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Folie des glandeurs

Incroyable, on se croirait au Liban ! Les grands bonnets-benêts de la République, qui phosphorent depuis plus de quatre mois pour donner l'impression de mitonner un gouvernement intelligent, vont finir par nous pondre un clone du cabinet sortant avec probablement les mêmes glandeurs ou leurs sosies crachés. Y a pas qu'en informatique où le copier-coller fait des merveilles.
Preuve que le verbiage en cours est arrivé à un point critique : les gueulantes poussées par l'opposition contre le Barbichu nominé se sont apaisées. Les plus psychiquement tourmentés de la classe politique y voient incontestablement le résultat du dernier pelotage syro-saoudien. Une analyse tout en finesse et dignité, puisqu'elle fait dépendre l'avenir de nos institutions du frotti-frotta occasionnel entre une monarchie tapioca et une république peau-de-bananière.
Il reste que les « parties », tel qu'on les désigne pudiquement sous ce label sexuel, continuent de se friter autour de la mangeoire des Télécoms. Sur ce sujet précis, Mongénéral de Rabieh a une technique imparable : une petite phrase du jour, et le lendemain un démenti face à la cabale. Deux occasions de faire parler de lui.
En face, le cadet Hariri reste poli et ne se déboutonne qu'en petit comité. Lui aussi a trouvé le truc depuis qu'il s'est recentré sur sa Maison du Centre : dès que ça coince sur un maroquin, il zappe et branche l'Amer Michel sur la prochaine déclaration ministérielle. Ça ne mange pas de pain, mais ça distraira pendant quelque temps les médias qui pourront diffuser le scoop dans les chaumières. À l'heure qu'il est, on ne sait toujours pas si c'est Barbichu qui s'est trompé d'interlocuteur, ou si c'est Orangina qui s'est trompé de gouvernement...
Finalement, il n'y a que Michel de Sleimanie qui paraît pressé de voir un cabinet à l'œuvre, « en cette phase cruciale de l'histoire du Liban ». Ben voyons ! En comptant toutes les phases « cruciales » et « décisives » qui ont égayé le pays depuis 66 ans, sans oublier les étapes « critiques » et « délicates » qui vont suivre pendant les trois siècles à venir, il est évident que les Libanais, fluctuant à la limite du mergitur, se feront un plaisir de déguster pendant 300 ans encore les pinaillages qui précèderont la naissance de ce gouvernement.
Patience, les mesquins, 300 ans, c'est demain !

gabynasr@lorientlejour.com
Incroyable, on se croirait au Liban ! Les grands bonnets-benêts de la République, qui phosphorent depuis plus de quatre mois pour donner l'impression de mitonner un gouvernement intelligent, vont finir par nous pondre un clone du cabinet sortant avec probablement les mêmes glandeurs ou leurs sosies crachés. Y a pas qu'en informatique où le copier-coller fait des merveilles.Preuve que le verbiage en cours est arrivé à un point critique : les gueulantes poussées par l'opposition contre le Barbichu nominé se sont apaisées. Les plus psychiquement tourmentés de la classe politique y voient incontestablement le résultat du dernier pelotage syro-saoudien. Une analyse tout en finesse et dignité, puisqu'elle fait dépendre l'avenir de nos...
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