Les Drs Shouvik Dass et Imad Uthman au cours de la conférence de presse organisée en marge du congrès annuel de la Société libanaise de rhumatologie.
« Il est important de diagnostiquer la polyarthrite rhumatoïde à un stade précoce pour éviter les effets secondaires de la maladie », insiste le Dr Imad Uthman, président de la Société libanaise de rhumatologie, au cours de ce point de presse organisé en collaboration avec les laboratoires Hoffmann-La Roche.
La polyarthrite rhumatoïde (PR) est une maladie auto-immune qui peut survenir à n'importe quel âge et qui touche près de 1 % de la population mondiale. Elle se caractérise par une inflammation chronique des articulations, engendrant douleur, raideur et œdèmes. Avec la progression de la maladie, une déformation des articulations est notée, ainsi qu'une perte des fonctions articulaires.
« La polyarthrite rhumatoïde est une maladie hétérogène qui diffère d'un patient à un autre, d'où une réponse différente au traitement », poursuit le Dr Uthman, soulignant l'importance de commencer tôt le traitement, d'autant que les médicaments agissent lentement sur la maladie.
Une prise en charge personnalisée de la polyarthrite rhumatoïde consiste à prendre en considération plusieurs facteurs, principalement les caractéristiques cliniques de la maladie, la sérologie (examen qui permet de mesurer la quantité d'anticorps spécifiques à une maladie), les facteurs génétiques, l'histologie (étude du tissu biologique)...
« Le but de la prise en charge personnalisée est donc de donner le plus de chances possibles au patient de répondre au traitement, de réduire autant que possible les attaques inflammatoires et les dégâts articulaires, d'optimiser les chances de guérison et de réduire le fardeau économique de la maladie en évitant des traitements inefficaces », explique le Dr Uthman.
Le Dr Shouvik Dass, de l'Université Leeds en Grande-Bretagne, a pour sa part réitéré l'importance d'un diagnostic précoce de la polyarthrite rhumatoïde. « Dans le passé, nous pensions que la PR se développait lentement et que nous avions le temps de suivre l'évolution de la maladie, note-t-il. Nous savons désormais qu'il s'agissait de la mauvaise manière de prendre en charge la polyarthrite rhumatoïde. Aujourd'hui, une nouvelle approche est adoptée avec pour but de contrôler complètement la maladie, de permettre aux patients de mener leur vie comme ils le faisaient avant l'apparition de la PR et d'éviter les complications de la maladie. Et les principes sont les mêmes partout. Il est important que les rhumatologues s'attaquent à la maladie tôt pour augmenter les chances de guérison d'autant que nous disposons de médicaments sûrs, efficaces et ciblés. Une fois que celle-ci est contrôlée, il est important de suive les patients de près d'une manière régulière. »
Le Dr Dass s'est par ailleurs penché sur l'immunologie de la polyarthrite rhumatoïde qui commence à être mieux comprise. « Nous savons aujourd'hui que les lymphocytes B ou cellules B, une forme particulière de globules blancs, jouent un rôle important dans l'inflammation, en produisant des anticorps qui causent des formes sévères de polyarthrite rhumatoïde, indique le Dr Dass. Nous savons aussi que des taux élevés de facteurs rhumatoïdes signifient que la maladie est sévère et que l'inflammation n'affectera pas que les articulations, mais aussi la peau, les vaisseaux sanguins.... Au cours de la dernière décennie, des anticorps spécifiques, les anti-CCP, ont été aussi mis à jour. Ceux-ci accélèrent le processus de la maladie. Donc, nous disposons aujourd'hui de plusieurs outils pour mieux traiter la maladie, mais surtout pour la diagnostiquer à un stade précoce. »
Et de conclure en affirmant que le plus grand défi, au Liban et dans le monde, reste celui de pousser les patients à se faire diagnostiquer à un stade précoce et les médecins à commencer le traitement le plus tôt possible.


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