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Avenir à venir

En moins d'une heure d'antenne et en deux tours de cuiller à pot, les Libanais ont été brillamment fixés sur leur avenir. Rien que des joyeusetés annoncées par Sayyed Barbu himself. Visiblement requinqué par les petits-fours et le jus d'orange offerts au cours du pince-fesse syro-persan de Damas, il leur a ainsi promis de belles colonies de vacances à rallonge. Résumé du pensum : sur les quelque 60 années de vie active, ils en passeront 15 à résister, 15 autres à libérer des territoires, puis 15 autres encore pour jeter tous les juifs à la mer, et le reste pour lutter contre l'implantation des Palestiniens. Le cycle biologique de l'Homo libanicus est bouclé, la vie est belle ! Allez, une dernière tournée de « Mort à l'Amérique » avant que le baron du Hezbollah n'aille s'occuper en personne des passeports européens. Et surtout qu'il aille se regarder le soir à la télé.
Il n'empêche, Hassan Nasrallah s'est engagé à finir le boulot. Profondément écolo, il est indiscutablement pour le réchauffement de la planète. Après Chebaa et Ghajar, il y aura le Golan, puis Jérusalem. Ensuite, il fera sans doute un crochet par Bagdad et pourquoi pas un jour une petite poussée jusqu'à Vladivostok ! Les flemmards opposés à ces activités ludiques attendront... en comptant les missiles.
Pour financer ses promesses avant qu'elles ne rétrécissent au lavage, le brave homme entend ratisser large. On enverra promener les investisseurs, mais grâce à notre alliance avec Damas et Téhéran, la planète entière sera bientôt isolée. La solidarité des décavés : on tendra la main aux Iraniens, on achètera aux Syriens et l'on se partagera la pénurie. Quant aux mauvais coucheurs qui dépriment, ils pourront toujours sublimer devant le porno du samedi soir sur al-Manar.
Pour l'heure, les Libanais sont condamnés à palabrer. Priorité au verbiage, a même lancé notre ami. À ceci près qu'apparemment, pour lui, certaines priorités sont plus prioritaires que d'autres. Que c'est bon de se faire obéir par toute la république rien qu'en sirotant son thé, assis sur une quincaillerie militaire qui vaut son pesant de caviar iranien...
Certes, il n'est pas interdit d'admirer un chef politique. Mais l'admirer réellement, c'est-à-dire cesser de le voir avec l'œil de son valet de chambre ■

gabynasr@lorientlejour.com
En moins d'une heure d'antenne et en deux tours de cuiller à pot, les Libanais ont été brillamment fixés sur leur avenir. Rien que des joyeusetés annoncées par Sayyed Barbu himself. Visiblement requinqué par les petits-fours et le jus d'orange offerts au cours du pince-fesse syro-persan de Damas, il leur a ainsi promis de belles colonies de vacances à rallonge. Résumé du pensum : sur les quelque 60 années de vie active, ils en passeront 15 à résister, 15 autres à libérer des territoires, puis 15 autres encore pour jeter tous les juifs à la mer, et le reste pour lutter contre l'implantation des Palestiniens. Le cycle biologique de l'Homo libanicus est bouclé, la vie est belle ! Allez, une dernière...
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