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À La Une - Procès Moubarak

La presse égyptienne entre soulagement et malaise

"Et la révolution égyptienne a réussi", se réjouit Al-Doustour, au lendemain de l'ouverture du procès Moubarak.

Le caricaturiste d'al-Ahram se défoule dans le numéro d'aujourd'hui jeudi. Son dessin représente un couple suivant le procès de Moubarak à la télévision : "Le pauvre, il dort sur un lit. Il est réellement "complètement démis" (jeu de mots avec déchu qui a la même traduction en arabe). 

Voir un dirigeant arabe derrière les barreaux d'une cage pour accusés, est une scène si inhabituelle dans le monde arabe qu'elle a suscité des réactions diverses dans la presse égyptienne, au lendemain de l'ouverture du procès de Hosni Moubarak.

Si les éditorialistes naviguent entre espoir, soulagement et malaise, de manière générale, la presse égyptienne a traité le procès de Moubarak avec des pincettes.

Certains grands quotidiens du pays n’ont pas été agressifs à l’égard du président égyptien déchu et de ses deux fils, également en procès, se limitant presque à rapporter les faits dans des articles aux titres purement informatifs. Seul le quotidien al-Masri el Yawm pimente un peu plus sa manchette et écrit : "Le pharaon dans la cage : Oui, je suis présent".

Al-Ahram, le quotidien égyptien à gros tirage, a relaté les événements avec une prudence qui frôle la neutralité, omettant de faire des commentaires ou de revenir sur le passé du président déchu. "Moubarak et son régime aux mains de la justice et bien présents", titre le quotidien. Contrairement à Al-Ahram weekly qui titre "Le châtiment: l'impensable fin de Moubarak". Pourtant la veille du procès, l'éditorialiste du quotidien Al-Ahram abordait l'audience prévue de Hosni Moubarak avec l'espoir de voir l'ultime but de la révolution égyptienne se réaliser : Hosni Moubarak jugé pour ses actes durant ses trois décennies au pouvoir. "C'est un cauchemar que ni Moubarak, ni son épouse, ni ses deux fils n'ont imaginé. Il ne leur reste qu'à abdiquer face à la volonté du peuple et à la sentence de justice. C'est une image qui restera vive dans les esprits non seulement du peuple égyptien, mais également dans les esprits de tous les peuples arabes et de leurs dirigeants", a écrit mercredi Oussama al-Ghazali Harb.

Le quotidien Rose el-Youssef, lui, estimait que ce procès avait rendu "leur dignité à l’Égypte et aux Égyptiens", alors que le journal d'opposition Al-Wafd se félicitait : "le chef du gang... dans la cage". "Et la révolution égyptienne a réussi", se réjouissait pour sa part Al-Dostour (indépendant), dont l'ancien rédacteur en chef, Ibrahim Eissa, avait été condamné à la prison en 2008 pour avoir évoqué la santé de M. Moubarak, avant d'être gracié. M. Issa s'inquiète pourtant, dans son éditorial de jeudi, des retombées du procès Moubarak, titrant : "Le prix de la scène historique". L'éditorialiste se félicite du jugement d'un homme corrompu et d'un dictateur mais s'inquiète de l'après-procès. "J'ai peur qu'on réduise le peuple égyptien au silence avec la photo qu'on a vue hier (de Hosni Moubarak dans la cage), ceci est un véritable danger, poursuit-il. Maintenant, ceux qui dirigent le pays peuvent faire passer de mauvaises lois ou décisions qui ne feront pas l'unanimité et peuvent répondre à toute critique en disant : qu'est-ce que vous voulez encore, n'avons-vous pas jugé Hosni Moubarak?".

Le quotidien al-Joumhouriya consacre un long éditorial au procès de Moubarak, signé par le rédacteur en chef, Mahmoud Nafeh, qui se félicite :  "Enfin Moubarak et ses fils dans le box des accusés. Enfin nous avons vu de nos yeux et entendu de nos oreilles le juge interpeller l'accusé Mohammad Hosni Moubarak (...)".

 

 

Voir un dirigeant arabe derrière les barreaux d'une cage pour accusés, est une scène si inhabituelle dans le monde arabe qu'elle a suscité des réactions diverses dans la presse égyptienne, au lendemain de l'ouverture du procès de Hosni Moubarak.
Si les éditorialistes naviguent entre espoir, soulagement et malaise, de manière générale, la presse égyptienne a traité le procès de Moubarak avec des pincettes.
Certains grands quotidiens du pays n’ont pas été agressifs à l’égard du président égyptien déchu et de ses deux fils, également en procès, se limitant presque à rapporter les faits dans des articles aux titres purement informatifs. Seul le quotidien al-Masri el Yawm pimente un peu plus sa manchette et écrit : "Le pharaon dans la cage : Oui, je suis présent".
Al-Ahram, le quotidien égyptien à gros tirage,...
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