Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan.
La Turquie a décidé de suspendre les visites et de geler sa coopération politique et militaire avec la France qui a voté jeudi une proposition de loi réprimant la contestation du génocide arménien.
Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a annoncé devant la presse la suspension des visites bilatérales, le rappel pour consultations de l'ambassadeur de Turquie en France et indiqué que "les exercices militaires conjoints avec la France et toutes les activités militaires avec ce pays ont été annulés" pour protester contre l'adoption de ce projet.
La Turquie décidera désormais au cas par cas pour toute demande militaire française d'utiliser son espace aérien et "rejette dorénavant toute demande française pour ses bâtiments de guerre de visiter les ports turcs", a souligné le chef du gouvernement turc.
Ce dernier a expliqué qu'il s'agissait là d'un premier train de sanctions contre la France, alliée de la Turquie au sein de l'Otan, et que "graduellement" d'autres mesures pourraient être mises en oeuvre.
"Nous révisons nos relations avec la France", a déclaré M. Erdogan. "Malheureusement, cette proposition de loi a été adoptée malgré tous nos avertissements (...) Cela va ouvrir des plaies irréparables et très graves dans les relations bilatérales", a-t-il ajouté.
Réagissant aux propos d'Erdogan, le ministre français des Affaires étrangères Alain Juppé a estimé que la Turquie ne doit pas surréagir. "Ce que je souhaite, c'est que nos amis turcs ne surréagissent pas à cette décision de l'Assemblée nationale française", a déclaré M. Juppé. Interrogé sur d'éventuelles nouvelles mesures de représailles d'Ankara, le chef de la diplomatie française a répondu: "nous verrons bien et je souhaite qu'on en reste là, si possible".
"Les relations entre la France et la Turquie sont des relations étroites et multiples dans beaucoup de domaines et nous avons beaucoup de choses à faire ensemble", a-t-il ajouté, prenant "acte" par ailleurs du rappel de l'ambassadeur turc à Paris. "Je regrette cette première réaction et je fais appel au bon sens et à la mesure", a-t-il ajouté.
"Ce sont des menaces en l'air et je crois qu'il faudrait que nous revenions à un dialogue beaucoup plus apaisé parce que cela ne sert à rien d'exacerber les haines de part et d'autre", a rétorqué de son côté le ministre français aux Affaires européennes Jean Leonetti. Liée par des engagements internationaux au sein de l'Union européenne et de l'Organisation mondiale du commerce, la Turquie "ne peut pas discriminer pour des raisons politiques un pays ou un autre".
Les députés français ont adopté jeudi en première lecture, par un vote à main levée, la proposition de loi UMP qui vise à pénaliser la négation des génocides et notamment le génocide arménien de 1915.
Malgré les pressions de la Turquie, dont les dirigeants ont multiplié ces derniers jours les menaces à l'encontre de Paris, les députés ont validé le texte déposé par l'UMP Valérie Boyer.
La proposition de loi, qui visait dans une première version la négation du seul génocide arménien, a été élargie pour s'appliquer à tous les génocides reconnus par la loi.
Elle prévoit de punir la négation d'un génocide d'un an d'emprisonnement, d'une amende de 45.000 euros ou des deux.
"Je condamne le Parlement français qui a passé cette loi équivalant à une trahison de l'histoire et des réalités historiques", a déclaré pour sa part le vice-Premier ministre turc Bülent Arinç sur son compte Twitter.
"Vont-ils lancer une chasse aux sorcières contre ceux qui disent qu'il n'y a pas eu de génocide?" s'interroge M. Arinç, reprochant également à l'initiative française d'avoir "pour but d'hypothéquer la liberté de pensée des scientifiques".
"Ils savent très bien qu'avec ça ils signent le retour en France des tribunaux de l'Inquisition", assène-t-il.
Du côté arménien, le ministre des Affaires étrangères, Edouard Nalbandian, a exprimé jeudi "la gratitude" de son pays. La France "en adoptant cette loi a prouvé de nouveau qu'il n'y avait pas de prescription pour les crimes contre l'humanité et que les nier devait être puni", a-t-il dit.
La Turquie reconnaît que jusqu'à 500.000 Arméniens sont morts pendant des combats et leur déportation forcée vers l'Irak, la Syrie et le Liban, alors provinces ottomanes, et non par une volonté d'extermination.
Elle juge que le texte français a une motivation électoraliste pour s'attirer les faveurs du demi-million d'"Arméniens de France" lors de la présidentielle d'avril.
Ankara a multiplié les pressions pour empêcher un examen du texte par le Parlement français, promis un rappel de son ambassadeur, une expulsion de son homologue français, l'exclusion des industriels français de marchés turcs et le gel de la coopération culturelle entre les deux pays.
Pour être adoptée, la proposition de loi devra cependant aussi être votée par le Sénat, ce qui prendra plusieurs mois.



Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine
- - Voyez-vous cher monsieur P-R SAFA , je suis entièrement d'accord avec vous sur cette réaction juste et bien réfléchies de votre part , mais permettez moi de vous poser une question , toujours sur ce même sujet ? O combien important pour notre civilisation que vous évoquez par ses valeurs , son histoire et sa culture Chrétienne , qui n'étaient en aucun cas prises en considération par le prédécesseur du président Sarkozy , qui n'était autre , et l'est toujours , votre allié politique et associé au pays du Cèdre , et non seulement le grand avocat des Turques pour leur entrée en Europe par la grande porte , mais aussi , celui qui a empêché le rêve de Sa Sainteté J.P. II , qui réclamait que soit inscrit dans la Constitution Européenne , les racines Chrétiennes de l'Europe , chose qu'à catégoriquement refusé , celui qui a récemment été condamné à deux ans de prison par la justice de son pays la France , pour corruption ... Cherchez l'erreur monsieur . Merci .
02 h 35, le 23 décembre 2011