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Hochet d’anniversaire

La nouvelle lubie de la semaine nous vient cette fois en droite ligne du Château de Sleimanie, dont le locataire a brusquement des démangeaisons de dialogue. Un hochet aussitôt saisi au vol par le taulier du Parlement, pressé lui aussi d’organiser le bavardage. Et pour cause : depuis le temps qu’elle est orpheline, la salle du palais de Baabda consacrée à cette gesticulation sans intérêt schlingue grave et la table du milieu, aussi grande qu’une piste d’aéroport, croule sous des strates de poussière.
Cette fois pourtant, ce sont les neuneus du 14 Mars qui jouent les rabat-joie, au prétexte que le dialogue devra aborder en priorité la quincaillerie militaire du parti barbu. Une perspective qui fait hérisser les poils du patron d’icelui, lequel pantoufle sous-terre à compter et recompter ses missiles entre deux coucous télévisés. Loupé donc pour le verbiage, et c’est bien dommage car il tarde aux Libanais d’admirer la vingtaine de potiches prenant la pose autour du petit fanion frappé du cèdre, dont plus personne ne se souvient ni pourquoi ni par quel architecte d’intérieur il a été placé en cet endroit précis.
En attendant, faut pas oublier de souhaiter un joyeux anniversaire aux cocus de la victoire divine... La guerre de juillet 2006 nous avait ramenés 30 ans en arrière, mais cinq années sont déjà passées. Courage ! Il ne nous reste plus que 25 autres seulement à rattraper. Aussi, plus rien n’empêche de festoyer. Mille morts aplatis sous les bombes ? Roupie de sansonnet. Trois mille blessés, handicapés à vie pour certains ? Fiente de moineau. Un million de déplacés forcés, à l’époque, de tendre la main pour retaper un abri de fortune ? Crotte de bique. L’essentiel est ailleurs : l’honneur et l’orgueil sont saufs.
En somme, on s’est pris une dérouillée mémorable, nos ponts ont été pulvérisés, nos routes défoncées, nos villages transformés en parking, les Hébreux nous sont rentrés dedans à plus de 30 kilomètres... Mais nous avons quand même gagné parce que le Chef est toujours chef et qu’il est toujours à la barre. Le truc avait déjà réussi à Nasser en 1967, puis à Saddam Hussein en 1991, qui étaient tous deux imberbes. Pourquoi ne réussirait-il pas à celui qui veut nous raser gratis ?
« Je pense, donc je suis... Je suis, donc Dieu existe. » Descartes peut aller se rhabiller !

gabynasr@lorientlejour.com
La nouvelle lubie de la semaine nous vient cette fois en droite ligne du Château de Sleimanie, dont le locataire a brusquement des démangeaisons de dialogue. Un hochet aussitôt saisi au vol par le taulier du Parlement, pressé lui aussi d’organiser le bavardage. Et pour cause : depuis le temps qu’elle est orpheline, la salle du palais de Baabda consacrée à cette gesticulation sans intérêt schlingue grave et la table du milieu, aussi grande qu’une piste d’aéroport, croule sous des strates de poussière.Cette fois pourtant, ce sont les neuneus du 14 Mars qui jouent les rabat-joie, au prétexte que le dialogue devra aborder en priorité la quincaillerie militaire du parti barbu. Une perspective qui fait hérisser les poils du patron d’icelui, lequel pantoufle sous-terre à compter et recompter ses missiles entre deux...
commentaires (12)

N'est-ce pas plutôt 3 voire 4 ou 5 milliards de dollars M Khoury Abdo ?

Paul-René Safa

07 h 00, le 27 juillet 2011

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Commentaires (12)

  • N'est-ce pas plutôt 3 voire 4 ou 5 milliards de dollars M Khoury Abdo ?

    Paul-René Safa

    07 h 00, le 27 juillet 2011

  • Du Canada tres tres beau article toute la vérité

    Randa

    12 h 09, le 22 juillet 2011

  • Ainsi, si la conception grecque ancienne de l'histoire n'est en aucune façon "cyclique", elle n'est pas non plus "progressive" au sens moderne d'un Progrès linéaire et inéluctable. Si Thucydide reconnaît l'existence d'une certaine progression "technique" (dans les moyens de production et de destruction), il ne voit là aucun progrès moral dans notre rapport au bien et au mal. Les seules constantes qu'on puisse finalement trouver dans l'histoire, ce sont, d'un côté, "un progrès dans les moyens de la puissance", et, de l'autre, "une lutte entre ceux qui possèdent cette puissance". La guerre – qui n’est pas un phénomène simplement "irrationnel" (imprévisible) mais véritablement "producteur d'irrationalité" – illustre parfaitement ce cours non-linéaire ou non-progressif de l'histoire. Et Castoriadis de se demander "si nous sommes beaucoup plus avancés que Thucydide sur tous ces points. Car s'il est évident qu'il y a toujours progrès dans les instruments de production et de destruction, qu'un microprocesseur vaut infiniment plus qu'un silex et qu'une bombe H vaut infiniment plus qu'une flèche, même empoissonnée, personne n'osera dire que nous sommes ''meilleurs'' que les chasseurs ou les paysans néolithiques souvent rencontrés dans nos expéditions sur les autres continents" . Il serait pourtant "absurde de s'en tenir là", ajoute-t-il immédiatement, et en réalité la conception de l'histoire proposée par Thucydide lui-même ne se limite pas à ce sombre panorama d'une lutte perpétuelle entre puissances et d'une évolution exclusivement "technique" de l'humanité. Il y a sans doute des créations humaines plus proches du bien que du mal, peut-être même certaines capables d'ouvrir à long terme une dynamique historique positive, et ainsi, Athènes n'est jamais une puissance ou un régime "parmi d'autres". Il y a des "floraisons extraordinaires, inattendues et resplendissantes, comme la politeia des Athéniens" et qui sont, affirme Castoriadis, "explicitement reconnues" et "pleinement comprises" par Thucydide au moment même où il dépeint pourtant leur flétrissement, "avec amour, exactitude et désespoir maîtrisé" . Il conclut ainsi son séminaire du 6 février 1985 : "Certes, il y a des floraisons partout – mais si nous nous arrêtons sur celle de la Grèce ancienne, et aussi sur la création européenne moderne, force est de constater que c'est grâce à elles que nous pouvons voir le reste et réfléchir sur lui. Elles font certainement une différence – mais rien ne garantissait qu'elles seraient là, et rien ne garantit qu'elles seront toujours là" . Et en effet, comme nous l'apprend le destin tragique d'Athènes, rien ne garantit qu'une cité, si remarquable et "autonome" soit-elle, ne succombe jamais à l'hubris (démesure) qui mène à la némesis (destruction), et surtout pas une cité démocratique qui, plus que toute autre, doit accepter et affronter ce risque, se tenir "au bord de l'Abîme". C'est pourquoi Castoriadis ne cesse de répéter que la démocratie est "le plus fragile des régimes". Il souligne que rien n'est plus difficile, exigeant et éprouvant que l'exercice de l'autonomie et fait résolument sien le mot de Thucydide : "Il faut choisir, se reposer ou être libre."

    Akram SALEM

    06 h 47, le 22 juillet 2011

  • "La guerre est le dernier refuge de l'incompétence" (Hober Mallow, Encyclopedia Galactica) Fondation tome 2

    Nagy Loutfi

    06 h 47, le 22 juillet 2011

  • A plus de trois millions d'euros de dégat, sans parler des morts, des bléssés, des handicapés et déplacés, la main divine fait bien les choses....

    KHOURY ABDO

    06 h 44, le 22 juillet 2011

  • voici une analyse qui surprend, car en dépit des mille morts et de la destruction des infrastructures, pour la première, un petit groupe d'hommes a dit stop à Israel "l'invincible", c'est énorme, et Israel l'a entendu! Cette guerre était inéluctable, ne serait ce surtout que parce que nous avons 600000 Palestiniens au Liban. A moins que ceux du 14 Mars, veulent les exfiltrer du Sud Liban, pour les remettre dans leur résidence première à la Quarantaine et à Bour Hammoud? Pour ce qui est du dialogue, c'est toujours indispensable, et on pourrait enfin rediscuter de la déconfessionnalisation politique, seul vrai problème, avant même celui des armes. La chrétienté est pour Marcel Gaucher, et il a raison: "la religion de la sortie de la religion", alors que l'Islam et le judaisme sont restées des religions transcendantes. Ce qui veut dire qu'en maintenant la confessionnaliation politique, les chrétiens d'Orient sont irrémédiablemennt perdus. Ils ne font pas le poids en matière confessionnelle face aux salafistes ou au Hezbollah.

    Salah MROUE

    05 h 52, le 22 juillet 2011

  • Impossibles et incorrigibles Libanais. Mais enfin pourquoi n'avez-vous pas confiance dans la table du "nifaq" ??!!

    Halim Abouchakra

    04 h 00, le 22 juillet 2011

  • Si le bonheur ne tient parfois qu'à une défaite, espérons qu’ en ce triste anniversaire de 2006 les libanais n ’en payeront plus tout ce lourd tribu et cette mort bête de ces civils car la seule victoire qui amène la paix et le bonheur, c'est la victoire sur soi même. Antoine Sabbagha

    Sabbagha Antoine

    03 h 32, le 22 juillet 2011

  • felıcıtatıon gaby nasr enfın et enfın quelquın quı ouvre les yeux des lıbanaıs pour leur dıre que le lıban a perdu bel et bıen la guerre de juıllet soyons humble et admettons notre perte et defaıte encore bravo gaby nasr

    mınno ultscek

    00 h 39, le 22 juillet 2011

  • Tout simplement génial!

    Joun Hélène

    20 h 51, le 21 juillet 2011

  • - Je crois que la table tombera en débris bien avant que nos huit et quatorze martiens ( qui ont les pieds sur terre mais la matière grise à Mars ) ne se décident. Tasso Tsiris

    Tasso Tsiris

    18 h 49, le 21 juillet 2011

  • cher mr nasrje ne3 sais comment vous feliciterpour vos articlequi nous font rire au lieu d en pleurermais celui la et vraiment le meilleurje crois ca nous a fait rire jusqu au larmes merci merci

    bianca sagiati

    18 h 21, le 21 juillet 2011

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