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Nouvelles valeurs

Forbes vient de publier son classement. Peu de grandes fortunes ont résisté à l'effondrement des cours. Dans tous les pays du G20, on licencie à tour de bras. Curieusement, pourtant, l'angoisse n'est pas ce qu'elle aurait dû être. Gueule de bois après l'euphorie ? Les gens semblent prendre leur mal en patience. Pas de suicides en série, comme ce fut le cas lors de la crise des technologies. Pas de désespoir absolu comme en 1929. Pas de vraie panique. Madoff, qui a mité à lui seul la moitié des bas de laine de la planète, s'excuse sobrement. Il prend le chemin de la prison comme il se rendrait à une résidence secondaire. Il doit pourtant y croupir plusieurs fois le reste de son âge. Tout se passe comme si la course à l'argent, en s'arrêtant brusquement, offrait un répit salutaire à une humanité essoufflée. Comme si l'on n'avait attendu que ce moment pour enfin laisser tomber.
Allez, la récession n'est pas un tel malheur, si toutefois la consommation frénétique de ces dernières années a fait des heureux. Passé le choc, il s'agit à présent de trouver d'autres satisfactions. L'avoir ayant trop mangé sur l'être, le moment est venu d'offrir quelque chose à la petite voix spirituelle qui crie famine au fond de soi. Nos vies réclament du sens. Le Salon du livre qui s'est clôturé hier à Paris affiche un bilan éloquent : plus l'économie peine, mieux se portent les éditeurs. On a longtemps dit que la culture est ce qui reste quand on a tout oublié. Il faudra dire : « Quand on a tout perdu. »
Avec le recul, on peut sourire des gesticulations d'hier, où l'on se gargarisait de « less is more », où l'on s'extasiait sur tout objet épuré en contradiction avec le trop-plein ambiant. La tendance au zen n'était pas autre chose que le reflet d'un besoin de sobriété, la quête désespérée d'une esthétique du vide, d'un espace neutre et silencieux où, peut-être, l'esprit aurait folâtré malgré la satiété qui le plombe.
Il semble venu, le temps de se remplir au lieu d'accumuler. Ce temps léger du désir où le rêve reste rêve sans encombrer le réel et se muer en déchet. Ça passera vite, mais ça fera du bien ■
Forbes vient de publier son classement. Peu de grandes fortunes ont résisté à l'effondrement des cours. Dans tous les pays du G20, on licencie à tour de bras. Curieusement, pourtant, l'angoisse n'est pas ce qu'elle aurait dû être. Gueule de bois après l'euphorie ? Les gens semblent prendre leur mal en patience. Pas de suicides en série, comme ce fut le cas lors de la crise des technologies. Pas de désespoir absolu comme en 1929. Pas de vraie panique. Madoff, qui a mité à lui seul la moitié des bas de laine de la planète, s'excuse sobrement. Il prend le chemin de la prison comme il se rendrait à une résidence secondaire. Il doit pourtant y croupir plusieurs fois le reste de son âge. Tout se passe comme si la course...
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