"Ces attaques sont l'une des conséquences de la fin de notre ultimatum", a déclaré à la presse par téléphone Abul Qaqa, un homme qui s'est déjà exprimé plusieurs fois au nom de Boko Haram.
Une nouvelle attaque contre des chrétiens a fait 17 morts vendredi dans le nord-est du Nigeria, au lendemain de deux attaques similaires ayant fait onze tués.
Des hommes armés ont ouvert le feu vendredi sur un rassemblement de chrétiens en deuil, tuant dix-sept personnes dans l'Etat d'Adamawa (nord-est), selon des témoins. Un habitant de Mubi, où a eu lieu l'attaque, a indiqué qu'après l'assassinat de cinq personnes la veille, des personnes endeuillées s'étaient réunies dans la maison de l'une des victimes. "Des hommes non identifiés sont arrivés dans la maison et ont abattu 17 personnes endeuillées", a déclaré Zubairu Abdulaziz.
Toujours dans le Nord du pays, une autre attaque a visé jeudi soir des fidèles réunis en prière aux abords de Gombe, localité du nord-est. Jeudi vers 19H30 (18H30 GMT), "des hommes armés ont fait irruption dans l'église et ont ouvert le feu sur l'assemblée des fidèles", a expliqué à l'AFP le pasteur John Jauro. "Six personnes ont été tuées (...) et 10 autres blessées", a-t-il poursuivi, ajoutant que son épouse figurait parmi les morts.
La secte radicale islamiste Boko Haram a revendiqué ces attaques. "Nous sommes responsables des attaques de Mubi et Gombe", a déclaré Abul Qaqa, qui s'est déjà exprimé plusieurs fois au nom de Boko Haram, et parlait au téléphone à des journalistes dans la ville de Maiduguri (nord-est).
"Ces attaques sont l'une des conséquences de la fin de notre ultimatum", a expliqué Abul Qaqa.
"Nous étendons notre zone d'action à d'autres régions pour démontrer que l'état d'urgence proclamé par le gouvernement nigérian ne nous dissuade pas (...), nous pouvons frapper partout où nous voulons", a-t-il par ailleurs affirmé.
Cette série d'attaques intervient après l'expiration mercredi d'un ultimatum fixé par Boko Haram aux chrétiens pour qu'ils quittent le nord majoritairement musulman du pays. Le sud du Nigeria, une nation de 160 millions d'habitants, est lui à dominante chrétienne. Cependant, des millions de musulmans vivent dans le sud et des millions de chrétiens dans le nord.
De nombreuses attaques ont été imputées par les autorités à cette secte qui multiplie depuis des mois des actions meurtrières. Boko Haram a notamment revendiqué l'attentat suicide d'août 2011 contre le QG de l'ONU dans la capitale Abuja qui a fait 25 morts. Ses opérations semblent avoir pris une nouvelle dimension avec une vague d'attentats le jour de Noël (49 morts) visant en particulier des églises.
Dans ce contexte, beaucoup craignent une flambée de violences interconfessionnelles. Des responsables chrétiens ont menacé récemment de se défendre si des chrétiens étaient à nouveau visés. "Nous n'appelons pas les chrétiens à la vengeance mais nous les appelons à se mettre en alerte et à se protéger, à protéger leurs familles et leurs biens contre ces attaques", a réagi vendredi le chef de la principale organisation chrétienne du nord, la CAN.
Le président Goodluck Jonathan a décrété le 31 décembre l'état d'urgence dans des Etats du centre et du nord-est concernés par les violences de Boko Haram, mais cela n'a pas empêché de nouvelles attaques. Gombe n'est pas concernée par la mesure.
Mercredi soir, des explosions avaient secoué deux villes du nord-est où la mesure est en vigueur. Elles n'ont pas fait de morts mais ont été revendiquées par le porte-parole de Boko Haram qui avait lancé l'ultimatum aux chrétiens.
Le Nigeria est d'autant plus sous tension actuellement que le président a annoncé la suppression le 1er janvier des subventions des prix du carburant. La mesure, largement impopulaire, a fait plus que doubler les prix de l'essence. Des manifestations de Nigérians en colère, parfois dispersées à coups de matraque ou de gaz lacrymogènes, ont lieu chaque jour à travers le pays.
Boko Haram a affirmé vouloir une application stricte de la charia dans le pays. La secte avait lancé une insurrection en 2009, violemment réprimées par l'armée, faisant environ 800 morts. On sait peu de choses sur le groupe qui serait divisé en plusieurs factions, dont une ayant des liens politiques et une autre une idéologie islamiste très dure. Certains le soupçonnent de liens avec la branche maghrébine d'Al-Qaïda, mais aucune preuve n'a été apportée.
Toujours dans le Nord du pays, une autre attaque a visé jeudi soir des fidèles réunis en prière aux abords de Gombe, localité du nord-est. Jeudi vers 19H30 (18H30 GMT), "des hommes armés ont...


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