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À La Une - Nations Unies

Nawaf Salam à « L’OLJ » : « Rencontre Sleiman-Ban prévue le 22 septembre »

Avec la présidence du Conseil de sécurité qu’il assure en septembre, le Liban se trouve à nouveau catapulté au-devant de la scène internationale.
Fait historique, le Liban présidera pour la première fois le Conseil de sécurité au moment où tous les dirigeants de la planète seront réunis à New York pour l’ouverture de la 66e session de l’Assemblée générale de l’ONU. Celle-ci se déroulera du 20 septembre au 1er octobre sous la présidence de Nasser Abdelaziz al-Nasser, ancien ambassadeur du Qatar auprès des Nations unies. C’est aussi sous cette présidence que le Conseil de sécurité vivra les « grands moments du mois de septembre », dont notamment le débat thématique sur la « diplomatie préventive », qui sera présidé par le président Michel Sleiman, et la question de l’admission de la Palestine en tant qu’État à l’ONU.
Dans une interview accordée à L’Orient-Le Jour à New York, le représentant du Liban auprès de l’organisation internationale, Nawaf Salam – qui doit tenir une conférence de presse ce matin pour annoncer le programme du Conseil pour le mois de septembre –, a exposé les grandes lignes du programme du président Sleiman à New York, du 20 au 23 septembre. Il a indiqué que « le chef de l’État libanais sera parmi les premiers présidents à s’adresser à la tribune de l’Assemblée générale de l’ONU, le 21 septembre au matin ». « Son discours tombe au moment d’une grande audience », a-t-il noté.
Un emploi du temps bien chargé attend donc le chef de l’État. Des rencontres bilatérales sont prévues les 21, 22 et 23 septembre – mais non encore précisées –, dont un entretien, le 22, avec le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon. M. Sleiman présidera ensuite la séance du Conseil de sécurité et prendra part plus tard à la réception organisée par l’ambassadeur Salam à sa résidence « afin de marquer la présidence du Liban au Conseil ». La communauté onusienne et les diplomates accrédités à l’ONU y sont conviés.
Comme il est de coutume, le chef de l’État assistera aussi à la réception donnée par le président américain, Barack Obama, en l’honneur des chefs d’État et de gouvernement ainsi qu’au déjeuner traditionnel donné par Ban Ki-moon au siège des Nations unies. Le président libanais sera accompagné de son épouse et d’une délégation composée notamment des ministres des Affaires étrangères, Adnane Mansour, de l’Environnement, Nazem Khoury, et des Affaires sociales, Waël Bou Faour.
Quels sont « les grands moments » du mois au Conseil ? « Le Liban organise un débat thématique », présidé par M. Sleiman, sur la « diplomatie préventive ». « Trois autres grands débats sur la Somalie, l’Afghanistan et Haïti sont prévus », a poursuivi M. Salam, qui a aussi fait état de sept « briefings » sur la résolution 1737 sur l’Iran, la situation en Sierra Leone, la mission au Liberia, la Libye, le Moyen-Orient et la question palestinienne, ainsi que deux sur le Soudan dont un sur le comité de sanctions. Au programme aussi, neuf consultations sur Chypre, le Soudan après les « briefings » sur le Sierra Leone et la Libye, le Moyen-Orient... une réunion avec les responsables du département des Affaires politiques de l’ONU (DPA) portant sur les affaires courantes du mois, telles que le Yémen, la Syrie ou le Népal. « Outre l’adoption de résolutions sur le Sierra Leone, le Liberia, la Somalie, la Côte d’Ivoire et sur le renouvellement des tribunaux du Rwanda, il pourrait y avoir une résolution sur la situation de l’après-conflit en Libye et deux réunions avec les pays contributeurs de troupes à la mission de maintien de la paix », a-t-il souligné.
Quels sont les mobiles de l’initiative libanaise concernant la « diplomatie préventive » ? « Si l’on veut évaluer le travail de l’organisation, on est immédiatement frappé par deux grandes questions, à savoir que le Conseil de sécurité finit plus par gérer que par résoudre des conflits et pratique la “diplomatie préventive”. » Jugeant nécessaire « un rééquilibrage du travail de l’organisation en ce sens-là, il a expliqué qu’en prévenant les conflits, l’ONU essaie d’empêcher que les disputes ne dégénèrent et ne s’étendent ». « Nous essayons de donner un “push” dans ce sens-là, donc d’aider à rééquilibrer le travail de l’organisation, ce qui est en ligne avec ce que le Liban a toujours prôné en appelant à s’attaquer aux causes profondes des conflits. C’est aussi le meilleur moyen de réduire leur nombre et surtout leurs coûts aux plans humanitaire et socio-économique », a-t-il assuré.

Syrie : « Je me plierai aux règles », dit l’ambassadeur
La question de la Syrie sera sûrement soulevée au Conseil de sécurité. Quelle position le Liban adoptera-t-il ? « En tant que président du Conseil de sécurité, je suis tenu d’en appliquer le règlement interne et de traiter la question de la Syrie comme tout autre dossier dont le Conseil est ou sera saisi », a-t-il lancé. Quant à la Libye, « le Liban mobilisera ses efforts pour que le Conseil national transitoire (CNT), qui a repris le siège de la Libye au sein de la Ligue arabe, soit reconnu par les Nations unies afin qu’il y gagne son siège. Le Conseil de sécurité continuera aussi à déployer tous les efforts nécessaires pour débloquer les avoirs libyens afin que le CNT puisse répondre aux besoins humanitaires urgents » de son peuple.
Parallèlement, le compte à rebours a commencé au sujet de la création d’un État palestinien, attendu le 20 septembre. Qu’en est-il vraiment ? « Cette question pourrait se faire en deux phases, a dit le président du Conseil de sécurité. Il y a la question de la reconnaissance d’un État palestinien et celle de son admission en tant que membre à part entière de l’organisation. Ce sont deux questions différentes. L’admission de la Palestine comme membre à part entière de l’organisation requiert une recommandation du Conseil de sécurité, mais elle ne verra probablement pas le jour à cause du veto américain. » Et le diplomate d’expliquer : « Avant de présenter une requête d’admission qui, d’après la procédure en vigueur, devrait être soumise au secrétaire général de l’ONU qui la transmettra à son tour au président du Conseil de sécurité, les Palestiniens pourraient s’adresser à l’Assemblée générale pour demander le changement de statut de leur délégation, du statut d’observateur à celui d’État. Changer le statut d’observateur de l’OLP à celui d’État équivaut en fait à une reconnaissance de l’État de Palestine par les Nations unies. »
Quelles sont les implications de cette reconnaissance ? « D’aucuns pensent qu’il s’agit d’une action symbolique, dont les effets juridiques et politiques le sont également », a-t-il déclaré. Et d’ajouter : « La reconnaissance de la Palestine en tant qu’État lui permettrait d’accéder de plein droit aux conventions internationales et de devenir aussi membre à part entière des agences des Nations unies. Elle restera toutefois un État sous occupation en quête d’indépendance, mais cette reconnaissance permettrait de régler l’avenir de la Cisjordanie et de Gaza qui ne pourraient plus être considérées comme des “territoires en litige” (disputed territories). Leur statut sera définitivement tranché comme étant celui de “territoires occupés de Palestine”. »
« À ceux qui croient que tout cela n’est que symbolique, je dirais qu’en politique le symbolique n’est pas du tout dépourvu de valeur. Si tous ces éléments n’avaient vraiment pas de valeur, comme certains le prétendent, pourquoi donc les Israéliens seraient-ils irrités comme ils le sont ? » s’est interrogé l’ambassadeur.
Fait historique, le Liban présidera pour la première fois le Conseil de sécurité au moment où tous les dirigeants de la planète seront réunis à New York pour l’ouverture de la 66e session de l’Assemblée générale de l’ONU. Celle-ci se déroulera du 20 septembre au 1er octobre sous la présidence de Nasser Abdelaziz al-Nasser, ancien ambassadeur du Qatar auprès des Nations unies. C’est aussi sous cette présidence que le Conseil de sécurité vivra les « grands moments du mois de septembre », dont notamment le débat thématique sur la « diplomatie préventive », qui sera présidé par le président Michel Sleiman, et la question de l’admission de la Palestine en tant qu’État à l’ONU.Dans une interview accordée à L’Orient-Le Jour à New York, le représentant du Liban auprès de l’organisation...
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