pacifiques",
D'autre part, la mission arabe continue de décevoir l'opposition syrienne.
Le CNS a critiqué lundi le rapport des observateurs arabes sur leur mission en Syrie. "Le CNS considère que le rapport sur le travail des observateurs représente un pas en arrière dans les efforts de la Ligue et ne reflète pas la réalité constatée par les observateurs sur le terrain", affirme le plus important groupe d'opposition syrien dans un communiqué . Le CNS s'est dit "déçu de la lenteur et l'hésitation de la Ligue arabe dans l'application des dispositions du plan arabe qui stipulent clairement la nécessité du retour des forces armées à leurs casernes, la libération de tous les détenus, l'autorisation des manifestations pacifiques ainsi que l'accès des observateurs et des journalistes".
Il a appelé la Ligue arabe à "entamer des discussions immédiates avec le secrétaire général de l'ONU pour proposer le plan arabe au niveau du Conseil de sécurité pour son adoption par les Etats membres, afin de lui donner le soutien nécessaire et empêcher le régime de tergiverser". Le CNS "appelle de nouveau à la protection des civils par tous les moyens légitimes dans le cadre du droit humanitaire international, notamment par la création de zones de sécurité et d'exclusion aérienne".
Ces déclarations interviennent après la décision de l'organisation panarabe de maintenir ses observateurs en Syrie malgré les critiques et la poursuite sanglante de la répression.
"Il est clair que la mission des observateurs (arabes) cherche à couvrir les crimes du régime syrien en lui donnant davantage de temps et d'occasions pour tuer notre peuple et briser sa volonté", a affirmé de son côté le porte-parole des Frères musulmans syriens, Zouhair Salem, dans un communiqué reçu lundi par l'AFP à Nicosie. M. Salem déplore le fait que la Ligue arabe n'ait pas "mentionné la responsabilité du régime dans la mort de milliers de Syriens, dont des centaines d'enfants". Le rapport de la mission des observateurs, chargés de veiller à l'application du protocole arabe prévoyant la fin des violences, "met sur un même pied d'égalité le bourreau et la victime et fait un parallèle entre la machine à tuer officielle avec les chars et les roquettes et les opérations individuelles d'auto-défense", accuse Zouheir Salem. Le communiqué des Frères musulmans affirme également la volonté du mouvement d'"avancer sur le chemin de la libération de notre pays".
Pour la Commission générale de la Révolution syrienne, un groupe chapeautant les militants sur le terrain, le rapport des observateurs est "en-deçà des attentes du peuple syrien", et la Ligue arabe "doit annoncer l'échec de son initiative, faute des moyens nécessaires pour arrêter les tueries". Elle en a appelé à l'ONU.
"La présence des observateurs et la manière dont ils s'y prennent sont un service rendu au régime", a renchéri le chef de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), Rami Abdel Rahmane.
Malgré ces vives critiques, la France continue de soutenir la mission arabe. "S'agissant des conditions d'exercice de la mission des observateurs et de sa crédibilité, la France continue à soutenir l'initiative de la Ligue arabe", a affirmé le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, Romain Nadal.
"Il est désormais clair que cette mission doit être significativement renforcée à la fois dans ses effectifs et dans sa capacité à évaluer pleinement et partout la réalité de l'application des quatre points du plan de la Ligue arabe, sans que le régime ne puisse l'entraver ou maquiller la situation", a précisé Romain Nadal.
La Ligue arabe s'est prononcée dimanche pour la poursuite et le renforcement de sa mission d'observateurs en Syrie, cible de vives critiques l'accusant d'inefficacité face à la crise qui n’en finit pas de faire des morts.
Aujourd'hui, trois civils ont été tués par les troupes, un à Hama, un près de Damas et une femme à Idleb, a indiqué l'OSDH en demandant aux observateurs de se rendre dans un secteur de Hama où chars et transports de troupes sont déployés "en violation" du protocole arabe.
Le comité ministériel de la Ligue en charge du dossier a décidé de "donner aux observateurs le temps nécessaire pour poursuivre leur mission conformément au protocole", après avoir examiné le premier rapport du chef des observateurs, le général soudanais Mohammed Ahmed Moustapha al-Dabi. Le protocole arabe accepté par Damas prévoit, outre la mission d'observation, l'arrêt des violences, la libération des détenus, le retrait de l'armée des villes et la libre circulation pour les observateurs arabes et la presse. Le comité, à l'issue d'une réunion au Caire où siège l'organisation panarabe, a également appelé le gouvernement syrien à respecter ses promesses, même s'il a fait des "progrès partiels".
Alors que les appels se sont multipliés pour que le dossier syrien soit transféré à l'ONU, la Ligue s’est contentée d’appeler à la poursuite des discussions avec l'ONU pour le renforcement des "capacités techniques" de ses observateurs.
L'opposition syrienne accuse régulièrement les observateurs d'être "manipulés" par le régime du président Assad et la Ligue de s'être montrée incapable de faire cesser les violences.
Le pape Benoît XVI a, de son côté, demandé lundi l'ouverture d'"un dialogue fructueux entre les acteurs politiques" de Syrie, "favorisé par la présence d'observateurs indépendants".
Enfin, le ministre syrien de la Défense, le général Daoud Rajha, a visité dimanche un groupe de navires de guerre russes arrivés la veille dans la base navale de Tartous, la seule dont la Russie dispose en mer Méditerranée, a rapporté lundi l'agence officielle syrienne Sana. Dans une allocution, le ministre a rendu hommage à la "position respectable et solide de la Russie au côté de la Syrie, qui fait l'objet d'un complot", a ajouté l'agence.
Un groupe de navires de guerre russes se trouve actuellement pour plusieurs jours dans la base navale de Tartous en Syrie pour se réapprovisionner. La Russie s'est montrée un fidèle allié de Damas depuis le début à la mi-mars de la révolte contre le régime de Assad. Moscou a régulièrement rejeté toute ingérence étrangère dans la crise syrienne et a mis en octobre son veto à un projet de résolution du Conseil de sécurité de l'ONU envisageant un embargo sur les livraisons d'armes à la Syrie, dont la Russie est le principal fournisseur depuis la période soviétique
Il s'agit de la quatrième intervention du président syrien depuis le début de la répression qui a fait plus de 5. 000 morts, selon l’ONU.
Une répression qui a suscité aujourd’hui une nouvelle mise en garde d’Ankara. "La situation qui se développe là-bas (en Syrie) conduit à une guerre civile, une guerre raciale, de religions et de communautés. Cela doit cesser", a déclaré lundi le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan lors d'une conférence de presse télévisée. "La Turquie doit jouer un rôle. Une guerre civile qui surviendrait nous mettrait en difficulté... et ferait peser sur nous une...



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