Liban

Un sérieux problème de confiance, selon un officier de l’armée

09/07/2010
Les explications ne sont à rechercher ni en Corée, ni en Iran, ni ailleurs. Ces propos, tenus par le ministre d'État Adnane Sayyed Hussein, sont confirmés par une source militaire autorisée qui ne voit absolument aucun lien entre les incidents au Liban-Sud et les développements régionaux ou internationaux, et encore moins l'affaire du TSL.
Selon cette source, un officier qui suit de près la situation au Sud, les déclarations faites par les politiques de tous bords sur un lien supposé entre ces incidents, qui ont opposé la Finul à des habitants, et les sanctions imposées à l'Iran ou l'éventuel acte d'accusation qui pourrait émaner du Tribunal spécial pour le Liban ne sont que des surenchères. Pour ce responsable militaire, il ne faut pas attribuer des visées géostratégiques à ces incidents qui n'ont d'autre origine qu'un sérieux problème de confiance.
« Il faut comprendre que pour les habitants du Liban-Sud, tout étranger est un espion potentiel, surtout lorsque ce dernier tente de fouiner dans les petits villages et entre les habitations. » D'ailleurs, assure-t-il en allusion à l'incident de Kabrikha, la patrouille effectuée ce jour-là par le contingent français dans les petites ruelles de la localité ne fait aucunement partie de la mission des Casques bleus. Elle n'a par conséquent pas de justification, même au regard des règles d'engagement, lesquelles sont déjà « relativement floues et passibles d'interprétations diverses ». Ce n'est pas cela qui aurait suscité le courroux des habitants, qui ne connaissent pas grand-chose aux détails de la résolution onusienne, mais plutôt la circulation des blindés et véhicules lourds des forces onusiennes entre les maisons, et surtout par les prises de photos qui ont été effectuées.
L'officier, qui relève que les incidents de Kabrikha ne sont que le couronnement d'une multitude de petits incidents qui se sont accumulés petit à petit, tient à rappeler que l'ancien commandant en chef de la Finul, Claudio Graziano, avait complètement interdit les prises de photos par les Casques bleus durant leurs missions sur le terrain. Avec l'avènement du nouveau commandant en chef, cette règle a été quelque peu oubliée et les appareils-photo ont refait leur apparition sur le terrain, d'où la paranoïa des gens.
L'officier déplore toutefois la réaction exagérée et violente des habitants, affirmant qu'il est convaincu que cette attitude n'était ni planifiée d'avance ni politiquement organisée. Elle exprime tout simplement l'état d'esprit des gens.
Ce n'est cependant pas le cas avec le tollé suscité au sein du Hezbollah lors de la récente manœuvre militaire menée par la Finul dans le secteur ouest et qui, de l'avis de ce responsable militaire, a irrité le parti chiite. La manœuvre, qui consistait à boucler le secteur pour évaluer le degré de mobilisation des troupes onusiennes en cas d'offensive israélienne contre le Liban, a suscité des déclarations négatives de la part des responsables du Hezbollah, suivies d'une réaction des résidents locaux, qui ont agi sur l'impulsion de ces déclarations.
À la question de savoir si la Finul avait préalablement coordonné cette action avec l'armée libanaise, l'officier s'abstient de répondre, se contentant d'affirmer que les Casques bleus, sans pour autant devoir attendre le feu vert de l'armée libanaise toutes les fois qu'ils doivent se déplacer, sont appelés cependant à coordonner avec l'armée libanaise pour des missions délicates qui risquent d'exaspérer le sentiment des populations locales.
« En d'autres termes, l'armée n'est pas censée les suivre à chaque mouvement de troupe. Mais le principe général est que les forces onusiennes doivent coordonner avec nous certaines actions car après tout, le territoire nous appartient. C'est à nous de décider de l'opportunité des missions qui sont accomplies, car la Finul n'est autre qu'une force d'appoint à l'armée libanaise pour l'aider à étendre son autorité sur l'ensemble du territoire. »
L'un des problèmes majeurs que l'armée rencontre avec les forces onusiennes est le fait que « certaines unités tentent de traiter avec nous par le biais du commandement politique de leurs pays respectifs, ce que l'armée refuse totalement. Nous n'acceptons de traiter qu'avec l'interlocuteur de l'ONU, qui est incarné par le commandant en chef de la Finul, le général Alberto Asarta », insiste l'officier, qui laisse entendre que les pays contributeurs, notamment certaines puissances européennes qui sont en compétition les unes avec les autres, notamment pour briguer le commandement de la Finul, cherchent souvent à faire de l'excès de zèle en matière de missions sur le terrain.

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