Car des âneries, on nous en aura servi cette année. À commencer par cette débilité appelée démocratie consensuelle, au demeurant plus con que sensuelle, dans la mesure où avant toute décision, aussi farfelue soit-elle, il faut absolument raccorder les wagons entre croûtons ministériels a priori très peu comestibles. Résultat des courses : la République est au chômage, tirée de temps à autre par trois présidents qui, dans leurs discours, ont l'art de transvaser avec dignité du creux dans le vide...
N'ayant sans doute pas encore saisi que le problème libanais est non seulement insoluble, mais qu'il est de surcroît tout à fait inutile de le résoudre, des visiteurs exotiques ont trouvé commode de jouer les utilités en enfilant les courbettes auprès des chefs indigènes locaux pour tenter de les accoupler de force dans un gigantesque gang-bang réconciliateur. Après le bref épisode syro-saoudien qui a envoyé à l'hôpital le roitelet wahhabite, nous avons pu ainsi déguster ce grand humaniste persan d'Ahmadinejad et l'islamiste ottoman cravaté Erdogan venus fourrer leur truffe dans notre mélasse immonde. Sauf que le premier était politiquement sponsorisé par les chiites, le deuxième par les sunnites.
Les démarches n'étaient pas dépourvues d'intérêt, puisqu'elles permettaient à la fois à nos vieux kroumirs de bomber le torse en jouant à peu de frais les héros incontournables, aux journalistes d'enchaîner les niaiseries analytiques oscillant entre optimisme béat et pessimisme pleurnicheur, et aux visiteurs-vedettes de parader en faisant parler d'eux.
Entre les théories, les clichés, les poncifs, les fanfaronnades, les rires épais, les sirènes hurlantes, les claquements de portières, les mines compassées et les larbins empressés, nous avons finalement les dirigeants les plus cocasses du monde.
Sauf qu'ils gagneraient sans doute à être un peu moins éblouis par le reflet irradiant issu du rayonnement de leur propre image.
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