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À La Une - Révolte

"Damas ne se sent pas concerné par l'ultimatum arabe", affirme al-Manar

La Syrie a encore quelques heures pour répondre à la Ligue arabe.

Un barrage de l'armée syrienne à l'entrée de Homs. Anwar Amro/

L'ultimatum posé par la Ligue arabe à la Syrie a expiré vendredi mais le gouvernement de Bachar al-Assad a jusqu'à la fin de la journée pour accepter des observateurs sur son territoire, sous peine de sanctions économiques.

L'organisation panarabe demande à Damas de signer un protocole permettant l'envoi d'une mission exploratoire comprenant des militaires et des spécialistes des droits de l'homme.

La Syrie a "demandé de nouveaux éclaircissements", a dit une source arabe. Citant un responsable syrien sous couvert d'anonymat, la chaîne de télévision al-Manar a toutefois rapporté vendredi que "Damas ne se sent pas concerné par l'ultimatum de la Ligue arabe".

 

En l'absence de réponse positive, les ministres des Affaires étrangères de la Ligue arabe se réuniront samedi au Caire pour décider de l'attitude à adopter. Les sanctions envisagées sont l'arrêt des échanges commerciaux, des transactions avec la banque centrale syrienne et de toutes les transactions financières, le gel des avoirs gouvernementaux ou la suspension des vols commerciaux. L'organisation exclut toutefois d'arrêter le commerce "de matières premières stratégiques pour ne pas toucher le peuple syrien".

Les menaces de la Ligue arabe, qui demande l'implication de l'Onu, font suite à la proposition française de créer des "corridors humanitaires" en Syrie.

 

"Dimanche, en fonction des développements, il est à nouveau possible que les ministres des Affaires étrangères de la Ligue arabe se réunissent", a déclaré le ministre turc des Affaires étrangères, Ahmet Davutoglu, lors d'une conférence de presse conjointe à Istanbul avec son homologue italien Giulio Terzi. "Dans ce cas, je participerai aussi à la réunion", a-t-il ajouté.

M. Davutoglu, dont le pays a réclamé le départ du président syrien Bachar al-Assad, avait indiqué plus tôt vendredi qu'il aurait des discussions avec l'Union européenne, l'OTAN et les membres du Conseil de sécurité de l'ONU en cas d'échec de la Syrie à cesser les violences. Cependant, le vice-Premier ministre turc, Bülent Arinç, s’est opposé jeudi à toute intervention étrangère en Syrie et à "toute opération qui impliquerait la Turquie contre ce pays".

 

Longtemps réticents à toute internationalisation de la question syrienne, les ministres arabes des Affaires étrangères ont décidé jeudi d'appeler l'ONU à "prendre les mesures nécessaires pour appuyer les efforts de la Ligue arabe pour résoudre la crise en Syrie".

Le colonel Riad el-Assaad, chef de l'Armée syrienne libre (ASL) qui regroupe des militaires dissidents, a également réclamé jeudi un soutien international et s'est prononcé en faveur de frappes aériennes étrangères contre "certaines cibles stratégiques".

 

Toutefois, Moscou s'oppose toujours à toute pression à l'égard de la Syrie, a déclaré vendredi le ministère russe des Affaires étrangères. "A ce stade, nous avons besoin non pas de résolutions, de sanctions ou de pressions, mais d'un dialogue inter-syrien", a déclaré le porte-parole du ministère, Alexandre Loukachevitch, dans des propos retransmis par la télévision russe.

"L'ingérence par la force dans les affaires syriennes est totalement inacceptable pour la Russie. Les questions de droits de l'homme ne doivent pas servir de prétexte à une telle intervention", a également souligné M. Loukachevitch.

 

 

Manifestations en soutien à l’Armée libre

 

Sur le terrain, des milliers de Syriens à travers le pays ont répondu à l’appel des militants à manifester en soutien à l'Armée syrienne libre, formée de soldats ayant déserté l'armée régulière pour protester contre la répression sanglante du mouvement de contestation anti-régime. Sur leur page Facebook "La révolution syrienne contre Bachar el-Assad", les militants pro-démocratie ont appelé à manifester en "ce vendredi pour que l'Armée libre protège ma révolution pacifique". Six civils ont été tués dans les manifestations, dont trois à Homs et un adolescent de 16 ans dans la région de Damas.

 

Jeudi, onze membres des forces gouvernementales et 15 soldats insoumis ont été tués dans des affrontements dans la province de Homs dans le centre de la Syrie, alors que les accrochages se multiplient ces dernières semaines entre déserteurs et armée régulière. Cinq autres militaires ont été tués dans une embuscade à Hama, plus au nord.

En outre, sept pilotes de l'armée de l'air ont été tués dans une attaque menée contre leur bus près de Palmyre, selon un opposant de Homs. L'attaque a été revendiquée par l'ASL dans un communiqué.

"Un groupe terroriste armé a mis en oeuvre un projet d'assassinat diabolique qui a tué six pilotes, un technicien et trois autres membres du personnel d'une base aérienne située entre Homs et Palmyre (centre)", a dit un porte-parole de l'armée à la télévision officielle. "Cela confirme l'implication d'éléments étrangers et leur soutien à ces opérations terroristes, dans une tentative d'affaiblir les capacités de combat de nos forces", a-t-il ajouté.

 

L'Observatoire syrien des droits de l'homme rapporte, de son côté, que 47 personnes ont été tuées jeudi, dont 16 soldats et 17 déserteurs.

 

Depuis le déclenchement des manifestations anti-régime en mars, la répression a fait plus de 3.500 morts selon l'ONU, un nombre inconnu mais certainement immense de blessés, sans compter des dizaines de milliers d'arrestations.

 

 

L’ONU préoccupée par la torture d’enfants

 

Vendredi, le Comité de l'ONU contre la torture a dénoncé dans un communiqué des "violations des droits de l'homme flagrantes (...) en Syrie, qui auraient eu lieu dans un contexte d'impunité, selon des sources fiables du système onusien en lien avec les droits de l'homme".

 

Le "Comité a examiné de nombreux rapports cohérents et justifiés faisant état de violations systématiques des droits dans le pays", a déclaré Claudio Grossman, qui dirige le panel des 10 experts du Comité.

Il s'est dit en particulier "préoccupé par des rapports faisant référence à des enfants qui ont subi la torture et des mutilations lors de détentions", ainsi que par des "exécutions extrajudiciaires, sommaires et arbitraires".

Le Comité demande au gouvernement syrien de présenter un rapport le 9 mars 2012 sur les mesures prises pour s'assurer que la Convention contre la torture est respectée.

 

L'ultimatum posé par la Ligue arabe à la Syrie a expiré vendredi mais le gouvernement de Bachar al-Assad a jusqu'à la fin de la journée pour accepter des observateurs sur son territoire, sous peine de sanctions économiques.
L'organisation panarabe demande à Damas de signer un protocole permettant l'envoi d'une mission exploratoire comprenant des militaires et des spécialistes des droits de l'homme.
La Syrie a "demandé de nouveaux éclaircissements", a dit une source arabe. Citant un responsable syrien sous couvert d'anonymat, la chaîne de télévision al-Manar a toutefois rapporté vendredi que "Damas ne se sent pas concerné par l'ultimatum de la Ligue arabe".
 
En l'absence de réponse positive, les ministres des Affaires étrangères de la Ligue arabe se réuniront samedi au Caire pour décider de l'attitude à adopter. Les...
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