Étrange fatalité que celle qui oblige le monde arabe à subir les dégâts d'individus dont la valeur attend toujours le nombre des années : bien avant Moubarak et Ben Ali, il y avait eu Abdel-Nasser, le führer égyptien, dont il a fallu se taper la crise d'adolescence jusqu'à quelques heures avant sa mort ; Arafat, le hâbleur palestinien, qui sans le savoir avait lancé la mode de la barbe cactus, tout en trimbalant dans sa besace la noria des patibulaires armés qui caquetaient et cliquetaient au milieux des taudis ; Saddam Hussein, le gougnafier moustachu, qui a lâché ses gaz rageurs sur les Kurdes avant de finir en pendule au bout d'un nœud coulissant ; sans oublier Nayef Hawatmeh, le gauchiste attardé passé directement de Rosa Luxembourg à un compte bancaire bien tassé au Luxembourg, et qui aujourd'hui clape gentiment sa purée dans une banlieue bucolique de Damas. Pour l'heure, l'excité du jour est un OGM pur sable : Mouammar Kadhafi, master ès-lubies de Libye et trublion disjoncté, qui envoyait jadis ses tueurs à travers ciel et terre avant qu'un bombardement américain ne se charge de le calmer. Aujourd'hui, il fait un transfert sur sa propre population à qui il a décidé d'appliquer la même cure. Dans le désert de Libye, les seuls Mirages autorisés sont chargés de bombes. C'est sa façon à lui de faire bombance... Le Phénix libyen des dunes est aussi un admirable rhéteur. Les techniciens télés de son pays lui savent particulièrement gré, puisque ses discours à rallonges interminables leur permettent de régler sur sa trombine la mire de la chaîne publique libyenne. À l'entendre officier avec force hurlements et frétillements d'index devant les caméras, on finit par se convaincre qu'il est providentiel, divin et tout le tintouin. Bien entendu, seuls les idolâtres profondément atteints avalent avec sérénité ce genre de boa constrictor. Les grandes épopées révolutionnaires qui ont réjoui l'humanité sont pleines de ces merveilleux agités : gardes rouges de Mao, pasdarans d'Iran, phalangistes d'Espagne, talibans d'Afghanistan, chemises noires du Hezbollah... Heureusement que le Moyen-Orient est ainsi fait pour nous donner de l'animation. Avec des chefs biologiquement incompatibles avec les concepts martiens infâmes de liberté parachutés d'Occident, ce n'est pas demain la veille que l'on verra ces contrées bercées de démocratie où des petits lutins locaux s'ébattront en toute impunité sur les notes musicales des droits de l'homme, échappées des harpes poétiques décorant leurs Parlements fleuris.
Étrange fatalité que celle qui oblige le monde arabe à subir les dégâts d'individus dont la valeur attend toujours le nombre des années : bien avant Moubarak et Ben Ali, il y avait eu Abdel-Nasser, le führer égyptien, dont il a fallu se taper la crise d'adolescence jusqu'à quelques heures avant sa mort ; Arafat, le hâbleur palestinien, qui sans le savoir avait lancé la mode de la barbe cactus, tout en trimbalant dans sa besace la noria des patibulaires armés qui caquetaient et cliquetaient au milieux des taudis ; Saddam Hussein, le gougnafier moustachu, qui a lâché ses gaz rageurs sur les Kurdes avant de finir en pendule au bout d'un nœud coulissant ; sans oublier Nayef Hawatmeh, le gauchiste attardé passé directement de Rosa Luxembourg à un compte bancaire bien tassé au Luxembourg, et qui aujourd'hui clape gentiment...
Iran - USA - Liban : tout peut changer en quelques heures.
Restez informés pour seulement 10 $/mois au lieu de 21.5 $, pendant 1 an.
Abonnez-vous pour 1$ et accédez à une information indépendante.
Dans votre abonnement numérique : la version PDF du quotidien L’Orient-Le Jour, des newsletters réservées aux abonnés ainsi qu'un accès illimité à 3 médias en ligne : L’Orient-Le Jour, L’Orient Today et L’Orient Littéraire.
Chers lecteurs, afin que vos réactions soient validées sans problème par les modérateurs de L'Orient-Le Jour, nous vous prions de jeter un coup d'oeil à notre charte de modération.