Les résultats 2008 de ce rapport, publié par la Société libanaise de cardiologie, en collaboration avec le ministère de la Santé et avec le support des laboratoires Sanofi-Aventis, ont été présentés récemment au cours d'une conférence de presse tenue à l'hôtel Metropolitan, en présence notamment du Dr Georges Saadé, président du Groupe de travail sur les maladies cardio-vasculaires à la Société libanaise de cardiologie, représentant le ministre de la Santé, du Dr Charaf Abou Charaf, président de l'ordre des médecins, et de M. Sleiman Haroun, président du syndicat des propriétaires des hôpitaux privés.
Le Licor a évalué jusqu'à ce jour les données de 66 162 personnes ayant subi une intervention cardiaque dans 42 centres différents au Liban. Il faut noter que 28,9 % des données ont été collectées à Beyrouth, 29,5 % au Mont-Liban, 14,7 % au Liban-Nord, 7 % au Liban-Sud, 13 % dans la Békaa et 5,6 % à Nabatiyeh.
Selon cette dernière édition du Licor, qui analyse des données recueillies en 2008 de 10 668 actes médicaux, « les coronographies sont les plus fréquentes chez les personnes âgées entre 51 et 70 ans, sachant que 64,4 % des patients sont des hommes », précise le Dr Antoine Sarkis, coordinateur du projet Licorne (Licor New Events) qui a pour objectif de suivre des patients ayant subi une angioplastie en vue d'analyser le résultat de cette procédure à long terme.
Le Dr Sarkis indique par ailleurs que les facteurs de risque associés aux maladies cardio-vasculaires sont l'hypertension artérielle (66,5 % des cas), l'hypercholestérolémie (44,3 %), le tabagisme (30,8 %), une histoire familiale (28,8 %), le diabète (25,6 %), les triglycérides (22,2 %), la sédentarité (13,2 %). Dans 13 % des cas, les patients sont d'anciens fumeurs.
« La majorité des personnes ayant subi une coronographie ou une angioplastie ont un ou plusieurs facteurs de risque, fait remarquer par ailleurs le Dr Sarkis. En effet, près de 30 % des personnes englobées dans cette étude représentent deux facteurs de risque. Chez les personnes qui ne représentaient qu'un seul facteur de risque, l'hypertension artérielle était la cause majeure de la coronographie dans 53 % des cas, suivie du tabagisme (18 %) et du diabète (12 %). »
De plus, « 19 % des patients avaient déjà subi une coronographie, 14 % d'entre eux une angioplastie et 7 % une intervention cardiaque autre ». Le rapport indique aussi que le taux des coronographies au Liban est supérieur à celui observé aux États-Unis et en Europe avec 6 155 coronarographies par million d'habitants contre 4 030 en Europe et 4 340 aux États-Unis. En ce qui concerne les angioplasties, on compte 1 722 interventions par million d'habitants par an au Liban contre 1 601 en Europe et 2 290 aux États-Unis.
Les MCV, première cause de mortalité
De son côté, le Dr Georges Ghanem, ancien président de la Société libanaise de cardiologie, a expliqué que les maladies cardio-vasculaires (MCV) forment la première cause de décès dans le monde. En 2002, elles ont constitué la principale cause de mortalité (1,4 million de décès aux États-Unis et près de 6 millions en Chine et en Inde). « Des statistiques récentes montrent qu'en Europe, quatre millions de personnes périssent chaque année des suites d'une maladie cardio-vasculaire, ce qui constitue 49 % de l'ensemble des décès dans ce continent », poursuit-il.
Soulignant que « toutes les deux secondes, une personne meurt des suites d'une maladie cardio-vasculaire », le Dr Ghanem a fait remarquer qu'aux États-Unis, les études ont montré qu'une meilleure prise en charge des facteurs de risque des MCV (cholestérol, diabète, obésité, tabagisme, hypertension artérielle et sédentarité) permet de diminuer de près de la moitié le nombre de décès dus à ces maladies. Et d'insister sur le fait que les données présentées dans le LICOR « sont essentielles pour établir des stratégies et des politiques de santé visant à réduire l'impact des maladies cardio-vasculaires au Liban ».
Le Dr Élie Chammas, président de la Société libanaise de cardiologie (SLC), a enfin présenté les activités de la SLC, fondée en 1959 et membre actif de l'Association européenne de cardiologie depuis 1997.


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