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À La Une - Liban

Conseil des ministres : le budget vaguement survolé, les incursions syriennes ignorées

Les présidents Sleiman et Mikati au cours du Conseil des ministres d’hier à Baabda. Photo Dalati et Nohra

« Puisqu’ils savent qu’un pareil projet de budget ne passera jamais, pourquoi donc l’ont-ils soumis ? »
C’est avec cette question qui dit tout que le ministre de l’Énergie et de l’Eau, Gebran Bassil, a quitté le palais de Baabda à l’issue de la première séance du Conseil des ministres dédiée au budget, qui n’a pas duré plus de deux heures et demie et s’est limitée à un exposé des motifs de la part du ministre des Finances, Mohammad Safadi.
Ce préambule de 25 pages sur les 1038 du texte comprend les grandes lignes de la loi des finances : le déficit a été estimé à 29,66 %, soit 9 % du PIB, avec des recettes évaluées à 4 816 milliards de livres libanaises et un service de la dette 5 812 milliards de livres libanaises, soit une hausse par rapport à l’an dernier de 36 milliards de livres. Les dépenses les plus importantes vont aux salaires des fonctionnaires, estimés à 6 294 milliards de livres. Selon M. Safadi, la décision de majorer les salaires dans le secteur public vont augmenter ces dépenses de 400 à 500 milliards de livres.
Concernant les recettes, une mention sur la hausse des taxes sur les transactions immobilières était au cœur de l’exposé des motifs, ainsi que la hausse de la TVA de 10 à 12 % et une taxe sur la régularisation des infractions à la loi sur le bâtiment, sans oublier la hausse des taxes sur les épargnes de 5 à 8 %.
La première allusion au financement du Tribunal spécial pour le Liban (TSL) figure à la page 19 de l’exposé des motifs, sous le chapitre « exécution des engagements financiers de l’État à travers le paiement des sommes dues aux secteurs public et privé, ainsi qu’à l’étranger ». Le texte prévoit ainsi l’élaboration d’une nouvelle loi-programme pour assurer la contribution du Liban aux dépenses du TSL à concurrence de 108 milliards de livres réparties sur deux années, avec un paiement de 61 milliards de livres en 2012. Cette somme était initialement prévue dans le projet de budget 2010. Selon des sources ministérielles, aucun débat n’a eu lieu sur ce point : les ministres se sont contentés de quelques observations et autres réserves d’ordre général, notamment de la part des ministres aounistes concernant les taxes sur la consommation, à l’instar de la TVA.
Selon des sources ministérielles, le seul débat a porté sur ces grandes lignes, sans aucun arrêt sur les détails. La volonté de prolonger le débat sine die était évidente au cours de cette première séance, puisque la réunion d’hier a été levée sans qu’aucune date ne soit fixée, en ajoutant à cela la proposition d’organiser des ateliers de travail entre les différents ministères d’une part et le ministère des Finances de l’autre.
Par ailleurs, le ministre du Travail Charbel Nahas a informé ses collègues des positions de la CGTL et des organismes économiques au sujet de la majoration des salaires et de la cherté de vie, sans que rien ne soit changé à la dernière décision du Conseil des ministres concernant la hausse des salaires.
Interrogé par les journalistes à l’issue de la séance sur la nature de ces ateliers de travail et s’ils sont destinés à la rédaction d’un nouveau projet de budget, le ministre de l’Information Walid Daouk a assuré qu’il s’agit juste pour chaque ministre de faire part de ses commentaires et de ses propositions.
Prié de dire si le Conseil a été informé des incursions syriennes à Qaa (lire en page 4), il a répondu par la négative, ajoutant que le cas des kidnappés syriens (les frères Jassem et Chebli Ayssami) n’était pas inscrit à l’ordre du jour.
« Puisqu’ils savent qu’un pareil projet de budget ne passera jamais, pourquoi donc l’ont-ils soumis ? » C’est avec cette question qui dit tout que le ministre de l’Énergie et de l’Eau, Gebran Bassil, a quitté le palais de Baabda à l’issue de la première séance du Conseil des ministres dédiée au budget, qui n’a pas duré plus de deux heures et demie et s’est limitée à un exposé des motifs de la part du ministre des Finances, Mohammad Safadi. Ce préambule de 25 pages sur les 1038 du texte comprend les grandes lignes de la loi des finances : le déficit a été estimé à 29,66 %, soit 9 % du PIB, avec des recettes évaluées à 4 816 milliards de livres libanaises et un service de la dette 5 812 milliards de livres libanaises, soit une hausse par rapport à l’an dernier de 36 milliards de livres. Les...
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