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La véritable superficialité

Paradoxalement, nous devrions savoir gré au patriarche Béchara Raï pour certaines des petites phrases qu’il a lancées lors de sa visite en France et à son retour à Beyrouth. Nous devrions lui savoir gré doublement. D’abord, parce qu’il a conseillé aux journalistes et aux lecteurs de ne pas être « superficiels » dans leur jugement et de percevoir les événements en faisant preuve de « profondeur ». Ensuite, parce qu’il a posé cartes sur table une question d’ordre existentiel – celle du sort des minorités – qui est au centre d’un vaste débat national, plus particulièrement au plan chrétien, depuis des lustres.
Le patriarche maronite a donc raison lorsqu’il souligne qu’il faut éviter d’être « superficiels » et qu’il faut envisager les choses « en profondeur » dans le jugement que nous portons sur les événements ou les propos qui sont tenus. Mais c’est justement parce qu’il ne faut pas être superficiel qu’il est inconcevable de passer sous silence des erreurs de jugement, de graves maladresses qui portent à conséquences, ou des égarements dans des prises de position contraires aux constantes de Bkerké, sous le seul prétexte qu’ « il ne faut pas critiquer » le patriarche maronite. Certes, le patriarche a droit à tout le respect et toute la déférence dus à sa fonction. Mais cela n’abolit nullement pour autant l’esprit critique – respectueux, convient-il d’insister – lorsque le cas se présente.
Or, précisément, les propos tenus par Mgr Raï ces derniers jours sont critiquables tant au niveau de la forme que du fond. Comme le soulignait le Amid du Bloc national Carlos Eddé dans ces mêmes colonnes, il est en effet édifiant qu’un homme de religion, qui, plus est, dirige les destinées d’une Église aussi importante que l’Église maronite, ait évoqué implicitement le problème de la légitimité du régime baassiste ou l’opportunité de sa pérennité sans songer à condamner, sans détour, les innombrables atteintes à la vie et la dignité humaines – qui se chiffrent par dizaines de milliers – dont est victime le peuple syrien quotidiennement et qui n’épargnent ni enfants, ni adolescents, ni jeunes, ni même les vieillards. Certes, à son retour à Beyrouth, et comme pour tenter de résorber le tollé provoqué par ses déclarations, Mgr Raï a dénoncé toute forme de violence. Mais c’était trop tard. Ce qui est incompréhensible, c’est qu’il n’ait pas eu l’élan spontané de le faire, en tant que chef spirituel, dès qu’il a évoqué la situation en Syrie, se contentant de se lancer dans des considérations de realpolitik.
Mgr Raï se plaint en outre que ses propos ont été mal interprétés et placés hors de leur contexte. La justification est classique en pareille circonstance. Mais est-il admissible qu’une personnalité de la trempe du patriarche maronite puisse tenir des propos qui portent à équivoque en abordant des dossiers aussi sensibles, aussi cruciaux que le sort des chrétiens d’Orient ou le devenir des révolutions arabes, ou aussi la nature des rapports entre les composantes sociocommunautaires de la région ? Lorsque de tels problèmes à caractère existentiel sont évoqués par un patriarche, chaque mot doit être savamment pesé, et l’ambiguïté ne saurait être tolérée.
Mais au-delà de ces questions de pure forme – qui ne sont pas sans importance –, c’est le problème de fond posé par Mgr Raï qui mérite une réflexion « profonde ». Sans offense, c’est se montrer véritablement « superficiel » que d’insinuer que le régime baassiste en place pourrait être une garantie pour les chrétiens de Syrie et du Liban, qu’une victoire de la révolution syrienne risquerait de porter préjudice à ces mêmes chrétiens, et qu’il faudrait – ou qu’il aurait fallu dans « le passé », peu importe – donner « une chance » au président Bachar el-Assad. Est-il besoin de rappeler, encore une fois, que ce même régime que l’on présente comme le « protecteur » des chrétiens du Liban et comme « garant des minorités de la région » (pour reprendre l’expression de l’ancien président Émile Lahoud) n’a épargné en trente ans d’existence absolument aucun effort, aucun moyen, aucune méthode pour briser le pouvoir chrétien au Liban et pour phagocyter le pays du Cèdre ? Demain, 14 septembre, le Liban commémore l’assassinat du président martyr Bachir Gemayel. À cette occasion, il serait bon de faire revivre dans notre mémoire la « guerre des cent jours » de 1978, lorsque les quartiers d’Achrafieh ont été bombardés sans pitié pendant près de trois mois par l’armée du régime des Assad. Il serait bon de se rappeler le siège et le bombardement de Zahlé en 1981, et le subit pilonnage aveugle des quartiers résidentiels des régions est un matin d’avril 1981 alors que la population vaquait normalement à ses occupations. Est-il besoin de rappeler cette funeste matinée d’août 2001 lorsque les militants aounistes et des Forces libanaises ont été sauvagement molestés et traînés dans la rue dans le secteur du Palais de Justice par les agents de ce même régime baassiste ? Est-il besoin de rappeler la longue série d’assassinats, d’attentats, de guerres ponctuelles et d’actes d’intimidation de toutes sortes qui, trente ans durant, ont maintenu le pays dans un état d’instabilité chronique ?
C’est en outre faire preuve de superficialité que de prétendre qu’il faudrait, ou même qu’il aurait fallu, donner « une chance » à Bachar el-Assad. Le jeune président syrien n’a-t-il pas eu sa « chance » dès son arrivée au pouvoir en 2000 ? N’a-t-il pas eu sa chance en 2005 à la faveur du congrès du Baas qui devait marquer le point de départ d’un processus de réformes ? N’a-t-il pas eu sa « chance » à la faveur de la politique de la main tendue pratiquée à son égard par le président Nicolas Sarkozy, et même par Saad Hariri ces derniers mois, sans compter le tissage de liens privilégiés initié par la Turquie, l’Arabie saoudite et le Qatar ? Mais ces différentes « chances » offertes au président Assad ont été exploitées par le régime baassiste pour uniquement gagner du temps, pour renforcer ses positions, pour mieux s’abattre sur ses adversaires, pour accroître sa politique de blocage au niveau régional, notamment au Liban. En un mot, pour tirer tout le profit possible de la politique de la main tendue sans jamais rien concéder de substantiel en contrepartie.
Et puisqu’il est question de donner une « chance », pourquoi ne songerait-on pas à l’octroyer plutôt aux factions libérales et démocratiques de la révolution syrienne – qui ne sont pas, semble-t-il, négligeables – afin de les renforcer face aux courants extrémistes, au lieu de miser sur un régime dictatorial, répressif et sanguinaire, qui appartient au passé et dont il est permis de douter de sa pérennité face à la vague du printemps arabe et à la lumière de la situation d’isolement international dans laquelle il s’est placé du fait de ses pratiques staliniennes d’une période à jamais révolue ?
N’est-ce pas faire preuve de superficialité que d’estimer que l’intérêt des chrétiens est de rester attachés à un tel régime honni par son peuple et qui ne peut plus survivre désormais que dans le sang, en pratiquant une politique aveugle et sauvage du « tout répressif » ? N’est-ce pas faire preuve de superficialité que de paraître semer le doute sur ses intentions à l’égard de la communauté sunnite, « soupçonnée » de vouloir « s’allier » aux sunnites de Syrie, au moment même (historique) où cette même communauté, dans son écrasante majorité, a rejoint les chrétiens dans l’option libaniste, sous le slogan « Liban d’abord », et en a payé le prix du sang ? S’il s’agit de percevoir les développements « en profondeur », force est alors de relever que c’est en naviguant dans le sens de l’histoire, c’est en donnant leur « chance » aux forces libérales et démocratiques du printemps arabe, en s’impliquant avec elles, et non pas en s’arrimant désespérément à des régimes mafieux et staliniens, que les chrétiens pourront garantir leur présence active et leur rôle dynamique dans cette partie du monde.
Au terme de près d’un demi-siècle de stagnation politique sur l’échiquier du Moyen-Orient, l’histoire est à nouveau en marche. Le tout est de ne pas se montrer « superficiel » en misant sur le mauvais cheval.
Paradoxalement, nous devrions savoir gré au patriarche Béchara Raï pour certaines des petites phrases qu’il a lancées lors de sa visite en France et à son retour à Beyrouth. Nous devrions lui savoir gré doublement. D’abord, parce qu’il a conseillé aux journalistes et aux lecteurs de ne pas être « superficiels » dans leur jugement et de percevoir les événements en faisant...
commentaires (30)

Pardonnez-leur Monseigneur, ils ne savent pas ce qu'ils font! Leurs intérêts sont SEULEMENT et petitement politiques. Ils sont fondés sur la PEUR ET L'ABSENCE D'AMOUR POUR LE PROCHAIN (points communs avec toutes les droites extrêmes de partout). Sachez que l'amour que vous insufflez dans le cœur de la plupart de vos ouailles directes et indirectes fera tomber les murs de la peur et de l'incompréhension et découvrira la vérité!!

Ali FARHAT

03 h 56, le 16 septembre 2011

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Commentaires (30)

  • Pardonnez-leur Monseigneur, ils ne savent pas ce qu'ils font! Leurs intérêts sont SEULEMENT et petitement politiques. Ils sont fondés sur la PEUR ET L'ABSENCE D'AMOUR POUR LE PROCHAIN (points communs avec toutes les droites extrêmes de partout). Sachez que l'amour que vous insufflez dans le cœur de la plupart de vos ouailles directes et indirectes fera tomber les murs de la peur et de l'incompréhension et découvrira la vérité!!

    Ali FARHAT

    03 h 56, le 16 septembre 2011

  • Cher Alexandre Hage, merci de ta gentillesse. Mais, hélas ! rien n'a changé dans notre pauvre Liban. Les Politiciens continuent de se la balancer tous les jours. Rien n'a changé dans ce forum. Les Internautes continuent d'en faire autant. - On dit que : Constantinople brûlait et les Byzantins se querellaient sur le sexe des anges. - On dira que : Le pauvre Liban se désintégrait et les Libanais se querellaient sur la légitimité des démons de géhenne. - Que ceux qui ont des oreilles pour entendre, le comprennent. Anastase Tsiris

    Anastase Tsiris

    07 h 12, le 14 septembre 2011

  • Madame Malha, Mon amis Tssiri et Mr Georges Daniele, C'est moi qui vous remercie pour vos commentaires car celà me donne l'espoir qu'un jour le vrai visage du Liban, qui ressemble au votre, reviendra tant qu'il y a des gens qui comprennent et pensent comme vous. Il nous faudrait peut être une vraie séparation de l'église, de la mosquet,etc.. de l'état.

    alexandre Hage

    04 h 28, le 14 septembre 2011

  • Cher Docteur Kreiker, Je me rends compte que, sans en avoir l"r", j'ai affublé votre nom d'une lettre " b " qui n'avait là rien à y fai(r)e... Toutes mes excuses... Cordialement, Antoine GED

    Ged Antoine

    17 h 34, le 13 septembre 2011

  • Et je corrige. Monsieur Alexandre Hage ne fait que confirmer ce que dit Madame Malha mais en millénaires. Le fanatisme religieux n'est pas certes pour Madame Malha. Anastase Tsiris

    Anastase Tsiris

    16 h 36, le 13 septembre 2011

  • Ce n'est pas un retour au forum. C'est un grand salut que j'adresse à mon ami Alexandre Hage sur son commentaire réponse à Madame Marie Joe Malha. Tout le monde doit le lire et l'apprécier. Assez de fanatisme religieux, gangrène de ce beau pays qu'est le Liban. Anastase Tsiris

    Anastase Tsiris

    15 h 57, le 13 septembre 2011

  • Cher Docteur Joseph Kreiber, Commentaire très lucide sur les dérives actuelles de la Syrie. Rappel salutaire sur des évènements historiques très récents. Très opportun appel à la retenue et la raison des peuples du monde. Toutes mes félicitations...! Antoine GED

    Antoine GED

    15 h 16, le 13 septembre 2011

  • Monsieur Alexandre Haje. Monsieur Anastase Tsiris et moi-même saluons votre excellent commentaire. Marie José Malha.

    Marie José Malha

    15 h 07, le 13 septembre 2011

  • Barvo M. Alexandre Hage. C'est le Liban qui compte et non notre religion.

    Georges Daniele

    14 h 00, le 13 septembre 2011

  • Lebanon is more than ten thousand year old so what is this 500 years of Christians in Lebanon the lebanese Christians are before Christianity when Jesus went to sidon and tyr Lebanon is the oldest nation that did not change it's name Lebanon is named seventy one times in the bible.Lebanon is the only country that god promise to avenge read habakuk the prophet chap 2 .so why being afraid nothing can destroy Lebanon not the power of darkness not our many neighbor not even the stupidity of some lebanese

    Joseph soussa

    12 h 59, le 13 septembre 2011

  • Merci pour un article tres bien redige. Apres tel propos et explications, il ne reste a Mgr el-Rai que de demissionner.

    Nkoula Nkoula

    09 h 57, le 13 septembre 2011

  • Jamais nous n’oublierons ce douloureux passé avec le Baas syrien et les Assad. Merci de nous le rappeler afin que nul n’oublie ! Ces crimes sont passibles de justice internationale. Il faut créer une cour pénale internationale. Aujourd’hui ce régime continue d’assassiner son peuple à l’intérieur de ses frontières. Je suis partisan du devoir et du droit d’ingérence que vous exercez tous les jours dans les médias pour faire chuter ce régime. En effet rien ne devrait justifier le maintien d’un tel régime. Rien aussi ne devrait empêcher le Patriarche maronite : 1/ de s’inquiéter des éventuels retombées néfastes sur le Liban et sur les différentes communautés religieuses dans la région après la chute du régime. 2/ de s’inquiéter de la mainmise éventuelle des fondamentalistes sur le pays et de ses conséquences. 3/ de prévenir des risques réels de guerre civile. 4/ d’avertir qu’il serait sage que les modalités de changement tiennent compte de ces risques. 5/ de nous mettre en garde quant aux conséquences du véto d’Israël, des Etats-Unis et de certains pays Européens contre le vote aux Nations-Unis pour la reconnaissance de l’Etat palestinien avec toutes ses conséquences sur le statut des réfugiés au Liban. Rappelez-vous l’horreur de l’attentat de Bagdad, dans l'église Notre-Dame-du-Perpétuel-Secours, la cathédrale syriaque catholique. Bilan : 2 prêtres, 44 fidèles tués, 7 membres des forces de l’ordre, 5 assaillants et 60 citoyens blessés. Ce ne sont pas les seules victimes chrétiennes en Irak. L’Irak n’est pas le seul pays où les chrétiens sont persécutés. Rappelez-vous les violents combats entre musulmans et Coptes et les attentats meurtriers contre leurs églises au Caire. Etc. c’était hier. Il est licite de prévenir les acteurs de ce printemps meurtrier d’éviter les vagues destructrices. Ces révoltes sont l’œuvre conjuguées des peuples concernés et des services de renseignement et des armées de l’OTAN. L’armée française a balayée Kadhafi, les Américains ont déboulonné Saddam Hussein. Pas d’illusion. Ils cherchent leurs intérêts ; Cherchons les nôtres avec lucidité. Je suis très touché par la sensibilité et l’affection de l’Occident pour les souffrances qu’endurent les peuples arabes. Je regrette qu’ils n’aient jamais manifesté cette sensibilité quant à nos souffrances durant des décennies. Je pense que le Patriarche Rai ne vit pas sur la planète Mars ; il connait très bien ce passé pour l’avoir vécu ! Il réfléchit l’avenir. Dr Joseph Kreiker

    joseph kreiker

    08 h 11, le 13 septembre 2011

  • Il paraît que certains Libanais se sont choisis récemment un nouveau "pater". Oui, et alors ? Alors ... bon passons ! Et voilà pour l'impact, pour le retentissement Universel et médiatique d'un événement de "haute voltige" qui a pourtant retenu, même brièvement, l'attention de ceux qui avaient eu le cœur Très Peu serré en ce 14 février-là, et qui l’ont à peine aussi actuellement par ces autres cataclysmes qui, tout de même, avaient fait et font maintenant maintes victimes en Syrie ! Ce n'est pourtant pas rien qu'un tel paquet de morts sur "l'échelle" libanaise et syrienne de certaines âmes "moyennes et sensibles". Même s'il ne s'agit-là que de Libanais et Syriens Sains ! D'autant plus que le Liban avait remis le couvert en s'offrant dans la foulée une nouvelle "Epidémie d’attentats et de cadavres" en sus de ceux syriens actuellement. Et à nouveau le monde entier ou presque "éprouve" comme un pincement de commisération. Un pincement seulement mais que peut-on faire, "la roue des horreurs" tourne tellement vite. Et ces temps-ci, elle s'emballe ! Demandez plutôt à "Certains esprits" qui sont littéralement sommés de "déblatérer" toujours tant et plus sur des tenants et aboutissants qui souvent leur échappent et passent par-dessus leurs Têtes ! Ou fournir des "bulles ; Pontifiantes" ! Combien d’attentats, de morts et de victimes ? Mais comment pourrait-on les recenser ? C'est comme pour les "anges", on estime ; ou plutôt : on "Byzantine" !

    KARAMAOUN Antoine-Serge

    07 h 00, le 13 septembre 2011

  • @Marie José Malha Les Chretiens au Liban remontent a beaucoup plus que 500ans :-) Cependant les statistiques d'immigration sont tres claires quant a sort de la communaute. Les autres communautes le savent tres bien aussi. Les belles paroles c'est bien mais les faits sont les faits. Je ne suis pas pessimiste mais realiste. Je ne vois pas une volonte Chretienne de changer de direction. Les politiciens Chretiens ont autre chose a faire il semble...

    Paul Pierce

    06 h 47, le 13 septembre 2011

  • M. Touma, excellent article. mais permettez moi d'ajouter que tous nos hommes politiques et religieux sont superficiels. Des Fouad Chehab, Camille Chamoun, Pierre Gemayel, Kamal Joumblat, Hassan Chamseddine, Moussa Sadr, Cardinal Sfeir etc.... on n'en aura plus. Les libanais ne méritent que des Hassan Nasrallah, Michel Aoun, Emile Lahoud, Nabih Berry et un berger. Carlos Achkar

    carlos achkar

    06 h 13, le 13 septembre 2011

  • Mgr Rai n’aurait certes pas du se livrer a une analyse a voix haute mais il n’est pas dans le faux total quand il affirme qu’il faudrait peut-être donner une chance aux reformes. Je sais qu’on va encore me traiter de cynique mais je vous prie d’ôter vos casquettes 14/8 mars pour lire ces quelques lignes. En tant que libanais, nous devrions être moins naïfs sur les intérêts qui régissent les relations entre états vu notre amère expérience dans ce domaine. Ca arrange finalement bien les puissances occidentales de faire perdre à l’Iran son grand allié régional qu’est la Syrie. Ils sont bien trop rapides à sanctionner la Syrie alors qu’on ne les entend pas trop critiquer d’autre régimes qui se livrent à des exactions comparables à celles du régime syrien. Nos intérêts divergent car le vrai danger pour tout le Liban (et non pour les seuls chrétiens comme le pense sa Béatitude) est justement le chaos qu’entrainerait un vide de pouvoir en Syrie. La révolution syrienne est en effet différente des autres révolutions du printemps arabe. Le grand facteur de réussite de ces révolutions tient au changement d’allégeance (total ou partiel) de l’armée qui est totalement acquise au régime dans le cas syrien. Par conséquent, le régime syrien ne peut sérieusement être déboulonné que par une intervention militaire musclée de l’Occident (impossible a cause du veto sino-russe a l’ONU) ou par l’introduction massive d’armes en Syrie au profit de combattants anti-régime. ->

    Barjis Wali

    06 h 05, le 13 septembre 2011

  • Le Liban est né grâce aux efforts du Patriarche Maronite Hoayek qui en 1919 a pris son bâton de pèlerin pour aller convaincre les occidentaux au congrès de Versailles de de l'exception libanaise...et cela au grand dame de la Syrie et de la plupart des dirigeant arabes de l'époque. L'objet était on ne peut plus "realpolitik" créer un Etat où les chrétiens ne seraient pas totalement noyer dans une masse musulmane (à l'époque principalement sunnite)...ce qui n'était pas sans déplaire aux sunnites libanais qui auraient préféré un rattachement à la Syrie. Il n'est pas "superficiel" d'observer que cette communauté est aujourd'hui fortement impliquée auprès de l'opposition essentiellement sunnite Syrienne...Pourquoi donc serait-il superficiel de poser la question du sort des chrétiens de Syrie en cas de chute du régime...surtout à la lumière du nettoyage ethnique qui s'est produit en Irak ou encore de ces video sur youtube de Salafistes brulant des églises en Egypte. Les chrétiens du Liban se sont maintenus grâce aux montagnes et à notre sens (parfois certes excessif) de "realpolitik" jonglant entre les arabes, les ottomans, les français, les syriens, les iraqien, les israélien...c'est une réalité historique...

    Georges Chebib

    05 h 47, le 13 septembre 2011

  • Merci pour avoir dit haut et fort la VERITE...excellent ,vous avez tout dit ...que DIEU nous donne la SAGESSE afin de discerner le vrai du faux...merci...

    Najm yvette

    05 h 44, le 13 septembre 2011

  • Je dois dire qu'à ce petit rappel des faits écrits d'une façon magistral par Mr Michel Touma, on ne peu pas rester insensible.Merci Mr Touma de ce crie de coeur. Madame Malha, Musulman que je suis, je vous corrige, les chrétiens sont au Liban depuis l'apparition du christianisme donc depuis beaucoup plus que 5 siècles, 2010 ans au moins. J'ajouterai aussi, que l'on soit chrétien musulman sunnnite ou chiite ou druze ça n'a pas d'importance de mon point de vue. on tient tous à la présence et à la sécurité des chrétiens du Liban. Ce ne sont pas les 17 ans de guerre qui vont effacer cette entente libanaise qui dure depuis l'existence du Liban.Ce n'est qu'une parenthèse malheureuse de l'histoire de notre pays. C'est à nous libanais toutes communautés confondues de serrer nos rangs sous notre drapeau afin de donner l'exemple au monde entier sur la tolérence et la convivialité qui nous marquent depuis des siècles. Non en regardant ce qui se passe chez nos voisins et en se retranchant derrière les murs de nos mosquets ou nos églises. Car la religion est personnelle mais le patrie est pour tout le monde.

    alexandre Hage

    05 h 36, le 13 septembre 2011

  • Non Monsieur PAUL PIERCE les chrétiens du Liban ne seront pas perdants quoiqu'il arrive en Syrie ! Les chrétiens du Liban sont là depuis 500 ans et ils y resteront pour longtemps, pour toujours. Pas de pessimisme s.v.p., nous avons besoin de croire en nous, en nos principes, pour faire face à toute injustice envers notre peuple. Vatican ou pas, monseigneur RAI ou pas, avec tous mes respects pour eux, nous nous en sortirons, du moins les chrétiens du Liban, et avec les têtes hautes. Chrétiens du Liban nous sommes là personne ne pourra nous arracher à notre pays le LIBAN. Marie José Malha.

    Marie José Malha

    04 h 18, le 13 septembre 2011

  • Et toutes mes excuses aux lecteurs de " L'Orient-Le Jour " pour le caractère très excessif du premier de mes commentaires qui s'est affiché et dont les termes trop violents ont dépassé ma pensée. Antoine GED

    Ged Antoine

    04 h 05, le 13 septembre 2011

  • Minuit, Saint Eloy-les-Mines, Lundi 12 Septembre 2011 Chers Amis du Liban, Ce soir, je contemple avec effarement les critiques très amères qui pleuvent sur Monseigneur Raï. Ce soir, je me dis à moi-même que le monde est bien injuste qui crie au scandale avec tant d'ingratitude. Ce soir, je me dis que bientôt viendra le jour où les hommes remercieront le Ciel de la divine raison qui dicta à Monseigneur Raï les si sages paroles qu'il prononça depuis la lointaine terre de France. Très fidèlement, Antoine GED

    Ged Antoine

    04 h 00, le 13 septembre 2011

  • Malheureusement, Monseigneur RAI a lié le sort des chrétiens du Liban et de toute la région à une dictature de 40 ans. "Si le président Assad s'en va les chrétiens payeront le prix très cher car il protège les minorités" pas du tout Monseigneur RAI. La chrétienték a 2000 ans et les chrétiens du Liban sont enracines dans leur pays depuis 5oo ans notre religion est une religion de pardon , de justice mais aussi d'honneur et très loin de la lâcheté et de la peur. Nous sommes attachés à nos principes et nous l'avons prouvé tout le long de notre Histoire. Notre sort ne sera pas lié à la présence ou au départ d'une dictature Monseigneur !!!!!!Marie José Malha

    Marie José Malha

    03 h 58, le 13 septembre 2011

  • Merci pour avoir dit haut et fort ce que je pense. Quel dommage... et quelle difference entre la superficialite de Bechara el Raii et la profondeur des propos du cardinal Sfeir

    raymond issa

    02 h 25, le 13 septembre 2011

  • Puisse sa "Béatitude" vous entendre...mais le peut-il?

    jacques Beauchard

    01 h 48, le 13 septembre 2011

  • Il faudra enfin cesser cette campagne de critiques gratuites contre le patriarche . On est superficiel quand on ne se rend pas compte du sort des chrétiens en Egypte ou en Irak après le printemps arabe et ce qui se passera quand l’alliance druze chrétienne alaouite et chiite en Syrie s’ effritera si l’ intégrisme sunnite l’ emportera . Citons les choses par leurs noms et essayons de ne plus tomber dans le piège d ’une nouvelle guerre civile régionale qui se profile à l’ horizon Antoine Sabbagha

    Sabbagha Antoine

    01 h 23, le 13 septembre 2011

  • Les Chretiens Libanais sont perdants quoiqu'il arrive en Syrie. Ile ne croient plus en eux memes. C'est la la source du desespoir. Quant aux Chretiens en Orient en general, la situation est vraiment desesperante avec la montee en puissance d'une interpretation de l'Islam fortement imprimee par el Qaeda. Il faut surtout que les Musulmans moderes aient leur mot a dire et ne laissent pas faire. Sinon c'est une vraie descente au Moyen Age...et pas au sens figure.

    Paul Pierce

    21 h 57, le 12 septembre 2011

  • Bravo Mr. Carlos Edde. Superbe, sont vos propos a l'encontre de notre "PAUVRE" patriarche maronit Bechara Rai, qui doit etre dechu de sa chaise. Ce n'est pas le vatican qui doit choisir ou elire un patriache pour representer les maronite du Liban ou du moyen Orient. Le vatican est trop occupe avec ses affaires commerciales, et ses contrats international. Laissez nous choisir l'homme qui nous convient. B.Fattal USA

    Berge Fattal

    21 h 45, le 12 septembre 2011

  • Excellent ! Nickel !

    KAMAR Halim

    19 h 04, le 12 septembre 2011

  • Minuit, Saint Eloy-les-Mines, Lundi 12 Septembre 2011 Chers Amis du Liban, Ce soir, je contemple avec effarement les critiques immondes qui pleuvent sur Monseigneur Raï. Ce soir, je me dis à moi-même que le monde est bien injuste qui crie au scandale d'une manière à ce point immonde. Ce soir, je me dis que bientôt viendra le jour où les hommes remercieront le Ciel de la divine raison qui dicta à Monseigneur Raï les très sages paroles qu'il prononça depuis la lointaine terre de France. Très fidèlement, Antoine GED

    Ged Antoine

    18 h 37, le 12 septembre 2011

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