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Restos, cafés

Al Mayass

Garçon ! La note s’il vous plaît Micheline Zok teste chaque semaine pour vous un restaurant ou café choisi au hasard, au gré des humeurs. Elle vous donne son avis sans complaisance ni compromis, en relatant une expérience vécue qui pourrait être la vôtre. Pour que, enfin, le consommateur libanais ait voix au chapitre. Notes de 0 à 5.
16/04/2011
Le restaurant al-Mayass est situé rue Wadih Naim, ou rue Trabaud (pour les francophones), à Achrafieh. Il est devenu un passage obligé pour tous ceux qui veulent une bonne table régionale, puisque le restaurant est spécialisé, comme nous l'expliquera notre serveur, en cuisine « libano-arménienne ». Avec, sans oublier, de fortes touches syriennes (aleppines, plus précisément).
Nous sommes accueillis très poliment à l'entrée du restaurant par celui qui semble être le directeur du lieu, qui nous souhaite la bienvenue et demande à un des serveurs de nous conduire à notre table.
Le restaurant ne paie pas de mine. Mais il est très accueillant, décoré un peu « comme à la maison ». Il s'étale sur deux niveaux. Nous sommes assis à une table dans une des salles à l'étage. L'ambiance est feutrée avec des lumières tamisées, trop jaunes par ailleurs. Le contraste est saisissant face aux rideaux rouges en dentelle. Des tableaux de maisons libanaises ornent les murs. Le tout est un sacré mélange plutôt kitsch et ringard, mais l'on s'y sent chez soi...
Le serveur connaît la carte par cœur. Certains clients, probablement des habitués, ne lisent pas la carte et récitent avec lui la commande. D'autres semblent moins familiers de la cuisine arménienne et épluchent la carte avec le serveur qui répond patiemment à toutes leurs questions : « Qu'est-ce que le itch ? Le manti ? Le subeurek ? »
Sur la carte, les plats sont écrits en arabe et retranscrits de manière phonétique en anglais et français sans traduction ou explication, c'est dommage. Pas d'histoire du lieu non plus, ni du nom, al-Mayass mise sur la qualité de la nourriture et sur l'ambiance.
La carte est divisée en sections : plus d'une quarantaine de « mukabalat » (entrées) dont 5 sortes de hummus traditionnels (simple, à la viande, aux pignons ou au « sujuk » ), plus d'une vingtaine de « machawi wa louhoumat » (grillades et viandes) dont les fameux « kabab » à essayer absolument (simple, « khashkhash », au yaourt ou aux griottes) et « helwayat » (desserts) plutôt classiques. Seuls les « machroub » ont droit à une traduction, « drinks ». Après avoir parcouru la « layihat al-nabiz » (liste des vins), nous optons pour l'arak « baladi » (maison), de bonne qualité.
Le service est impeccable et bien rodé. Et les plats commencent à tomber les uns après les autres. La nourriture est excellente et toutes les spécialités de la maison sont à recommander, dont le bastarma maison servi en bouchée individuelle sous un œuf de caille.
À part la cuisine de très bonne qualité, la musique est une des raisons pour lesquelles il faut visiter al-Mayass. Tous les crooners du monde, en passant par Aznavour (évidemment, nationalité du lieu oblige), Sinatra et Celentano, passent en boucle en première partie de soirée et pour chauffer la salle et la préparer à l'arrivée du crooner « fait maison ». Il passe de table en table avec sa guitare et reprend les mêmes morceaux, mais en live cette fois, en y rajoutant sa touche personnelle. Il se lance même dans de l'arabe et chante du « khaliji », comme il dit, aux nombreuses tables de nos voisins du Golfe. Le Je t'attends d'Aznavour est chanté après Leyla Leyla de Mohammad Abdo ou Lasciate mi cantare de Toto Cotugno. Tout un programme (musical).
La facture arrive, le rapport qualité/prix est très bon. Nous ressortons et sommes escortés jusqu'à la porte par un serveur qui nous propose des bonbons à la menthe. Une expérience pleine de charme et une adresse à recommander.
E-mail : michelinezok@hotmail.com

Adresse        Rue Trabaud, Achrafieh
Capacité    120 personnes
Prix moyen    50 000 LL

Qualité de la nourriture  **** 
Rapport qualité/prix    ****
Ambiance    ****

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