Margaret Chan : « Le monde est toujours mal préparé pour répondre à une pandémie sévère de grippe. » Photo who.int
Dans un discours prononcé lors de la quatrième et dernière réunion de ce comité, Mme Chan a expliqué que les experts mandatés devaient répondre à deux questions : savoir si la déclaration de la pandémie était justifiée, et si les décisions et actions de l'OMS avaient été « d'une quelconque manière » influencées par les laboratoires pharmaceutiques.
« Le document exonère l'OMS sur les deux points », a assuré Mme Chan, qui a toutefois reconnu que l'organisation onusienne, comme le souligne le rapport préliminaire d'experts, « doit gérer beaucoup mieux les potentiels conflits d'intérêt ». Elle a également admis que des « définitions rigides », notamment sur les critères de sévérité jugés mal adaptés, avaient gêné la gestion du virus. Au final, elle a salué ce « document préliminaire, ses conclusions et ses recommandations ». « Nous ferons tout notre possible pour le mettre en pratique », a-t-elle promis. « Mais laissez moi être très franche, a insisté Mme Chan, certaines recommandations seront beaucoup plus faciles à appliquer que d'autres. »
Selon la responsable, tous les changements concernant les priorités et pratiques de l'OMS et de sa direction « seront comparativement faciles ». Elle a relevé que la réforme du règlement sanitaire international était « une priorité claire et urgente » de l'OMS. En revanche, a-t-elle souligné, « il y a eu des faiblesses venues de difficultés systémiques plus larges », faisant notamment allusion aux problèmes rencontrés par l'OMS pour la distribution de vaccins aux pays en développement. Reste qu'aujourd'hui, a insisté Mme Chan, le monde est toujours « mal préparé pour répondre à une pandémie sévère de grippe ».
Il est à rappeler que dans son rapport préliminaire publié mi-mars, le comité d'évaluation chargé d'examiner la gestion par l'organisation de la grippe H1N1 avait surtout pointé de grossières erreurs en matière de communication.
Il reconnaît en revanche n'avoir « trouvé aucun élément montrant que des intérêts commerciaux auraient influé ou tenté d'influer sur les conseils donnés à l'OMS ou sur les décisions qu'elle a prises », mais critique « l'absence de procédures suffisamment solides, systématiques et transparentes pour révéler, reconnaître et gérer les conflits d'intérêt parmi les experts consultés ».


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