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Cinema-

Kaouthar ben Hania et « Les imams vont à l’école »

La jeune cinéaste tunisienne ravie d’être à Beyrouth. (DR)

Les imams vont à l'école, documentaire de la réalisatrice tunisienne Kaouthar ben Hania, a été projeté lors du festival à Beyrouth des « Écrans du réel ». Pendant plus d'une heure, la caméra suit Yaniss, Mohammad et Hamid, trois apprentis imams, à la Grande Mosquée de Paris qui sont tenus également de se former à la laïcité conformément à la politique de modernisation de l'islam, mise en œuvre par les pouvoirs publics. Or parmi toutes les universités, une seule s'est portée volontaire de dispenser cette formation : l'Institut catholique de Paris. « C'est mon premier documentaire, dit la jeune réalisatrice ravie, car il y a cette sorte d'improvisation dans le documentaire qui a un effet de surprise assez exaltant. »
Comment a-t-elle choisi ce sujet d'actualité, mais qui oscille sur une corde raide, et comment l'a-t-elle traité sur ce ton léger ? D'emblée, la réalisatrice tunisienne s'explique : « Le sujet de la laïcité m'a toujours passionnée et aujourd'hui plus que tout dans sa forme paradoxale qui est la cohabitation avec la religion de l'islam. J'ai donc entendu parler de cette formation, poursuit-elle, et j'ai immédiatement pensé que c'était l'incarnation de cette idée-là. J'ai toute de suite eu envie de la mettre en forme. »
Selon Kaouthar ben Hania, « il y a trois concepts traités dans ce sujet. D'abord celui de la laïcité qui est un thème assez sérieux, dit-elle, celui de l'islam en Europe et, enfin, le catholicisme ». Comment ces trois idées-là s'imbriquent l'une dans l'autre, se mélangent dans un contexte et dans un lieu, « tel était mon défi. J'ai commencé donc par rencontrer les personnages et par installer une confiance. Auparavant, j'ai été à la Grande Mosquée de Paris durant six mois et sans caméra pour assister aux cours. J'ai pu ainsi choisir mes protagonistes. Ceux-ci ont accepté d'être filmés, mais pas plus. Dès que j'ai su qu'ils n'allaient pas s'ouvrir à moi, j'ai travaillé sur leurs silences. »
Accompagnée d'un caméraman et d'un ingénieur de son, Kaouthar ben Hania pose un regard clinique avec un certain recul sur un thème grave et en extrait une sorte de comédie légère sans aucune lourdeur ni des constats bien affirmés, mais néanmoins une sorte de relecture de « la vie ensemble ».
Pour la jeune cinéaste qui a plein de projets en tête, dont un long-métrage qui sera probablement tourné dans une nouvelle Tunisie, ce film sera destiné à beaucoup voyager. Après le festival IDFA à Amsterdam, Dubaï et Beyrouth, ce sera au tour du Canada et de Tunis de connaître ces imams qui vont à l'école.

Les imams vont à l'école, documentaire de la réalisatrice tunisienne Kaouthar ben Hania, a été projeté lors du festival à Beyrouth des « Écrans du réel ». Pendant plus d'une heure, la caméra suit Yaniss, Mohammad et Hamid, trois apprentis imams, à la Grande Mosquée de Paris qui sont tenus également de se former à la laïcité conformément à la politique de modernisation de...

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