Hamadi Jebali, numéro deux du parti islamiste tunisien Ennahda, au centre du nouvelle polémique en Tunisie pour ses propos sur le califat. Salah Habibi/AFP
Nouvelle polémique, en Tunisie, autour du parti islamiste Ennahda, vainqueur des élections constituantes du 23 octobre dernier.
A l’origine de cette polémique, une vidéo, diffusée sur internet, dans laquelle l’on voit le secrétaire général du parti islamiste, Hamadi Jebali, potentiel futur Premier ministre tunisien, dire à ses partisans, lors d’un meeting dimanche dernier à Sousse (sud-est) : "Nous nous trouvons dans le sixième califat, si Dieu le veut!"
Ennahda avait rassuré jusqu'à présent les Tunisiens en affirmant qu'il n'imposerait pas à la société des règles islamiques pures et dures et respecterait l'égalité hommes-femmes, mais ces déclarations de Jebali laissent penser à certains, dans le camp laïque, que ce parti cache son jeu. Une situation qui complique un peu plus encore les laborieuses tractations en cours pour former l'exécutif.
Ettakatol, l'un des deux partis de gauche impliqué dans les tractations avec Ennahda, a "suspendu" sa participation aux discussions, a indiqué à l'AFP son porte-parole, Mohammed Bennour. "Nous nous sommes retirés suite aux déclarations de M. Jebali sur le califat. Ce n'est pas une rupture, mais nous avons voulu adresser un message et attendons des clarifications", a-t-il déclaré.
Le califat a été institué à la mort de Mahomet pour le remplacer à la tête de l'État musulman. Le terme, connoté car souvent utilisé par les islamistes radicaux, désigne dans son acception actuelle un mode de gouvernance basé sur la charia. Le cinquième et dernier califat, le califat ottoman, a été aboli en 1924 par Mustafa Kemal Ataturk.
M. Jebali a déclaré mercredi que la phrase avait été sortie de son contexte. "Pour que cette question ne soit pas instrumentalisée à des fins politiques étriquées, je tiens à lever toute équivoque. Ennahda a opté pour un régime républicain démocratique qui s'appuie sur la seule légitimité du peuple", a-t-il dit dans un communiqué cité par la TAP. " Jebali voulait parler de bonne gouvernance et de rupture avec la corruption(...)et non pas de l'établissement d'un régime islamique", avait déjà assuré, la veille, à Reuters Faouzi Kamoun, directeur du cabinet de Jebali.
"M. Jebali a commis une erreur en utilisant le terme de califat", a néanmoins rétorqué Samir Ben Amor, responsable du Congrès pour la République (CPR), le parti arrivé deuxième aux élections et également engagé dans les tractations politiques.
Si le poste de Premier ministre semble acquis à Ennahda, les discussions achoppent, selon la presse tunisienne, sur la présidence de la République, revendiquée par les leaders respectifs d'Ettakatol et du CPR, Mustapha Ben Jaafar et Moncef Marzouki.
Ennahda est dirigé par Rachid Ghannouchi, érudit musulman qui a passé 22 années en exil à Londres. De l'avis des diplomates occidentaux, ses prises de position modérées sont sincères, mais certains, au sein de la base d'Ennahda, aimeraient qu'il suive une voie plus radicale.
A l’origine de cette polémique, une vidéo, diffusée sur internet, dans laquelle l’on voit le secrétaire général du parti islamiste, Hamadi Jebali, potentiel futur Premier ministre tunisien, dire à ses partisans, lors d’un meeting dimanche dernier à Sousse (sud-est) : "Nous nous trouvons dans le sixième califat, si Dieu le veut!"
Ennahda avait rassuré jusqu'à présent les Tunisiens en affirmant qu'il n'imposerait pas à la société des règles islamiques pures et dures et respecterait l'égalité hommes-femmes, mais ces déclarations de Jebali laissent penser à certains, dans le camp laïque, que ce parti cache son jeu. Une situation qui complique un peu plus encore les laborieuses...


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16 h 54, le 16 novembre 2011