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Des vers, des fruits et autres farines

Le ténébron, comme son nom l’indique, vit dans l’obscurité. Cette bête aussi inoffensive que peu sympathique cumule deux vertus : la première est d’intoxiquer ses congénères à distance dès lors qu’elle les sent trop nombreux. Elle le fait par peur de manquer de nourriture, et ce faisant, elle distille le poison dans sa propre gamelle. Son deuxième talent consiste à se transformer en une sorte de cafard à l’âge adulte. Au propre comme au figuré. Le ténébron est, paraît-il, l’avenir de l’homme. Le ténébron n’est autre que le ver de farine évoqué par Lévi Strauss quand, au début des années 2000, la population mondiale stagnait encore à 6 milliards d’habitants. L’anthropologue prévoyait comme conséquence du surpeuplement humain un phénomène du même type. Il avait aussi calculé qu’en se rapprochant du nombre fatidique des 9 milliards (vers 2045), la population mondiale commencerait un processus d’extermination réciproque, tout en ayant déjà largement amorcé l’anéantissement des autres formes de vie.
La région des Grands Lacs, en Afrique, fournit un échantillon des violences provoquées par le surpeuplement et les disputes sur les ressources. Le conflit sanglant du Rwanda en 94 n’était rien d’autre que le réveil du ver de farine humain quand il a senti que ses ressources allaient manquer. À Bourj-Hammoud pareil. L’hostilité des riverains envers les travailleurs kurdes est due au surpeuplement du quartier. Évidemment, s’y ajoutent ces raisons politiques qui légalisent tous les abus. Mais l’on croit volontiers ceux qui les accusent de violences diverses : leurs conditions de vie n’adoucissent pas les mœurs. La promiscuité, on le sait, de même que le nombre sont sources de violence ; tout comme l’est la convoitise des grandes puissances. Les visées de ces dernières sur les territoires lointains où couvent des richesses qui ne leur appartiennent pas, mais sur lesquelles elles tablent pour leurs besoins futurs, justifient qu’elles les empoisonnent à la manière du ténébron. Ces guerres longue distance et longue durée comme en Irak ou en Afghanistan ne sont que des casses à grande échelle où l’humanité montre sa face la plus hideuse. Un jour viendra où l’on n’aura même plus besoin de ces cosmétiques que sont les droits de l’homme et la démocratie pour y aller tout de go : le mensonge de toute façon ne prendra plus. Il est d’ailleurs rassurant que l’on ait encore besoin de ces adjuvants pour expliquer les guerres. Ce sont les derniers signes d’un reste d’humain en l’humanité.
Une amie me suggérait hier – les journalistes portent les paroles qu’ils peuvent – de relever la monstruosité qu’est l’usage des drones en Afghanistan. De ce concept qui donne la chair de poule : un avion sans pilote, sans cerveau, qui bombarde quasiment à l’aveugle tout en obéissant aux ordres ineffables de son programmateur. Mais allez, à la fin de l’histoire, les ténébrons meurent de leur propre poison.
Le ténébron, comme son nom l’indique, vit dans l’obscurité. Cette bête aussi inoffensive que peu sympathique cumule deux vertus : la première est d’intoxiquer ses congénères à distance dès lors qu’elle les sent trop nombreux. Elle le fait par peur de manquer de nourriture, et ce faisant, elle distille le poison dans sa propre gamelle. Son deuxième talent consiste à se transformer en une sorte de cafard à l’âge adulte. Au propre comme au figuré. Le ténébron est, paraît-il, l’avenir de l’homme. Le ténébron n’est autre que le ver de farine évoqué par Lévi Strauss quand, au début des années 2000, la population mondiale stagnait encore à 6 milliards d’habitants. L’anthropologue prévoyait comme conséquence du surpeuplement humain un phénomène du même type. Il avait aussi calculé qu’en se...
commentaires (3)

Beau tableau Fifi pour un Ténébron moderne qui se pose très peu de temps avant ou après le premier Tsunami de Flammes, tout au fond de la plate-forme ,il doit mourir assez tôt pour éviter une deuxième éclosion des oeufs qui signifie une deuxième vague de dragonnets, une fin de ce monde proche pour humanité impardonnable qui se détruit volontairement au nom del'injustice et du surpeuplement . Antoine Sabbagha

Sabbagha Antoine

06 h 52, le 03 novembre 2011

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Commentaires (3)

  • Beau tableau Fifi pour un Ténébron moderne qui se pose très peu de temps avant ou après le premier Tsunami de Flammes, tout au fond de la plate-forme ,il doit mourir assez tôt pour éviter une deuxième éclosion des oeufs qui signifie une deuxième vague de dragonnets, une fin de ce monde proche pour humanité impardonnable qui se détruit volontairement au nom del'injustice et du surpeuplement . Antoine Sabbagha

    Sabbagha Antoine

    06 h 52, le 03 novembre 2011

  • Tres belle reflexion (et comparaison) sur l'avenir de l'homme et du monde (affreux) dans lequel nous vivons...

    Michele Aoun

    06 h 34, le 03 novembre 2011

  • Madame Fifi Abou Dib, ce que vous nous racontez est vieux comme le monde. Tous les envahisseurs, des temps anciens jusqu'aujourd'hui, ont suivi et suivent l'inéluctable destinée qui mènera le monde à sa fin. C'est écrit dans le DNA de l'humanité. L'inévitable auto-destruction. Anastase Tsiris

    Anastase Tsiris

    04 h 07, le 03 novembre 2011

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