Rechercher
Rechercher

À La Une - Enquête

Nouvelle étape judiciaire pour les militaires turcs accusés de complot

Le procès a été ajourné au 3 octobre.

Fin juillet, l'état-major des armées a dû faire face à une démission collective des principaux commandants, dont le chef de l'état-major, une situation inédite en Turquie. Adem Altan/

Des militaires turcs dont plusieurs officiers ont comparu lundi devant un tribunal d'une banlieue d'Istanbul dans le cadre de la deuxième étape des poursuites engagées pour un complot présumé qui visait à renverser le gouvernement islamo-conservateur turc.
Au total 28 militaires, dont 21 sont incarcérés, sont jugés dans un centre de détention près d'Istanbul pour leur participation à l'"Opération masse de forgeron", conspiration présumée datant de 2003 et qui aurait visé, selon l'acte d'accusation, à commettre des attentats pour semer le chaos et justifier un coup d'Etat contre le parti de la justice et du développement (AKP), issu de la mouvance islamiste, du Premier ministre Recep Tayyip Erdogan, au pouvoir depuis 2002.
Les suspects risquent 15 à 20 ans de prison. Le plus important d'entre eux est le général quatre étoiles Bilgin Balanli, ex-chef des académies militaires turques, qui devait devenir commandant des forces aériennes cette année avant d'être arrêté en mai. Il est actuellement le plus gradé des militaires d'active arrêtés et écroués dans le cadre de plusieurs complots présumés visant le gouvernement.
Le général Balanli a dénoncé à l'ouverture du procès un "lâche complot" pour ternir l'image de l'armée turque, affirmant que les accusations pesant sur lui et ses compagnons d'armes étaient "contraires à la raison", a rapporté la chaîne d'information NTV. Son avocat a réclamé que son client soit libéré, affirmant que les preuves établies à son encontre, notamment des documents saisis dans sa caserne, avaient été "falsifiés", selon l'agence de presse Anatolie.
Le procès a été ajourné au 3 octobre. Certains suspects ont réclamé que les juges se désistent de cette procédure.
L'an dernier, le premier volet de cette enquête avait entraîné la comparution d'environ 200 militaires d'active ou de réserve. L'enquête, qui constitue une menace contre l'institution militaire, jadis acteur politique de premier rang en Turquie, a mis en cause une quarantaine de généraux ou amiraux, soit un dixième de la haute hiérarchie militaire.
Les inculpés prétendent que le plan incriminé était un scénario pédagogique parmi d'autres, décrivant une situation fictive de tension pour évaluer les meilleures façons d'y faire face. Ils mettent également en cause l'authenticité de certains documents présentés comme des preuves.
Fin juillet, l'état-major des armées a dû faire face à une démission collective des principaux commandants, dont le chef d'état-major, une situation inédite en Turquie, sur fond de crise entre les militaires et le gouvernement sur la détention prolongée des militaires soupçonnés de complots.
Depuis 1960, l'armée, qui se voit comme le rempart contre toute atteinte à la laïcité, a évincé quatre gouvernements.
Après la démission du chef d'état major, le gouvernement, peu impressionné, a immédiatement nommé un successeur, le général Necdet Özel. Le conflit entre le gouvernement et l’armée dure depuis près de dix ans, et la démission de l’état-major pourrait en être l’une des dernières étapes.
Ces dernières années, le gouvernement turc a mis en oeuvre des réformes demandées par l'Union européenne, à laquelle souhaite adhérer Ankara, afin de circonscrire le rôle de l'armée à des tâches militaires. Les réformes ont réduit l'influence des généraux dans la vie politique. Cette prise en main de la justice civile depuis 2007, applaudie au départ, rencontre aujourd'hui des critiques: une partie des accusations est floue et cinq ans après les premières arrestations, aucune condamnation n'a encore été prononcée.
Des militaires turcs dont plusieurs officiers ont comparu lundi devant un tribunal d'une banlieue d'Istanbul dans le cadre de la deuxième étape des poursuites engagées pour un complot présumé qui visait à renverser le gouvernement islamo-conservateur turc.Au total 28 militaires, dont 21 sont incarcérés, sont jugés dans un centre de détention près d'Istanbul pour leur participation à l'"Opération masse de forgeron", conspiration présumée datant de 2003 et qui aurait visé, selon l'acte d'accusation, à commettre des attentats pour semer le chaos et justifier un coup d'Etat contre le parti de la justice et du développement (AKP), issu de la mouvance islamiste, du Premier ministre Recep Tayyip Erdogan, au pouvoir depuis 2002.Les suspects risquent 15 à 20 ans de prison. Le plus important d'entre eux est le général quatre...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut