L'an nouveau a commencé dans le monde, comme s'est terminé l'an écoulé : dans l'exclusion, dans le rejet de l'autre ; une décennie s'ouvre, une autre s'achève, et un même monstre prend toujours en otages les relations entre les nations, entre les peuples, exacerbe les sentiments de haine : le terrorisme.
Une violence autant physique que mentale, un terrorisme autant intellectuel que physique, celui qui détruit l'âme et l'esprit, qui cloisonne les cœurs et tue les innocents, qui ouvre la voie aux dérives criminelles, aux réactions les plus meurtrières.
Du Pakistan à l'Afghanistan, de l'Iran à l'Arabie saoudite, du Yémen à la Somalie, la violence se drape de l'habit religieux pour justifier l'injustifiable, la chasse aux sorcières, la traque implacable de « l'hérétique ». Une inquisition des temps modernes qui prend ses racines dans l'ignorance, dans la bêtise, dans un communautarisme moyenâgeux entretenu par des discours haineux.
Et l'on voit ainsi des fous de Dieu se faire exploser au milieu des foules, attaquer des hommes qui pensent différemment, se saisir d'avions en plein vol pour en faire des autodafés purificateurs...
2009-2010 : une année trépasse, une autre éclot et le monde reste assujetti au règne de la violence, celle qui appelle une contre-violence, qui élargit les espaces de l'incompréhension, de la détestation.
Et, au milieu de la tourmente, l'islam est montré du doigt, un islam que ne reconnaît pas l'islam, un amalgame autant injuste que destructeur et qui se traduit au fil du temps, au fil des provocations, par des référendums sur l'interdiction des minarets, comme en Suisse, ou par des débats sur l'identité nationale, comme en France, avec, en corollaire, une montée de la xénophobie, de l'anti-islamisme en Europe.
Mais le plus irritant, c'est que rien n'est fait, de manière radicale, au niveau des hautes instances religieuses, à l'échelle des États concernés pour briser le cercle vicieux de l'amalgame, pour dissiper le dramatique malentendu.
C'est ainsi que l'Arabie saoudite, elle-même menacée par el-Qaëda, continue de financer, à travers le monde, des associations islamistes souvent infiltrées et récupérées par des nébuleuses à vocation terroriste, des nébuleuses qui ont dans leur ligne de mire l'Occident « hérétique » et « l'islam apostat », entendre le chiisme.
La république islamique d'Iran, celle des mollahs chiites purs et durs, n'est pas en reste, elle qui véhicule un discours guerrier, négationniste, qui finance des organisations extrémistes dans le monde arabe, majoritairement sunnite, et qui donne d'elle-même le visage d'un pays expansionniste et de l'islam une image d'intolérance et de fanatisme.
Et c'est tout naturellement au Yémen qu'Iraniens et Saoudiens règlent leurs comptes par cobayes interposés, un Yémen appelé à devenir le champ clos de multiples batailles où Américains et qaëdistes ne seraient pas les moins engagés.
En arrière-plan, un terrorisme tentaculaire qui étend ses ramifications partout dans le monde. Des attentats, des assassinats, des rapts d'innocents commis au nom du Dieu unique, un Dieu qui ne reconnaît plus les siens. Une inquisition qui amènera forcément des contre-inquisitions.
Le Liban, pays des 18 communautés religieuses, des camps palestiniens ouverts à toutes les influences, pays soumis aux vents contraires venus de Perse et d'Arabie, pays que le Hezbollah a placé sur la carte de la confrontation régionale, réussira-t-il à rester indéfiniment hors de la mêlée ?


L'Iran ripostera de façon « décisive » à toute attaque, avertit son négociateur en chef