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À La Une - Crise

Euro : "Jamais l'Europe n'a été aussi en danger", selon Sarkozy

Les Européens se retrouvent au chevet de la monnaie commune pour un sommet décisif.

(De gauche à droite) Angela Merkel, Nicolas Sarkozy et José Manuel Barroso lors du congrès de la droite européenne à Marseille. Jean Paul PELISSIER/

Un nouveau sommet pour tenter de sauver l'euro s'est ouvert jeudi soir à Bruxelles dans un climat de divisions, les Européens se déchirant sur la nécessité d'un changement de traité.
Les vingt-sept chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union européenne se sont retrouvés peu avant 20h00 (19h00 GMT) pour tenter de se mettre d'accord sur la réponse immédiate à la crise et sur la discipline budgétaire que veulent à tout prix accroître Berlin et Paris, en l'inscrivant dans le marbre d'un traité modifié.

La pression est énorme sur les épaules des Européens, qui depuis deux ans ne parviennent pas à trouver une réponse convaincante. L'objectif du sommet est à la fois de refonder l'Union monétaire et de trouver des solutions d'urgence.

 

"Jamais l'Europe n'a été aussi nécessaire, jamais elle n'a été aussi en danger. Jamais autant de pays n'ont voulu adhérer à l'Europe, jamais le risque d'explosion de l'Europe n'a été aussi grand", a déclaré à Marseille (sud-est) le président français Nicolas Sarkozy. Avec la chancelière Angela Merkel, il appelle à une révision des traités européens pour y instaurer une discipline budgétaire plus stricte. Le couple franco-allemand a particé jeudi à Marseille, avec une dizaine d'autres dirigeants européens, à un congrès de la droite européenne, prélude au sommet de Bruxelles.


"Je suis évidemment très inquiet de ce qui se passe en Europe", a pour sa part affirmé jeudi le président américain Barack Obama lors d'une conférence de presse impromptue à la Maison Blanche, où il a jugé urgent de faire "quelque chose d'important et d'audacieux" face à la crise de la dette.


Pour la chancelière allemande, qui se fait prier pour sortir l'artillerie lourde face à la crise, l'euro doit regagner sa "crédibilité" via un durcissement de sa discipline budgétaire, a-t-elle souligné à son arrivée à Bruxelles.


Une réunion en petit comité s'est tenue peu avant le sommet avec les principaux acteurs: notamment le couple franco-allemand, la présidente du Fonds monétaire international, Christine Lagarde, et le président de la Banque centrale européenne Mario Draghi.


Ce dernier joue un rôle pivot. Le renforcement de la discipline budgétaire doit dans l'esprit de beaucoup permettre à l'institut monétaire d'agir plus massivement pour aider les pays en difficulté comme l'Italie via le rachat de leur dette sur les marchés. Objectif: faire redescendre les taux d'intérêt. Or, M. Draghi a déçu les marchés jeudi en paraissant écarter une intervention de grande ampleur sur le marché de la dette. Il s'est aussi dit "surpris de l'interprétation" de certains de ses propos, la semaine dernière, qui avaient laissé entrevoir la possibilité d'une action forte de la BCE en échange d'un accord à Bruxelles sur une très stricte orthodoxie budgétaire.


Les moyens de parvenir à cette orthodoxie accrue suscite des divisions entre Etats.
Paris et Berlin veulent l'inscrire dans le marbre via des changements du traité de l'UE, requérant l'unanimité des 27 pays, y compris donc les dix qui ne participent pas à l'Union monétaire.
Mais la Grande-Bretagne menace de monnayer son feu vert en exigeant des contreparties en termes d'exemption par exemple de la surveillance paneuropéenne du secteur financier. Ce qui est inacceptable pour ses partenaires. Le Premier ministre David Cameron a agité jeudi la menace d'un veto au changement du traité si les "intérêts" de son pays ne sont pas assez pris en compte.
Quant à la Suède, qui ne fait pas non plus partie de la zone euro, son Premier ministre a averti jeudi qu'il n'avait "pas de soutien pour un changement de traité" dans son opinion publique.


Paris et Berlin ont déjà prévenu qu'à défaut de pouvoir aboutir à un changement de traité à 27 ils en passeraient par un accord limité aux seuls dix-sept pays de la zone euro, quitte à créer des divisions entre Européens.

Mais ce scénario inquiète les présidents de l'UE, Herman Van Rompuy, de la Commission européenne, José Manuel Barroso, ainsi que de nombreux pays non membres de l'Union monétaire.
"L'Europe, c'est 27 Etats membres, pas 17 ou 17 plus", a déclaré le Premier ministre polonais Donald Tusk. Toute autre solution "sera fatale à l'Europe", a-t-il mis en garde.
La Roumanie "ne peut pas accepter une Union européenne avec deux catégories d'Etats membres", a aussi affirmé son président Traian Basescu.


Outre les divergences sur le traité, de sérieux clivages persistent sur la nécessité d'augmenter les moyens financiers de la zone euro pour se protéger contre la contagion de la crise de la dette. Plusieurs solutions sont actuellement à l'étude mais elles butent régulièrement sur le refus de l'Allemagne.
Berlin rejette notamment les propositions pour muscler le Fonds de secours de la zone euro, notamment en lui permettant à terme de s'alimenter au guichet de la Banque centrale européenne (BCE).
L'Allemagne s'oppose également à l'idée d'euro-obligations, alors que plusieurs de ses partenaires suggèrent de laisser la porte ouverte à terme à ces instruments de mutualisation de la dette publique.


Enfin, l'Europe pourrait renflouer le FMI pour qu'il vole, en retour, au secours de la zone euro. L'idée serait de passer par les banques centrales nationales. Mais cette solution est déjà contestée sur le plan juridique et Berlin est une nouvelle fois hostile à toute solution impliquant l'injection de fonds supplémentaires de la part de la zone euro.
"Le FMI va participer" aux "efforts" de la zone euro, a toutefois promis jeudi sa directrice générale Christine Lagarde en arrivant à Bruxelles.

Un nouveau sommet pour tenter de sauver l'euro s'est ouvert jeudi soir à Bruxelles dans un climat de divisions, les Européens se déchirant sur la nécessité d'un changement de traité. Les vingt-sept chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union européenne se sont retrouvés peu avant 20h00 (19h00 GMT) pour tenter de se mettre d'accord sur la réponse immédiate à la crise et sur la discipline budgétaire que veulent à tout prix accroître Berlin et Paris, en l'inscrivant dans le marbre d'un traité modifié.
La pression est énorme sur les épaules des Européens, qui depuis deux ans ne parviennent pas à trouver une réponse convaincante. L'objectif du sommet est à la fois de refonder l'Union monétaire et de trouver des solutions d'urgence.
 
"Jamais l'Europe n'a été aussi nécessaire, jamais elle n'a été aussi en danger....
commentaires (5)

Robert, l'explosion de l'euro n'est pas pour l'immédiat, ( elle pourrait pourtant l'être ), mais elle est bien visible à courte échéance. Anastase Tsiris

Anastase Tsiris

11 h 21, le 08 décembre 2011

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Commentaires (5)

  • Robert, l'explosion de l'euro n'est pas pour l'immédiat, ( elle pourrait pourtant l'être ), mais elle est bien visible à courte échéance. Anastase Tsiris

    Anastase Tsiris

    11 h 21, le 08 décembre 2011

  • Entièrement d'accord avec Jean Leonetti sur les agences de notation, mais il est lui-même agaçant aussi en attisant les braises avec ses commentaires alarmistes qui font valser les marchés. La situation est certes préoccupante, mais on aboutira tôt ou tard à un accord. Patience.

    Robert Malek

    06 h 27, le 08 décembre 2011

  • Un accord entre les 17 pays de la zone euro au lieu de 27 pays actuels cela marque dejà un début de drame pour refonder le pacte européen sur les bases d'une nouvelle discipline budgétaire renforcée. Antoine Sabbagha

    Sabbagha Antoine

    04 h 10, le 08 décembre 2011

  • - - Vivement le retour du Franc avec son merveilleux Pascal .

    JABBOUR André

    03 h 46, le 08 décembre 2011

  • La valeur surélevé de l'euro est le principal facteur qui a joué négativement sur toutes les économies des pays du Sud Européen. Sa dévaluation sous le seuil de un euro = un dollar, comme il était pour plusieurs années durant, est nécessaire pour l'assainissement des économies de ces pays. L'Allemagne y met son véto, car une telle dévaluation, salutaire pour les autres, se manifesterait en une grande inflation chez elle. Et, bien sûr, les intérêts Allemands prévalent sur tous les autres pays de l'Europe. C'était militairement avec Hitler, c'est économiquement avec Merkel. Anastase Tsiris

    Anastase Tsiris

    03 h 45, le 08 décembre 2011

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