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À La Une - Egypte

Ganzouri, un ancien de l'ère Moubarak, désigné nouveau Premier ministre

Le grand imam d'Al-Azhar soutient les manifestants de Tahrir.

 

Les manifestants égyptiens prient sur la place Tahrir, aujourd'hui vendredi 25 novembre. Mahmud Hams/AFP

Kamal el-Ganzouri, un ancien chef du gouvernement égyptien, a été désigné comme nouveau Premier ministre par l'armée au pouvoir, a indiqué vendredi la télévision d'Etat.

M. Ganzouri, 78 ans, a été de 1996 à 1999 Premier ministre sous Hosni Moubarak, chassé le 11 février par une révolte populaire. Il remplace Essam Charaf, qui a démissionné en raison de la grave crise que traverse l'Egypte actuellement.

 

M. Charaf a remis la démission de son gouvernement en raison de la grave crise que traverse le pays, avec 41 personnes tuées, selon des chiffres officiels, au cours des derniers jours dans des affrontements entre forces de l'ordre et manifestants réclamant le départ immédiat de l'armée du pouvoir. L'Egypte doit connaître à partir de lundi ses premières élections législatives depuis la chute de Hosni Moubarak.

 

La possible désignation de cet ancien fidèle de M. Moubarak, évoquée par la télévision d’Etat jeudi soir, avait été accueillie jeudi soir par des moqueries par les militants de la place Tahrir. "Je pense qu'il était populaire à son époque. Mais il n'est plus de notre temps", raillait Abdallah Ahmad, un étudiant de 22 ans. Sur leur page Facebook, plusieurs mouvements pro-démocratie ont proposé une liste de noms pour la constitution d'un gouvernement de salut national. Ils font notamment mention de Mohamed ElBaradei, ancien chef de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) qui vise la présidence, ainsi qu'Amr Moussa, ancien chef de la Ligue arabe et lui aussi potentiel président.

 


 

Kamal el-Ganzouri et le maréchal Tantaoui, lors d'un

entretien, hier au Caire. Mena/Reuters

 

 

M. Ganzouri s'était démarqué du président déchu après le soulèvement populaire du début de l'année lors d'une interview, après avoir été absent pendant 11 ans des médias. A la suite de cet entretien, plusieurs groupes présents sur Facebook l’avaient soutenu comme candidat pour la présidence de la République.

Avant d'être à la tête du gouvernement sous M. Moubarak, il avait occupé le poste de ministre du Plan, où il a notamment oeuvré pour une amélioration des relations entre son pays et la Banque mondiale et le Fonds monétaire international. Diplômé de la faculté d'agriculture de l'université du Caire et titulaire d'un doctorat en économie de l'université américaine du Michigan, il a occupé plusieurs autres postes importants durant sa présidence.

 

Cette nomination intervient alors que des milliers d'Egyptiens étaient rassemblés, aujourd’hui vendredi sur la place Tahrir au Caire, pour une manifestation réclamant une fois de plus le départ immédiat du pouvoir militaire.

 

Des manifestants qui bénéficient du soutien du grand imam d'Al-Azhar, principale institution musulmane d'Egypte, a affirmé son représentant présent sur cette place du centre du Caire. "Le grand imam vous soutient et prie pour votre victoire", a déclaré Hassan Chafie, qui s'adressait à la foule qui occupe Tahrir. C'est la première fois depuis de nombreuses années que l'imam d'Al-Azhar, désigné au poste par le président de la République, adopte une position opposée à celle du pouvoir.

 

Face aux manifestants à Tahrir, des milliers de partisans de l'armée, étaient rassemblés dans le quartier d'Abbassiya au Caire, à quelques kilomètres à peine de la place.

 

Après une semaine d'occupation de la place Tahrir par des dizaines de milliers de manifestants, le quotidien gouvernemental Al-Ahram titrait en une "Le vendredi de la dernière chance... la stabilité ou le chaos". A trois jours des législatives, un autre quotidien gouvernemental, Al-Akhbar, affirmait qu'il s'agissait du "vendredi du tournant".

 

Outre le retour à une gouvernance civile, les manifestants ont également placé ce vendredi sous le slogan "le droit des martyrs", pour exiger la poursuite des responsables de la mort de 41 personnes décédées lors des heurts en marge des rassemblements à travers le pays, dont 36 au Caire.

 

 

Au lendemain de l'accord jeudi entre manifestants et forces de l'ordre pour faire cesser les violences à Tahrir, le calme régnait vendredi matin sur la place. La police a muré la rue Mohamed Mahmoud, menant au ministère de l'Intérieur et théâtre des heurts les plus violents, a constaté un journaliste de l'AFP.

Des affrontements ont été signalés au cours des derniers jours notamment dans les villes de Port-Saïd (nord), Suez, Qena (centre), Assiout, Assouan (sud) et à Marsa Matrouh (ouest).

 

L'armée a écarté l'hypothèse d'un départ immédiat du pouvoir, des hauts responsables militaires assurant que cela reviendrait à "trahir le peuple". "Le peuple nous a confié une mission et si nous y renonçons maintenant cela voudrait dire que nous trahissons le peuple", a déclaré jeudi le général Moukhtar el-Moullah. L'armée a annoncé mardi une présidentielle avant la fin juin 2012, par laquelle elle doit remettre le pouvoir exécutif à un chef d'Etat élu. Les militaires ont également confirmé que les élections législatives se tiendraient bien à partir de lundi, malgré les craintes qu'elles ne soient affectées par la crise actuelle, la plus grave à laquelle l'armée fait face depuis février.

 

 

Par ailleurs, Reporters sans frontières a déconseillé aux médias internationaux d'envoyer en Egypte des femmes journalistes, après une série d'agressions sexuelles. Une journaliste de la chaîne France 3 a déclaré avoir été violemment frappée et victime d'une agression sexuelle de la part d'hommes en civil jeudi au Caire, après qu'une journaliste égypto-américaine a fait état de violences sexuelles de la part de policiers.

 

Dans le même temps, la Maison Blanche a exhorté à un retour rapide à une gouvernance civile en Egypte, où de violents affrontements entre manifestants et forces de l'ordre ont fait 41 morts au cours des derniers jours. "Nous croyons, et cela est très important, que le transfert complet de pouvoir à un gouvernement civil doit avoir lieu de manière juste et sans exclusive, qui réponde aux aspirations légitimes du peuple égyptien, dès que possible", a indiqué Jay Carney, porte-parole de la Maison Blanche, dans un communiqué.

 

 

Kamal el-Ganzouri, un ancien chef du gouvernement égyptien, a été désigné comme nouveau Premier ministre par l'armée au pouvoir, a indiqué vendredi la télévision d'Etat.
M. Ganzouri, 78 ans, a été de 1996 à 1999 Premier ministre sous Hosni Moubarak, chassé le 11 février par une révolte populaire. Il remplace Essam Charaf, qui a démissionné en raison de la grave crise que traverse l'Egypte actuellement.
 
M. Charaf a remis la démission de son gouvernement en raison de la grave crise que traverse le pays, avec 41 personnes tuées, selon des chiffres officiels, au cours des derniers jours dans des affrontements entre forces de l'ordre et manifestants réclamant le départ immédiat de l'armée du pouvoir. L'Egypte doit connaître à partir de lundi ses premières élections législatives depuis la chute de Hosni...
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