Comment pourrait-il en être autrement, lorsqu'à la veille d'un scrutin que l'on promet héroïque, épique et homérique, les boîtes à chiffres locales, pompeusement qualifiées d'instituts de sondage, sont infoutues de produire ne serait-ce qu'une ébauche de projet d'un début de tendance pour savoir lequel des deux camps dégustera la bérézina... Si dans les pays normaux, les premières fourchettes sont connues dès la sortie des bureaux de vote, chez nous on barbotera encore longtemps dans les urnes après la clôture du scrutin. Bref, un festival !
Comment s'étonner alors demain d'entendre le barbu, porte-parole de Dieu, dire qu'il a obtenu un score de chah persan de 99,9 % ? Son pendentif par alliance, imberbe et autoproclamé Jésus, avoir réussi le jackpot avec 80,4 % des bêlants ? Leur adversaire, le Barbichu des sables, avoir fait main basse sur toutes les villes côtières avec 72,6 % des chevrotants ? Phénomène étrange, on verra ce jour-là comment l'inexactitude du nombre sera compensée par la précision des décimales.
Il reste que pour les poseurs de sonde, peu importe la quantité ou la qualité du cobaye interrogé. Autrement dit, à part les pieds plats et les débiles profonds, on prend tout ce qui se présente. Leur triple credo : surtout ne pas vexer les demi-dieux exotiques du landernau, pondre ensuite des résultats mis en musique de sorte à servir la soupe à celui qui a payé le sondage, enfin garder au chaud une assurance-vie dans la perspective d'un retournement de crêpe. Les chiffres, on peut leur faire dire ce qu'on veut. Surtout des âneries !
Abreuvé de slogans, abruti par les promesses, le pays est au sommet du toboggan. À partir de là, il ne pourra que bouger... Certes, tous promettent aux Libanais la liberté, mais l'essentiel n'est pas de parler librement. Alors lequel des deux camps choisir ? Facile, celui qui les laissera libres après avoir parlé ■
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Israël Katz assure que l’armée israélienne « conservera sa liberté d’action militaire » au Liban malgré la nouvelle trêve