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Moyen Orient et Monde - Colloque

La France, le Liban et le débat sur l’identité nationale

« Ma mère est d'origine libanaise », déclare à « L'Orient-Le Jour » le ministre français de l'Immigration et de l'Identité nationale.

Éric Besson, lors du colloque à l’Institut Montaigne.Benoit Tessier/Reuters



« Je ne crois pas qu'on puisse être français sans y réfléchir. Il n'y pas de France sans l'effort de se vouloir français, de se dire français et de se penser français. » Cette phrase du Premier ministre François Fillon, tirée de son discours à l'Institut Montaigne vendredi dernier, résume l'effort de réflexion lancé par le président Nicolas Sarkozy autour de la question suivante : « Qu'est-ce que être Français aujourd'hui ? »
Depuis quelque temps, tout le monde s'y est mis. Classe politique, journalistes, universitaires, écrivains, sont engagés dans un chantier intellectuel dont seuls les Français ont le secret. Le pays de Descartes et de Victor Hugo renoue avec sa double mémoire, celle du « sacre de Reims » et de « la fête de la Fédération » (la sacro-sainte République laïque n'a pas complètement oublié qu'elle fut « fille aînée de l'Église »). Invoquant pêle-mêle l'histoire, la langue, les institutions, l'héritage religieux chrétien, le terroir, les valeurs de la République, l'esprit frondeur, le génie français, Renan et son « vouloir vivre en commun », tout est mis à contribution pour rétablir « la fierté d'être français. »
Le pourquoi d'une telle entreprise ? « Une mondialisation désincarnée qui ferait de nous des pions anonymes », selon François Fillon, qui précise : « Je n'ai jamais été de ceux qui disent que le temps des nations est révolu. » Mais aussi, et surtout, la transformation de la société induite par les communautés issues de l'immigration, qui revendiquent leur appartenance religieuse et l'affirmation de la place de l'islam dans la vie publique.
Le comment d'une telle entreprise ? En choisissant de se parler franchement. « S'il faut nous bousculer un peu pour mieux nous connaître, eh bien, faisons-le ! » dit encore Fillon. En réaffirmant les valeurs de la France républicaine, qui lui permettent de gérer la diversité culturelle. Le principe de laïcité est érigé en 4e pilier de la devise républicaine : « Liberté, égalité, fraternité, laïcité. »
Si donc une nation comme la France, assise sur un socle historique, culturel et institutionnel puissant, estime « vital » de mener un tel débat, quid du Liban ? La France porteuse de valeurs universelles, mais aussi d'une réflexion universelle ? Ce paragraphe du discours de Fillon peut résumer les défis d'un pays comme le Liban : « Si l'identité française a duré, c'est parce qu'à chaque époque, la France a su organiser cette pluralité en lui opposant les vertus centralisatrices d'un principe fort. Contre les féodaux, l'État, contre les privilèges, la loi, contre les prébendes, le droit, contre le communautarisme, l'école, contre le sectarisme, la laïcité. »
Et enfin, ce mot : « Débattre de notre identité, c'est resserrer notre pacte national. »
À l'instar de la France, serions-nous à même de dire « qu'est-ce que être Libanais aujourd'hui ? »

La France doit rester une terre d'accueil
L'homme chargé de mener à bien ce chantier inédit de la réflexion identitaire revendique haut et fort sa méditerranéité : Éric Besson, ministre de l'Immigration et de l'Identité nationale, un homme issu des rangs de la gauche socialiste qu'il a quittée pour rejoindre le gouvernement Fillon. Né au Maroc et arrivé en France à 17 ans, il déclare spontanément à L'Orient-Le Jour, devant les caméras de télévision braquées sur lui, à l'issue du colloque à l'Institut Montaigne :
« D'abord je vais vous présenter ma mère, qui est d'origine libanaise. » Affable et souriante, elle est née de mère libanaise de la famille Moussa, s'est mariée avec un pilote instructeur pour l'armée française, au Maroc, où son fils Éric est né. Quand le père se tue en vol trois mois après la naissance d'Éric, elle se remarie avec un Libanais d'Égypte, de la famille Bahri, qu'elle nous présente.
Éric Besson parle avec enthousiasme de sa mission visant à « valoriser l'identité nationale ». La dynamique qu'il a lancée, via le site Internet du ministère où les citoyens sont appelés à se prononcer sur la question, est déjà considérée par lui comme un « immense succès populaire. »
À la question de savoir ce qu'il en attend, le ministre Besson répond à L'Orient-Le Jour : « Comme l'a dit le Premier ministre, une redéfinition du pourquoi nous sommes ensemble, qu'est-ce qui nous lie, qu'est-ce qui fait que nous appartenons à la même communauté nationale. Regardez sur le site du ministère le nombre de francophones et de francophiles qui donnent leur avis, Français ou étrangers, qui disent leur attachement aux valeurs françaises et à ce qu'elles prétendent incarner d'universel. La France doit rester une terre d'accueil, mais ceux qui arrivent en France doivent montrer qu'ils sont capables de s'intégrer aux valeurs de la France. »
À la question de savoir s'il a fait part sur le site de propositions concrètes, le ministre Besson affirme : « Oui, vous les trouverez sur le site, je les ai mises sur la table dès le début, et elles vont s'enrichir. Le président de la République et le Premier ministre vont organiser prochainement une réunion de ministres pour arbitrer et formuler de nouvelles propositions. »
« Je ne crois pas qu'on puisse être français sans y réfléchir. Il n'y pas de France sans l'effort de se vouloir français, de se dire français et de se penser français. » Cette phrase du Premier ministre François Fillon, tirée de son discours à l'Institut Montaigne vendredi dernier, résume l'effort de réflexion lancé par le président Nicolas Sarkozy autour de la question suivante : « Qu'est-ce que être Français aujourd'hui ? »Depuis quelque temps, tout le monde s'y est mis. Classe politique, journalistes, universitaires, écrivains, sont engagés dans un chantier intellectuel dont seuls les Français ont le secret. Le pays de Descartes et de Victor Hugo renoue...
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