Une photo d’archives du grand mufti de Syrie (à droite) menant la prière du Fitr dans une mosquée de Damas à côté du président syrien. Sana/
Le grand mufti de Syrie, cheikh Ahmad Badreddine Hassoun, la plus haute autorité religieuse du pays, a menacé l'Europe, les Etats-Unis et Israël d'attentats suicide si la Syrie était attaquée. "Dès le premier obus tiré, les fils de la Syrie et du Liban deviendront des combattants qui mèneront des attentats suicide sur la terre d'Europe, des Etats-Unis et de Palestine", a déclaré le mufti dans un discours dont un enregistrement vidéo est disponible sur YouTube. "Je dis à l'Europe et aux Etats-Unis, nous allons préparer des fedayin (combattants) si vous pilonnez la Syrie, car désormais c'est oeil pour oeil et dent pour dent", a prévenu le dignitaire religieux. "N'approchez pas de nos pays, je vous en prie, car nos pays sont des terres de lumière", a-t-il ajouté à l'adresse des puissances occidentales.
Le 2 octobre, le fils du grand mufti, Saria Hassoune, avait été tué "par les tirs d'un groupe terroriste armé" sur la voiture dans laquelle il circulait, selon l'agence officielle Sana. Un professeur d'histoire qui se trouvait à bord avait également trouvé la mort.Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), le fils du grand mufti a succombé après avoir été blessé lors d'une tentative d'assassinat de la part d'inconnus au nord de la ville de Saraqeb.
L’agence Fars rapportait la semaine dernière que le président syrien Bachar al-Assad aurait affirmé qu’il demanderait au Hezbollah de lancer tous ses missiles contre Israël si son pays est attaqué. Citant une source arabe sous couvert d’anonymat, l’agence iranienne affirmait que le président syrien avait fait cette déclaration lors d’une rencontre avec le ministre turc des Affaires étrangères, Ahmet Davutoglu, en août dernier. M. Assad aurait dit qu’il est capable de faire tomber tous les régimes de la région "en moins de six heures". "Le Moyen-Orient brûlera en entier en moins de six heures après le lancement du premier missile sur Damas", aurait déclaré M. Assad. "Le Hezbollah lancera tous ses missiles contre les plus grandes villes israéliennes durant les premières trois heures et l’Iran attaquera les navires de guerre américains dans le Golfe persique pendant les trois heures qui suivront".
Toujours selon la source anonyme citée par Fars, M. Assad aurait tenu ces propos après que M. Davutoglu l'ait averti que Damas pourrait être la cible d’une campagne internationale similaire à celle qui a été lancée par l’OTAN contre le régime de Mouammar Kadhafi en Libye.
Parallèlement, à Damas, la conseillère politique du président Assad, Bouthaina Chaabane, a mis en garde la Turquie contre toute tentative "d’enflammer" le pays, où plus de 2.900 personnes ont été tuées depuis la mi-mars, selon l'ONU. "Nous avions les meilleures relations avec Ankara, a-t-elle déclaré à Kuala Lumpur où elle effectue une visite. Nous avions espéré que la Turquie soutienne la marche vers le pluralisme et la démocratie en Syrie au lieu de prendre des positions qui enflamment la situation dans le pays". Mme Chaabane a également accusé "certains pays" de fournir des aides financière et militaire à des groupes armés en Syrie afin d’y semer la discorde et la violence confessionnelle. "Leur objectif est de faire de la Syrie un pays divisé", a-t-elle accusé.
Par ailleurs, sur le plan diplomatique, l'Union européenne (UE) a salué lundi la création du Conseil national syrien (CNS) regroupant la majorité des courants de l'opposition. L'UE, qui s'apprête à renforcer les sanctions contre le régime, "salue les efforts de la population syrienne pour établir une plateforme (de l'opposition) unie et appelle la communauté internationale à faire de même. La création du CNS constitue un pas positif", affirme un projet de document qui doit être approuvé par les ministres européens des Affaires étrangères. Les Européens se félicitent notamment de l'engagement du CNS à défendre la non-violence et les "valeurs démocratiques", et réaffirment la nécessité pour le président Assad de quitter le pouvoir "pour permettre la transition".
Pour leur part, des membres du CNS s'activent pour s'assurer du soutien des pays arabes et développer les contacts sur le plan international. Environ 90 représentants de plusieurs groupes d'opposition, dont des membres du CNS, se sont réunis près de Stockholm samedi et dimanche sous les auspices du Centre international Olof Palme. Les participants ont réclamé unanimement des observateurs internationaux en Syrie mais se sont généralement prononcés contre une intervention militaire étrangère. Une conférence de presse avait également lieu à Paris.
Lancé officiellement le 2 octobre à Istanbul, le CNS réunit pour la première fois la majeure partie des courants politiques, comptant notamment dans ses rangs les Comités locaux de coordination (LCC) qui chapeautent les manifestations sur le terrain, les libéraux, la confrérie des Frères musulmans interdite de longue date en Syrie, ainsi que des partis kurdes et assyriens.
Le représentant du Kremlin pour les crises dans le monde arabe, Mikhaïl Marguelov, a reçu de son côté lundi une délégation présentée comme étant une branche "modérée" de l'opposition. La délégation, que d'autres opposants syriens accusent d'être des proches du régime d'Assad, est conduite par un chef du parti communiste syrien, Qadri Jamil. "Nous sommes prêts à organiser une table ronde pour que les représentants de l'opposition et du pouvoir puissent se mettre d'accord, à Moscou ou ailleurs", a déclaré M. Marguelov, dont le pays est un allié de longue date de Damas. Moscou devrait accueillir une délégation du CNS en octobre.
La Russie s'est par ailleurs dite prête à proposer au Conseil de sécurité de l'ONU, avec la Chine, un projet de résolution plus "équilibré" que celui sur lequel Moscou et Pékin ont mis leur veto la semaine dernière. "Nous proposons d'adopter une résolution équilibrée qui condamnera les violences des deux côtés", celles du régime et celles de l'opposition, a déclaré le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, dans une interview à l'hebdomadaire Profil. "Dans le même temps, il faut que nous demandions à Assad de poursuivre les réformes qu'il a déjà engagées", a-t-il ajouté.
Sur le terrain, les violences ont encore fait 31 morts dimanche, quatorze civils et 17 soldats et membres des forces de sécurité, selon l'OSDH. "Un climat de guerre s'est établi dimanche à Homs (centre) où des explosions étaient entendues de toute part au milieu des tirs de mitrailleuses lourdes. Beaucoup de maisons ont été détruites. Neuf personnes ont été tuées et des dizaines blessées", ont affirmé les LCC, en précisant que "les agents de la Sécurité et les milices pro-régime ont empêché les ambulances d'évacuer les blessés". Les LCC ont accusé le régime d'avoir "attaqué la région de Homs dans une nouvelle tentative désespérée de plier ses habitants libres et d'éteindre la révolution".
"Le régime a choisi une voie coûteuse. Son message, je te gouverne ou je te tue, aura des conséquences dangereuses", a affirmé à l'AFP un avocat syrien des droits de l'Homme, sous couvert de l'anonymat. "Le peuple a fait sa révolution. Il lui faut appliquer maintenant le volet politique, qui est la chute du régime. Celle-ci est certaine", a-t-il ajouté.
En Turquie où il s'est réfugié, un colonel déserteur de l'armée syrienne, Riad al Asaad, a, pour sa part, demandé une "aide militaire" pour renverser le régime : "si la communauté internationale nous aide, alors nous pourrons y arriver, mais il est certain que la lutte sera plus difficile sans armes", a-t-il dit au journal anglophone Hurriyet Daily News.
Le 2 octobre, le...


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine
Le jour où nous aurons le courage de faire taire certaines bouches qui se permettent de parler en notre non s'octroyant le droit d’être nos mandataires, le jour où la résistance du Hezbollah qui se veut libanaise recevra ses ordres de notre gouvernement de lancer ses fusées sur Israël, seulement à ce moment-là nous deviendrons un Etat dans le plein sens du mot.
02 h 37, le 11 octobre 2011