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Liban

Bref mais violent affrontement à la frontière : trois Libanais et un officier israélien tués

Sud-Liban Un incident sérieux, mais apparemment contenu, a fait quatre morts hier à la frontière sud avec Israël, brisant inopinément la trêve en vigueur dans le sud du pays depuis 4 ans sous l'égide de l'ONU.
OLJ
04/08/2010
C'est aux alentours de midi qu'une patrouille israélienne a traversé la ligne technique délimitant la frontière avec Israël, non loin du village de Adaïssé. La patrouille s'est postée sur une portion de terrain revendiquée par Beyrouth, mais ne faisant pas officiellement partie du territoire libanais, comme l'a souligné l'armée dans un communiqué publié hier. En dépit de l'interposition de la Finul, qui a tenté de pousser la patrouille israélienne à rebrousser chemin en direction des territoires occupés, l'armée israélienne a continué à avancer, ce qui a contraint l'armée libanaise à réagir en tirant en vain des coups de semonce. Les soldats de l'armée libanaise ont ensuite utilisé des armes légères ainsi que des roquettes type RPG, et l'armée israélienne a riposté en tirant des obus de ses chars de combat. Elle a aussi fait usage de fusils-mitrailleurs. « Tout a commencé lorsque les Israéliens ont voulu couper un arbre en territoire libanais pour installer ensuite des caméras de surveillance. L'armée libanaise a tiré des coups de semonce et ils ont riposté par un pilonnage », a-t-on rapporté de source militaire libanaise. Des témoins ont confirmé des tirs sur le village.
Les affrontements ont fait trois morts côté libanais, deux soldats de l'armée et un journaliste (voir encadré). L'on dénombrait aussi hier quinze blessés libanais, sans préciser le nombre de civils et de militaires. Sur le plan matériel, des positions de l'armée libanaise ainsi que des habitations ont été touchées. Un hélicoptère a en outre tiré deux missiles sur un poste de l'armée situé près de Adaïssé, faisant deux morts parmi les militaires et détruisant un blindé libanais. Des fusées éclairantes ont même été lâchées dans le ciel de Adaïssé en pleine après-midi.

« Par tous les moyens disponibles »...
Le Conseil supérieur de la défense, qui s'est réuni en urgence hier sous l'égide du président de la République Michel Sleiman, a prévenu que le pays fera face aux attaques israéliennes « par tous les moyens disponibles ». Le Conseil a dit tenir Israël « responsable » de l'incident et exprimé l'intention de porter plainte devant le Conseil de sécurité de l'ONU. La réunion du Conseil a débuté par une minute de silence en signe de deuil pour les soldats tombés hier après-midi à la frontière et notre confrère du quotidien al-Akhbar, qui a également trouvé la mort alors qu'il couvrait l'incident. Le président Sleiman a donné ses ordres à tous les ministères et à toutes les autorités concernées de faire face « par tous les moyens » à l'offensive israélienne, « quels que soient les sacrifices ».
Les affrontements d'hier, qui interviennent alors que le Liban célèbre le 4e aniversaire de la fin de l'offensive israélienne de juillet 2006, sont les plus meurtriers depuis 2006. Israël et le Liban se sont rejeté la responsabilité de ces violences, les pires à la frontière entre les deux pays encore techniquement en guerre depuis le conflit destructeur de 2006 entre l'État hébreu et le Hezbollah.
Depuis quelques mois, les tensions entre l'État hébreu et le Hezbollah se sont accentuées après qu'Israël eut accusé la Syrie de fournir des missiles Scud au Hezbollah.
Le Hezbollah, dont la télévision, al-Manar, a annoncé la première la mort d'un officier israélien, n'a pas pris part à l'incident.

Réaction israélienne
Côté israélien, c'est un officier qui a été tué : le lieutenant-colonel Dov Harari, 45 ans. Une source militaire israélienne a ajouté à l'intention de l'AFP qu'un autre soldat israélien avait été grièvement blessé.
L'armée israélienne a estimé que l'armée libanaise portait la « pleine responsabilité » des heurts, tandis que le ministère israélien des Affaires étrangères a averti le Liban des « conséquences » en cas de nouveaux incidents.
« L'armée libanaise a ouvert le feu en direction d'une position de l'armée le long de la frontière libanaise, dans le nord d'Israël. La force se trouvait en territoire israélien, menant des travaux d'entretien de routine en coordination avec la (Force des Nations unies au Liban) Finul », a indiqué l'armée d'Israël.
Le commandant du secteur nord d'Israël, le général Gadi Eisencott, a estimé que les soldats étaient tombés dans une « embuscade » alors qu'ils se livraient à « une activité de routine » entre la clôture de sécurité israélienne et la « ligne bleue » définie par l'ONU entre les deux pays.
« C'était une embuscade planifiée par un groupe de tireurs embusqués qui a ouvert le feu sur des officiers qui se tenaient à côté d'une position à l'intérieur de notre territoire », a dit le général Gadi Eisencott, commandant israélien du front nord. Il a d'ailleurs dit avoir reçu de l'état-major libanais une requête en faveur d'un retour au statu quo ante et a exprimé l'espoir que l'incident reste « sans lendemain ».

La Finul
Andrea Tenenti, porte-parole de la Finul, a confirmé que des Casques bleus étaient sur place avant et pendant l'affrontement. « Notre commandant intérimaire a décidé de se rendre en personne sur les lieux de l'incident par hélicoptère. Il les a incités à cesser le feu », a-t-elle précisé. La Force intérimaire des Nations unies au Liban stationnée dans le sud du Liban a appelé hier à un « maximum de retenue » après des affrontements entre des soldats libanais et israéliens à la frontière, a d'autre part indiqué à l'AFP le porte-parole de la force onusienne Neeraj Singh.
« Il y a eu un échange de tirs entre les armées libanaise et israélienne à la ligne bleue dans la zone de Adaïssé. Les soldats de la Finul sont dans la zone, et tentent d'éclaircir les circonstances de l'incident et de vérifier s'il y a d'éventuelles victimes », a indiqué M. Singh.
« Notre priorité immédiate pour le moment est de ramener le calme. Le commandant par intérim de la Finul, le brigadier-général Santi Bonfanti, est en contact avec les commandements des deux armées et les appelle à un maximum de retenue », a-t-il ajouté.
La Finul, qui compte 13 000 hommes au Sud-Liban, avait auparavant exhorté les deux parties à faire preuve d'« une retenue maximale » et promis une enquête sur « les circonstances qui ont conduit à cette effusion de sang ».

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