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Tache originelle

La fête de l’Assomption nous charrie en montagne où la Sainte Vierge a ses quartiers. À la mi-août, la nuit des Perséides déverse ses étoiles filantes comme autant de présages et de mystères heureux. Ceux qui le savent avaient déjà traîné des matelas sur le toit. Couchés sur le dos, ils ont fixé le ciel, attendu que ça vienne, confiants que cela viendrait. Qu’il y en aurait autant que l’année dernière, même endroit, même heure. Oh, il y en eut. Il y en eut jusqu’à la morsure du froid, jusqu’à l’éblouissement, jusqu’à la peur enfantine de voir ses doigts se couvrir de verrues à force d’en compter. Il y en eut jusqu’au feu d’artifice qui s’en vint tout balayer à grand bruit. Dommage.
L’année 2005 avait à peine démarré que s’écroulait avec l’assassinat de Rafic Hariri l’espoir des Libanais d’accéder à une vie normale. À la douleur occasionnée par les pertes humaines, à la blessure insondable que représentait pour Beyrouth l’immense gouffre créé par l’explosion, s’était greffée une rancune véhémente contre ceux qui avaient osé ça. De longs mois durant, nous avons voulu comprendre. Le pays tout entier avait plongé dans une histoire policière qui concernait chaque individu. Nous a-t-il tenus en haleine, le juge Mehlis, en ce temps-là, jusqu’à ce que le TSL se force à la discrétion. Et juste au moment où l’on s’est quasiment résigné à l’ignorance, le temps ayant tiédi les passions, une guerre israélienne ayant greffé son horreur sur l’horreur existante, voilà qu’on nous donne des noms. C’est bien cela que nous voulions, des noms ? Quatre noms, et même quatre visages. Et bien, curieusement, ce fut un non-événement et la révélation n’a pas ému grand monde. Il y avait quelque chose d’onirique dans l’anonymat des mains noires. Imaginait-on un archange déchu, une bête fantastique, un Léviathan insaisissable ? Il y a quelque chose de trivial dans ces photos qui datent, ces regards sans relief, ces noms sans éclat.
Le jeûne du ramadan engourdit la ville aux habituelles heures de pointe. Çà et là, quelques touristes rattrapent la fin des soldes, se font prendre en photo devant les monuments qu’ils peuvent, sourient avec du soleil dans les yeux. Il fait bon vivre sur ces rives, malgré le vent d’août qui tarde à tomber, malgré des incidents plus ou moins graves qui arrivent plus ou moins près, toujours là où l’on n’est pas. Il y a dans notre nature comme une perversion héréditaire qui nous pousse à provoquer la guerre juste pour vérifier que nous sommes bien en paix.
La fête de l’Assomption nous charrie en montagne où la Sainte Vierge a ses quartiers. À la mi-août, la nuit des Perséides déverse ses étoiles filantes comme autant de présages et de mystères heureux. Ceux qui le savent avaient déjà traîné des matelas sur le toit. Couchés sur le dos, ils ont fixé le ciel, attendu que ça vienne, confiants que cela viendrait. Qu’il y en aurait autant que l’année dernière, même endroit, même heure. Oh, il y en eut. Il y en eut jusqu’à la morsure du froid, jusqu’à l’éblouissement, jusqu’à la peur enfantine de voir ses doigts se couvrir de verrues à force d’en compter. Il y en eut jusqu’au feu d’artifice qui s’en vint tout balayer à grand bruit. Dommage.L’année 2005 avait à peine démarré que s’écroulait avec l’assassinat de Rafic Hariri l’espoir des...
commentaires (2)

La fête de l’Assomption et Ramadan en ce mois d’août ou ces deux fêtes spirituelles se rencontrent pourront -elles résorber ce monde de pécheurs ,ou le retour au bercail de cette famille libanaise ou il suffit que ces quatre accusés soient livrés à la justice ,pour que la paix soit faite. Prions tous et merci Fifi pour cet article vraiment profond . Nazira.A.Sabbagha

Sabbagha.A.Nazira

03 h 26, le 18 août 2011

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Commentaires (2)

  • La fête de l’Assomption et Ramadan en ce mois d’août ou ces deux fêtes spirituelles se rencontrent pourront -elles résorber ce monde de pécheurs ,ou le retour au bercail de cette famille libanaise ou il suffit que ces quatre accusés soient livrés à la justice ,pour que la paix soit faite. Prions tous et merci Fifi pour cet article vraiment profond . Nazira.A.Sabbagha

    Sabbagha.A.Nazira

    03 h 26, le 18 août 2011

  • .......comme tous ces jeunes qui ,se croyant immortels,poussent les limites du risque jusqu'à en perdre la vie.Bien à vous ,chère Fifi.J.P

    jacqueline petmezakis

    01 h 56, le 18 août 2011

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