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À La Une - Santé

Un composant chimique très répandu lié aux troubles comportementaux des fillettes

Une nouvelle étude à charge contre le bisphénol A

L'Europe et le Canada ont déjà interdit la vente de biberons contenant du bisphénol A. Photo AFP

Les fillettes exposées au bisphénol A lorsqu'elles étaient in utero montrent davantage de troubles comportementaux à l'âge de 3 ans que celles dont la mère avait absorbé un plus faible niveau de ce composant chimique très répandu, selon une étude publiée lundi.

L'anxiété, la dépression et l'hyperactivité se rencontrent plus chez les petites filles dont les mères avaient d'importants taux de bisphénol A dans les urines pendant leur grossesse, indique cette étude dirigée par l'Ecole de santé publique de l'Université Harvard. "Cette tendance est plus prononcée pour les filles, ce qui suggère qu'elles sont plus vulnérables que les garçons à l'exposition au bisphénol A in utero", indique l'étude publiée dans le journal Pediatrics daté de lundi.

 

Le bisphénol A, composant chimique très répandu dans les objets de la vie quotidienne, est présent dans la plupart des bouteilles en plastique rigide, des boîtes de conserve ou des cannettes. Les lunettes, articles de sport, appareils médicaux, revêtements de sol, vernis et peintures, encres d’imprimeries … sont également susceptibles d’en contenir.

 

Ce composant chimique est considéré comme un perturbateur du système hormonal ou perturbateur endocrinien. Selon les experts, le bisphénol A produit trois types d’effets « suspectés » sur la santé humaine, au niveau de la fertilité féminine, des pathologies cardiovasculaires et du diabète.

 

Plus les taux de ce composant chimique étaient forts pendant la grossesse, plus les risques de troubles comportementaux des petites filles sont élevés à l'âge de 3 ans, conclut l'étude, sur la base de questionnaires remplis par les parents sur la conduite de leurs enfants.

Cette corrélation n'a pas été démontrée s'agissant des garçons; l'étude n'a pas mis en lumière non plus un quelconque lien entre la présence de bisphénol A dans les urines des enfants et leur futur comportement. "Aucun des enfants n'avait de comportement cliniquement anormal, mais certains d'entre eux avaient plus de troubles comportementaux que d'autres", a précisé le principal auteur de l'étude, Joe Braun, chercheur en santé environnementale à Harvard.

 

Des bouteilles en plastique certifiées sans bisphénol A (BPA). Photo AFP

 

Cette étude s'appuie sur les données de 244 mères et de leurs enfants jusqu'à l'âge de 3 ans dans la région de Cincinnati, Ohio (Nord des Etats-Unis). Les échantillons d'urines ont été analysés à 16, 26 semaines de grossesse et à la naissance. Les urines des enfants ont été testées à l'âge de 1, 2 et 3 ans. Le bisphénol A a été détecté dans 85% des échantillons des urines des mères et 96% de celles des enfants.

 

Cette étude semble confirmer des enquêtes antérieures suggérant un lien entre l'exposition au bisphénol A pendant la grossesse et le comportement de l'enfant, mais elle est la première à démontrer que la période in utero est le moment critique au cours duquel le bisphénol A peut produire des effets altérants.

 

En raison du faible échantillon, les chercheurs, parmi lesquels figurent aussi des scientifiques de l'hôpital pour enfants de Cincinatti et de l'Université Simon Fraser de Vancouver au Canada, appellent à poursuivre les recherches. "Il y a un débat important sur la toxicité de l'exposition à faibles taux au bisphénol A et les résultats présentés ici méritent de nouvelles recherches", souligne l'étude.

 

En 2010, l'Agence sanitaire européenne pour l'alimentation (EFSA) estimait dans un rapport qu’il n’y avait pas lieu de revoir la dose admissible de bisphénol A autorisée dans l'alimentation. Mais dans un autre rapport sur le bisphénol A publié le 27 septembre dernier, l'Agence française de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) concluait à des effets "avérés chez l'animal et suspectés chez l'homme, même à de faibles niveaux d'exposition" et estimait que l'objectif prioritaire consiste à "réduire les expositions au bisphénol A des populations les plus sensibles", c'est-à-dire les femmes enceintes ou allaitant et les enfants en bas âge.

L’Europe et le Canada ont d’ores et déjà interdit les biberons contenant du bisphénol A. Ce composant chimique sera en outre interdit en France à compter de 2014 dans tous les contenants alimentaires mais dès 2013 s'agissant des produits destinés aux enfants de moins de 3 ans.

 

Le magazine français Le Point rapportait le 1er octobre dernier que, pour éviter d’ingurgiter trop de bisphénol A, les médecins recommandent :

-de ne pas chauffer au micro-onde les aliments dans leur récipient en plastique, mais plutôt de les transférer dans une assiette ou un plat en verre.

-d’utiliser de préférence des récipients en plastique sans bisphénol A. Ces plastiques « plus sûrs », portent généralement les chiffres 2, 4 ou 5 dans le petit triangle de recyclage imprimé.

- Préférer les bouteilles en verre aux canettes.

- Limiter la consommation d'aliments en boîtes de conserve en métal.

 

Les fillettes exposées au bisphénol A lorsqu'elles étaient in utero montrent davantage de troubles comportementaux à l'âge de 3 ans que celles dont la mère avait absorbé un plus faible niveau de ce composant chimique très répandu, selon une étude publiée lundi.
L'anxiété, la dépression et l'hyperactivité se rencontrent plus chez les petites filles dont les mères avaient d'importants taux de bisphénol A dans les urines pendant leur grossesse, indique cette étude dirigée par l'Ecole de santé publique de l'Université Harvard. "Cette tendance est plus prononcée pour les filles, ce qui suggère qu'elles sont plus vulnérables que les garçons à l'exposition au bisphénol A in utero", indique l'étude publiée dans le journal Pediatrics daté de lundi.
 
Le bisphénol A, composant chimique très répandu dans les objets...
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