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Dommages municipaux

Ban Ki-moon a suggéré que le Hezbollah se transforme en parti politique. Bien entendu, il s'est pris un carton rouge : ingérence dans les affaires internes du Liban, ça, c'est du culot !
M. el-Saoudy va être élu d'office à la tête de la municipalité de Saïda. La Syrie et l'Arabie saoudite sont d'accord. Voilà qui est sympa ! Sans cet aval, on aurait eu du mal à trouver la bonne personne pour gérer la collecte de nos ordures et autres problèmes d'intendance, d'envergure tout aussi régionale sinon internationale.
Jusque-là, à ma connaissance, il est vrai, limitée du sujet, aucune force voisine ou étrangère ne s'était jamais préoccupée de nos élections municipales. Les présidents des municipalités se manifestaient par le biais de pancartes à l'entrée et à la sortie des villages : « La municipalité de x vous souhaite la bienvenue » ou « La municipalité de z vous remercie de votre visite ». Laquelle visite se limite le plus souvent à une traversée du tronçon de macadam lépreux, bordé d'habitations abandonnées pour l'hiver. En général, il s'agit de chemins de montagne qui serpentent au bord d'une vallée. La vue, à l'origine, y est sublime. Mais selon l'efficacité, la sensibilité, le niveau d'éducation ou simplement la moralité du président de la municipalité, elle peut vous être gâchée soit par des constructions sauvages, autorisées par des permis véreux, soit par un flot d'ordures ménagères ou autres déversées à flanc de coteau et dont l'odeur nauséabonde éclipse la floraison délicate des amandiers voisins.
Il y en a qui font du zèle. Ils veulent moderniser à tout prix, avec des résultats passablement heureux. Un président célèbre, pour se démarquer de la sauvagerie des années 80, avait fait installer des petits bunkers en brut de décoffrage à tous les croisements de sa bourgade. C'était des poubelles. Oui mais des belles. Il les avait fait appeler « hôtel des ordures », ou était-ce « autel » ? Un autre avait fait peindre en orange et blanc le grillage du jardin public. Quand la politique se mêle d'urbanisme, il faut craindre le pire.
Mais le pire, c'est à Beyrouth qu'il se profile, hors du centre aux façades jaunes, imitation Empire (ottoman). Nous voulons des musées, des bibliothèques, des jardins, des lieux conviviaux où prendre une halte, sentir son appartenance à la ville, à une culture, à une identité. Au lieu de quoi, on nous submerge de centres commerciaux. Des permis sont donnés à tort et à travers à des promoteurs qui se soucient de ces considérations comme d'une guigne. Ils élèvent des tours démesurées dans cette petite ville qui n'en a jamais demandé tant. Il est d'une ironie écœurante, après avoir souffert des destructions de la guerre, d'étouffer sous les constructions de la paix ■
Ban Ki-moon a suggéré que le Hezbollah se transforme en parti politique. Bien entendu, il s'est pris un carton rouge : ingérence dans les affaires internes du Liban, ça, c'est du culot ! M. el-Saoudy va être élu d'office à la tête de la municipalité de Saïda. La Syrie et l'Arabie saoudite sont d'accord. Voilà qui est sympa ! Sans cet aval, on aurait eu du mal à trouver la bonne personne pour gérer la collecte de nos ordures et autres problèmes d'intendance, d'envergure tout aussi régionale sinon internationale.Jusque-là, à ma connaissance, il est vrai, limitée du sujet, aucune force voisine ou étrangère ne s'était jamais préoccupée de nos élections municipales....
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