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À La Une - Libye

Les habitants de Syrte condamnés à "mourir pour Kadhafi" ?

Le géant pétrolier italien ENI redémarre sa production de pétrole dans le pays.

Devant Syrte, le portrait de Mouammar Kadhafi est la cible parfaite pour les combattants qui s'exercent à tirer.  Aris MESSINIS/

Lundi, les forces du Conseil national de transition (CNT) resserraient l'étau autour de Syrte, ville d'origine de l'ex-dirigeant déchu Mouammar Kadhafi, alors que l'OTAN poursuivait ses bombardements sur cette ville située à 360 kilomètres à l'est de Tripoli. La coalition a indiqué lundi que ses avions avaient bombardé la veille un centre de commandement et de contrôle, des dépôts de munitions, un radar et des lance-roquettes dans la ville.

Sur le front ouest, aucun combat n'a eu lieu lundi matin, selon les commandants sur place tandis qu'à l'est, des accrochages se sont produits dans la matinée lorsque un convoi de 150 combattants pro-CNT est entré dans la cité.
Sur le front de Bani Walid (170 km au sud-est de Tripoli), les combattants positionnés à l'entrée de la ville subissaient toujours les tirs de roquettes lancés depuis l'intérieur par les forces pro-Kadhafi. "On en a marre d'attendre, on sait qu'on peut prendre Bani Walid": comme Ramadan Khaled, les combattants du nouveau pouvoir libyen veulent lancer l'assaut sur le bastion pro-Kadhafi. "On est là depuis 20 jours, on veut entrer dans Bani Walid, comme les autres combattants qui sont en train de prendre Syrte", expliquait dimanche cet homme de 32 ans, réfugié derrière un mur de brique.

 

 

Une situation humanitaire critique

 

Les civils fuyant cette ville de 70.000 habitants évoquent les conditions de vie difficile pour ceux restés sur place. "La situation dans Syrte est très critique", assure Miftah Mohammed, un négociant en poisson fuyant la ville avec 60 personnes -membres de sa famille, proches et voisins- dans un convoi de sept voitures. "Il n'y pas de nourriture, d'eau, de pétrole, ni d'électricité. Les enfants n'ont plus de lait. Cette situation dure depuis près de deux mois et les hommes de Kadhafi interdisent le départ des habitants", témoigne-t-il. Selon lui, "des mercenaires africains, notamment du Tchad, sévissent dans le centre ville et sont postés sur les toits interdisant aux gens de partir".

Une radio pro-Kadhafi émet à Syrte des messages de propagande pour rallier ce qui reste de loyalistes, selon des habitants. "Vous devez mourir pour Kadhafi, vous devez mourir pour la patrie", indiquent ces messages faisant l'éloge du "grand Guide", en fuite depuis plus d'un mois.

 

 

Vers une fin de mission pour l'ONU?

 

Parallèlement, l'ONU prévoit de mettre un terme à ses opérations d'aide humanitaire d'urgence en Libye fin novembre, a indiqué lundi un haut représentant onusien. La "planification" de l'aide humanitaire "pour le moment est prévue pour les prochaines huit semaines et jusqu'à la fin du mois de novembre", a déclaré le coordonnateur humanitaire de l'ONU en Libye, Panos Moumtzis, lors d'une conférence de presse. "Nous espérons qu'à ce moment le pays entre dans une nouvelle phase", a-t-il ajouté. Il a fait valoir que les autorités libyennes auront désormais besoin d'un appui plus "technique" de l'ONU afin de favoriser le "développement et la construction" du pays à travers notamment un processus de "réformes électorales" et du système judiciaire.
M. Moumtzis a expliqué que c'est le Conseil national de transition (CNT) qui avait indiqué à l'ONU qu'il souhaitait et pouvait se charger des questions humanitaires fin novembre. "Les Libyens pensent qu'ils sont prêts à assurer d'ici fin novembre l'achat de médicaments, de nourriture", a-t-il dit.


Le CNT peine à former un gouvernement

Sur le plan politique, des luttes intestines pour le pouvoir retardent néanmoins la formation d'un gouvernement transitoire annoncé en principe pour cette semaine ont indiqué à l'AFP des hommes politiques à Benghazi. Appelé à gérer la transition en attendant de nouvelles élections et la rédaction d'une nouvelle Constitution, ce gouvernement était initialement attendu le 18 septembre. Reconnu par l'ONU comme représentant du peuple libyen, le CNT a annoncé le 2 septembre qu'il comptait diriger le pays jusqu'à l'élection dans huit mois d'une Assemblée constituante, avant des élections générales un an plus tard.
Par ailleurs, le géant pétrolier italien ENI a annoncé lundi avoir redémarré sa production de pétrole en Libye sur le gisement d'Abu-Attifel, situé à 300 kilomètres au sud de Benghazi. ENI est le premier producteur étranger d'hydrocarbures en Libye, pays dont l'Italie est l'ancienne puissance coloniale.

A l'ONU, le numéro deux du Conseil national de transition, Mahmoud Jibril, a affirmé que l'OTAN continuera ses opérations jusqu'à ce qu'il n'y ait plus de morts parmi les populations civiles. M. Jibril a également formulé, lors d'un briefing en marge d'une réunion du Conseil de sécurité sur la Libye, l'espoir d'une levée complète du gel des avoirs libyens par le Conseil de sécurité. " Le responsable du CNT a également souligné que le nouveau régime libyen ne prenait pas pour cible les Africains en Libye en les accusant de soutenir les forces pro-Kadhafi. Selon lui, des Libyens aussi ont été accusés d'avoir soutenu le régime de Mouammar Kadhafi. "Ce n'est pas quelque chose de dirigé contre les Africains ou toute nationalité en particulier", a-t-il assuré.

 

Lundi, les forces du Conseil national de transition (CNT) resserraient l'étau autour de Syrte, ville d'origine de l'ex-dirigeant déchu Mouammar Kadhafi, alors que l'OTAN poursuivait ses bombardements sur cette ville située à 360 kilomètres à l'est de Tripoli. La coalition a indiqué lundi que ses avions avaient bombardé la veille un centre de commandement et de contrôle, des dépôts de munitions, un radar et des lance-roquettes dans la ville.
Sur le front ouest, aucun combat n'a eu lieu lundi matin, selon les commandants sur place tandis qu'à l'est, des accrochages se sont produits dans la matinée lorsque un convoi de 150 combattants pro-CNT est entré dans la cité.Sur le front de Bani Walid (170 km au sud-est de Tripoli), les combattants positionnés à l'entrée de la ville subissaient toujours les tirs de roquettes lancés...
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